François-Guy Thivierge escaladera 55 montagnes en 55 mois [VIDÉO]

Il a atteint les plus hauts sommets du monde, incluant l’Everest. Il compte à ses actifs plus de 3000 ascensions. Pour son 55e anniversaire, François-Guy Thivierge ne pouvait pas seulement se contenter, par exemple, d’ouvrir une bouteille de vin de 1964, son année de naissance. L’alpiniste de Québec s’offre plutôt un cadeau original, soit d’escalader 55 montagnes à travers le monde en 55 mois.

Il s’envole pour la France, mercredi, en compagnie de son collègue de cordée Jean-François Girard pour vivre la première étape de cette longue aventure. À l’horaire, dans la prochaine quinzaine, l’escalade du Grand Capucin, somptueux monolithique de granite à Chamonix, en France. L’objectif de ce premier de 25 voyages sur les différents continents est de se farcir de trois à cinq montagnes, notamment dans les Alpes italiennes.

«Je ne suis pas capable de regarder des photos de montagnes dans mon salon, je préfère les découvrir. J’ai grimpé les plus hautes du monde par défi personnel, mais ce projet a pour but de partager ma passion, de faire découvrir les plus belles montagnes du monde. Je veux motiver les gens à relever leurs propres défis, à monter leur propre montagne», disait-il, mardi, à la veille de son départ.

Pour l’occasion, la presse régionale avait rendez-vous au centre d’escalade Roc-Gyms, qu’il dirige depuis 35 ans. Homme d’affaires, sportif, alpiniste, conférencier, François-Guy Thivierge porte plusieurs chapeaux, mais celui d’aventurier lui va comme un gant.

S’il était Népalais, il aurait fait un bon sherpa, lui fait-on remarquer.

«Oui, répondait-il en souriant. J’aurais pu faire un guide de montagne dans les rocheuses canadiennes. J’ai toujours été un passionné des montagnes, je veux que les gens apprennent sur celles-ci parce qu’il y a tellement à découvrir», raconte le volubile alpiniste, vulgarisateur d’un monde vertigineux.

À 55 ans, Thivierge s’offre un défi à la hauteur de sa passion. Parmi ses 55 montagnes déjà identifiées qu’il grimpera au cours des cinq prochaines années, il s’est permis d’y insérer le Gasherbrum II, mastodonte pakistanais de 8000 mètres d’altitude, 13e en importance sur la planète.

«Ce sera mon dernier 8000 m, ça m’en prenait au moins un dans ma liste des 55… Il est l’un des plus hauts sommets du monde, mais aussi parmi les plus faciles et les moins risqués. Je le ferai sans oxygène», précise-t-il à propos de cette étape prévue pour 2021.

Vivre jusqu’à 100 ans

Après avoir vaincu l’Everest, entre autres, Thivierge n’a d’ailleurs pas l’intention de mettre sa vie en péril. Il a tourné la page de l’audace. À la fin de son projet, il aura 60 ans, et compte bien grimper encore une trentaine d’années par la suite…

«Mon objectif est de vivre jusqu’à 100 ans et de grimper jusqu’à 90. Quand les montagnes seront plus difficiles, on diminuera le degré de difficulté. Au début de ma carrière, j’étais téméraire, mais je suis plus prudent, aujourd’hui. On y va avec sagesse, je n’ouvrirai pas de nouveaux parcours, je vais prendre ceux qui existent déjà. Je n’ai plus rien à prouver, j’ai fait mon Everest, mes montagnes.»

Ainsi, si une montagne refuse qu’on se frotte à elle, Thivierge en fera une autre. Pas question de se lancer tête première là où il pourrait y avoir des risques d’avalanche.

«Il faut être sensible aux éléments. Sauf que l’escalade, c’est comme le poker. Il peut tomber une roche à tout moment, il faut accepter qu’il y ait un certain risque, mais je ne m’en vais pas jouer à la roulette russe», ajoutait celui qui reçoit l’appui de nombreux partenaires pour vivre cette aventure qui frôlera, à sa conclusion, les 300 000 $, mais qui lui fournira des souvenirs impérissables et des photos dignes des plus belles cartes postales.