Sébastien Bouchard pourra compter sur son fidèle entraîneur de Québec, François Duguay.

Freitas ne vient pas à Québec pour faire de la figuration, prévoit Sébastien Bouchard

En changeant d’adversaire à une semaine du combat, Sébastien Bouchard pourrait se retrouver avec un défi encore plus redoutable sur les bras.

Le Brésilien de 25 ans Vitor Jones Freitas (15-2, 9 K.-O.) remplacera le Sud-Africain de 40 ans Ali Funeka (39-10-3, 31 K.-O.) dans le ring contre le boxeur local Bouchard (17-1, 7 K.-O.), samedi soir.

«C’est deux styles complètement différents. Funeka a beaucoup d’expérience, une bonne notoriété, mais est en fin de carrière. Il serait sûrement venu pour faire ses rounds, mais je ne pense pas qu’il aurait forcé les choses», a expliqué Bouchard jeudi, en marge de la conférence de presse du combat principal mettant aux prises Adonis Stevenson et Oleksandr Gvozdyk.

«Freitas est un ancien prospect de Top Rank [promoteur américain majeur], il va venir ici pour se battre, prévoit Bouchard. Et je passe d’un gars de 6’1”, lent et avec de grands bras à un gars vite de 5’7”, ancien 135, 140 livres qui lance des combinaisons au corps. Mais je ne voulais pas rater l’occasion de me battre à Québec, au Centre Vidéotron», tranche l’athlète de 31 ans et 5’8”.

Sans Stéphan Larouche

Les 10 rounds avec Funeka impliquaient un titre continental, tandis que le duel contre Freitas comptera au maximum huit reprises et aucune ceinture à l’enjeu.

À son dernier combat, Bouchard avait l’entraîneur renommé Stéphan Larouche dans son coin, en l’absence de son coach de longue date de Québec François Duguay, qui se mariait ce jour-là. Larouche ne sera pas de retour cette fois-ci. Surtout que sans titre en jeu, seulement trois hommes de coin sont permis, soit ses fidèles acolytes Duguay, Maxime Simard et Jonathan-Dale Huard.

Cela n’exclut pas pour autant l’ancien coach de Lucian Bute et d’Éric Lucas des plans à plus long terme.

«Stéphan possède un gros bagage international, il connaît la boxe. Et je ne parle pas juste dans le ring, mais surtout tout ce qu’il y a autour, la business de la boxe. Il n’y a pas de hasard dans notre domaine, il faut faire les choses comme il faut. Je veux m’entourer de gens qui connaissent ça», dit-il.

Grâce à la participation accrue de ses commanditaires, Bouchard, qui travaille au Port de Québec, veut se consacrer exclusivement à la boxe en 2019 et en 2020. Question de savoir jusqu’où il peut se rendre s’il y met le paquet.

Il devra bientôt négocier un nouveau contrat de promotion, son entente de trois ans avec le Groupe Yvon Michel (GYM) venant à échéance fin février. Le projet initial était de se battre trois fois par année, mais sa sortie de samedi ne sera que sa sixième sous l’égide de GYM. Une importante blessure au biceps subie à l’été 2017 a ralenti sa progression.

«Je laisse ça dans les mains à Yvon, il m’a dit qu’il avait de gros projets pour 2019. On verra en janvier comment ça va aller. Je me sens super bien chez GYM et on va voir ce qu’ils proposent, mais il n’y a pas juste GYM. Il y a aussi Eye of the Tiger Management [toutefois en brouille avec Larouche] et Lee Baxter, à Toronto.»

Le pugiliste originaire de Baie-Saint-Paul vit dans la région de Québec depuis plusieurs années et habite maintenant à L’Ange-Gardien.

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Klimas bougonne

Le clan Gvozdyk a eu toutes les misères du monde à se rendre à Québec, et l’on ne s’est pas gêné pour en faire part au micro durant la conférence de presse. Problèmes de visas — celui d’Oleksandr Gvozdyk lui-même n’avait pas encore été émis vendredi dernier! — et problèmes d’avions, le légendaire promoteur Bob Arum ne débarquant finalement que jeudi soir. «Je ne savais pas que ce serait aussi difficile se rendre ici, mais au moins, cette partie-là du combat terminée!» a lancé un Teddy Atlas soulagé, après quatre jours coincé à New York à attendre les papiers pour son protégé.

Le gérant Egis Klimas, lui, en avait en plus contre la simplicité de la conférence de presse et le peu de gens présents pour l’occasion à l’hôtel Bonne Entente de Sainte-Foy. «Ce n’est pas une conférence digne d’un combat de championnat du monde! On a quelques personnes venues de l’Ukraine, alors ça démontre le peu de support qu’a le champion», a grommelé celui qui gère aussi les carrières de Vasyl Lomachenko, d’Oleksandr Usyk et de Sergey Kovalev. Le promoteur Yvon Michel prétendait d’ailleurs que Klimas était de mauvais poil depuis la récente défaite de Kovalev contre un autre protégé de GYM, Eleider Alvarez.

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Alvarez attirera plus

Le Groupe Yvon Michel (GYM) et Québecor se sont entendus pour ne pas dévoiler de chiffre de vente de billets avant la veille du gala, soit vendredi. On sait que l’assistance pour les quatre prestations de Stevenson à Québec a chaque fois été en baisse avec 8540 spectateurs contre Tony Bellew (2013), 6220 contre Dmitry Sukhotskiy (2014), 4729 contre Sakio Bika (2015) et 4560 contre Thomas Williams fils (2016). Le promoteur Michel table toutefois encore sur son association avec Québecor et le Centre Vidéotron pour continuer de tenir la majorité de ses galas d’envergure dans la capitale. Il croit de plus que si Eleider Alvarez, un auteur protégé de GYM détenteur d’un titre mondial, parvient à vaincre Sergey Kovalev une deuxième fois, en février, le Colombien d’origine attirera beaucoup plus d’amateurs que Stevenson dans le gros amphithéâtre de Limoilou.

Deontay Wilder

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Horaire inhabituel

Horaire bien inhabituel pour un gala de boxe, samedi soir, au Centre Vidéotron. La faute à la télé américaine Showtime, qui diffuse le combat opposant Adonis Stevenson à Oleksandr Gvozdyk en prélude au choc de poids lourds entre Deontay Wilder et Tyson Fury, à Los Angeles. Stevenson et Gvozdyk monteront dans le ring à 20h, comme sixième combat des neuf prévus avec une première cloche à 17h. Sébastien Bouchard, Mikaël Zewski et Marie-Ève Dicaire se battront après Stevenson, dans cet ordre, avant de regarder Fury-Wilder sur écran géant. Les portes de l’aréna ouvrent à 16h. Zewski, Oscar Rivas et Shakeel Phinn se battront pour des titres mineurs, ce qui fait cinq combats de championnat durant la soirée de Québec, dont deux, Stevenson et Dicaire, pour des titres mondiaux.