La joueuse de Saint-Romuald Gabrielle Carle (19) disputera deux matchs en Australie cette semaine dans l'uniforme de l'équipe canadienne.

Gabrielle Carle recule pour mieux avancer

Reculer d'un pas pour en faire deux vers l'avant. C'est ce que Gabrielle Carle vit au sein du programme de l'équipe canadienne de soccer, elle qui portera pas moins de quatre maillots, cet été.
La joueuse de 18 ans de Saint-Romuald vient de s'envoler pour l'Australie, où elle disputera deux matchs avec la formation nationale des moins de 20 ans (U20) dirigée par Danny Worthington. Au tournoi des Trois Nations de Canberra, Carle et les jeunes Canadiennes affronteront leurs homologues des États-Unis, le 6 juillet, puis celles de l'Australie, le 8 juillet.
Ce sera son premier tournoi à la position de demi centre vêtue de l'unifolié. Celle qui évoluait auparavant sur l'aile a déjà participé à 21 rencontres comme attaquante latérale au sein des différentes brigades du programme canadien, depuis l'âge de 15 ans.
Dont neuf avec l'équipe d'élite senior, en plus des matchs au cours desquels elle n'a pas foulé le terrain. Comme aux derniers Jeux olympiques, d'où elle a quand même rapporté une médaille de bronze et un bagage d'expérience incomparable. En plus d'avoir côtoyé le sprinteur Andre De Grasse!
Même rôle de réserviste lors de matchs amicaux en Suède et en Allemagne, en avril dernier, tandis que le sélectionneur de la grosse équipe, John Herdman, ne l'a tout simplement pas retenue pour la récente visite des Costaricaines à Winnipeg et à Toronto, il y a trois semaines.
«Je ne vois pas ça comme une rétrogradation, je suis encore d'âge U20», souligne celle qui devrait participer à la Coupe du monde féminine U20 de l'an prochain, en France, après celle de l'automne passé, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
«C'est normal qu'il y ait une période d'adaptation, poursuit-elle. Je demeure dans les plans de l'équipe senior, mais mon temps de jeu serait restreint et je dois maîtriser la position de demi centre comme je maîtrisais celle d'attaquante. Il y a beaucoup d'attaquantes et ils me voyaient plus comme milieu», explique celle qui y décode une certaine marque de confiance des entraîneurs, surtout qu'elle a occupé le poste de demi centre dans des calibres inférieurs par le passé.
Québec, «ma maison»
Jointe à Montréal avant son départ, elle vient de boucler une année de cégep dans la métropole, Carle n'oublie pas pour autant sa région natale. Elle a déjà six matchs et quatre buts au compteur cette saison avec les Rapides de Chaudière-Ouest du senior AAA. Elle disputera aussi une rencontre dans l'uniforme du Dynamo de Québec, le 12 juillet.
Le Dynamo est cette entité régionale dont le volet senior féminin est en veilleuse depuis 2015 et qui espère renaître de ses cendres en 2018 avec la création d'une ligue semi-professionnelle féminine québécoise. L'équipe se reforme à deux occasions cet été pour affronter la sélection provinciale U18, dont le 12 juillet, à Laval.
Carle souhaite avec ardeur la mise sur pied d'un circuit semi-pro et confirme son allégeance envers la capitale, même si plusieurs clubs de Montréal lui feront de l'oeil le moment venu. «Québec, ça reste ma maison», laisse-t-elle tomber.
Puis fin juillet, ce sera le départ pour l'Université Florida State, à Tallahassee. Celle qui a eu la chance de fréquenter l'école primaire trilingue Vision Rive-Sud, à Lévis, appréhende plus l'âpreté notoire des camps présaison de la NCAA que la rigueur nécessaire aux études de prémédecine en anglais. 
Championnes des États-Unis en 2014 et encore classée au top 15 national, les Seminoles alignent des joueuses des quatre coins des États-Unis, de la Finlande, de l'Irlande et du Venezuela. Carle sera la seule Canadienne. Leur saison régulière commence le 18 août.
Tsé ira en Chine
La prochaine Coupe du monde féminine senior a lieu en 2019 et les Jeux olympiques, en 2020. Marie Levasseur, 20 ans, de Stoneham, évolue aussi dans le giron de l'équipe canadienne.
Tout comme Élisabeth Tsé, de Québec, qui à 14 ans seulement vient d'être choisie pour un tournoi en Chine réunissant les équipes U17 du Canada, de la Chine (12 juillet), des États-Unis (14 juillet) et du Japon (16 juillet).
La défenseure latérale du club Phénix Des Rivières compte parmi six Québécoises au sein de 22 joueuses sélectionnées pour se rendre à Weifang sous les ordres de Bev Priestman. La Coupe du monde U17 se tient l'an prochain, en Uruguay.