Le champion défendant du Tour de France, le Britannique Chris Froome, a enfilé de nouveau le maillot jaune, samedi, deux jours après avoir dû le céder à l'Italien Fabio Aru.

Froome reprend sa couleur

Le Britannique Chris Froome a repris les commandes du Tour de France, samedi, après la 14e étape gagnée par l'Australien Michael Matthews en haut de la côte de Rodez qui a coûté cher à l'Italien Fabio Aru.
Froome a mis à profit le retard du champion d'Italie, mal placé au pied de la rampe finale, pour récupérer le maillot jaune, deux jours après l'avoir perdu dans les Pyrénées.
Aru, très esseulé après les malheurs qui ont accablé son équipe Astana (abandons de Cataldo et Fuglsang), a cédé 25 secondes dans la montée d'arrivée, une côte de 570 mètres à 9,6 %. Au contraire de Froome, très bien entouré par son équipe Sky.
«Je suis étonné de voir des écarts aussi importants que dans les Pyrénées», s'est félicité Froome, septième sur la ligne.
Le Britannique a insisté sur le travail de sa formation : «Mes équipiers ont fait très attention dans les dix derniers kilomètres, jamais en tête, mais toujours devant.»
Le vainqueur sortant du Tour a remercié tout particulièrement le Polonais Michal Kwiatkowski, champion du monde 2014, au rôle fondamental.
«Vingt-cinq secondes, c'est énorme!», a insisté le favori du Tour en ajoutant, à juste titre, que «chaque seconde compte» dans cette édition ultra-serrée.
Au classement général provisoire, quatre coureurs se tiennent en moins de 30 secondes. Mais Froome précède désormais Aru de 19 secondes.
L'Irlandais Dan Martin et le Colombien Rigoberto Uran ont terminé dans le sillage de Froome. Le Français Romain Bardet, 11e de l'étape, a cédé 4 secondes, mais a gardé sa troisième place au classement, à 23 secondes du maillot jaune.
Le mea culpa d'Aru
Aru, visage marqué en franchissant la ligne, a fait son mea culpa. «J'étais trop loin derrière au début de la montée. Il y a eu une cassure, j'ai dû faire un gros effort pour revenir et je l'ai payé ensuite quand il y a eu une nouvelle cassure».
«Inutile de dire que j'aurais préféré garder le maillot», a ajouté le Sarde. «Mais tout n'est pas perdu».
Son équipe Astana a encaissé le coup. «Nous ne pensions pas perdre le maillot aujourd'hui, mais nous l'avons perdu. On ne va pas en faire un drame», s'est consolé le directeur sportif Giuseppe Martinelli en se projetant vers l'étape du Puy-en-Velay, redoutable en raison de son profil très accidenté et du vent annoncé dimanche annonciateur de possibles bordures.
«Peut-être est-ce mieux parce que la prochaine étape est vraiment difficile à gérer», a soupiré Martinelli, conscient que son groupe ne peut rivaliser avec le collectif Sky, voire les Cannondale d'Uran ou les AG2R La Mondiale de Bardet.
Entre Blagnac et Rodez, sur un parcours type de transition (181,5 km), la formation d'Aru a d'ailleurs laissé la responsabilité du peloton aux équipes de Michael Matthews et du Belge Greg Van Avermaet, les deux premiers à l'arrivée.
La poursuite a condamné l'échappée de cinq coureurs (Voeckler, De Gendt, Roosen, Bouet puis Hollenstein) malgré l'accélération du dernier résistant, le Belge Thomas De Gendt.
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Michael Matthews en quatre temps
Michael «Bling» Matthews partage avec Peter Sagan plusieurs points communs. Quatre choses à savoir sur le vainqueur de la 14e étape du Tour de France :
1. Il est marié à une Slovaque et vit à Monaco
Comme le champion du monde, Matthews est marié (depuis 2015) à une Slovaque. C'est aux Pays-Bas qu'il a rencontré sa «future», prénommée Katarina, qui travaillait à l'époque pour un important accessoiriste japonais.
«Katarina représente la source principale de mes succès sportifs», dit le cycliste de 26 ans à propos de son épouse, qui vit avec lui à Monaco. Comme Sagan et quelques autres grands noms du peloton.
2. Il a hérité de son surnom en 2010
Dès 2010, l'année de son titre mondial dans la catégorie espoirs à Geelong en Australie, Matthews a hérité de son surnom : «Bling». La mèche soignée, les bijoux en évidence, les tatouages stylés, Matthews a affiché un look résolument atypique, voire avant-gardiste, dans le peloton.
Le vainqueur de la 14e étape, l'Australien Michael Matthews
3. Le motocross l'a intéressé avant le cyclisme
Matthews a été orienté vers le cyclisme à partir de ses tests physiologiques. «J'ai gagné le championnat d'Australie des moins de 17 ans après seulement six mois de vélo», se souvient-il.
Auparavant, l'adolescent né à Canberra (la capitale australienne) préférait les deux-roues à moteur. «Le seul sport qui m'intéressait, c'était le motocross. Je l'ai pratiqué en compétition à partir de 12 ans». À l'époque ses idoles, n'étaient pas les coureurs du Tour de France mais «Chad Reed et Ricky Carmichael, les stars du super-cross indoor».
4. Ses deux premiers Tours sont à oublier 
Avant de gagner deux étapes du Tour, à Revel (2016) puis à Rodez, Matthews a galéré. Deux ans de suite. En 2014, c'est un faux départ. Il participe à... la présentation des équipes à Leeds. Mais une chute à l'entraînement conduit à son remplacement avant la première étape.
En 2015, c'est une chute dès les premiers jours de course. Son abandon semble imminent mais l'Australien, en queue de classement, s'accroche avec courage et rallie Paris. «Je l'ai fait uniquement en pensant au Tour de l'année suivante». La suite a donné raison au sprinteur de Sunweb, l'un des meilleurs mondiaux dans ce registre et appelés à être l'un des favoris du prochain Championnat du monde, en septembre à Bergen (Norvège), face à... Sagan.