Francine Brousseau a renoué avec le soccer il y a cinq ans. L'ex-joueuse du Rouge et Or évolue avec le Phénix des Rivières O-30 (plus de 30 ans) de Québec, une formation qui regroupe d’anciennes joueuses du Dynamo et du Rouge et Or toutes âgées de 30 ans et plus.
Francine Brousseau a renoué avec le soccer il y a cinq ans. L'ex-joueuse du Rouge et Or évolue avec le Phénix des Rivières O-30 (plus de 30 ans) de Québec, une formation qui regroupe d’anciennes joueuses du Dynamo et du Rouge et Or toutes âgées de 30 ans et plus.

Francine Brousseau: un bel exemple pour les plus jeunes

Le jour où elle a été forcée d’accrocher ses crampons à cause d’une blessure au genou. Francine Brousseau ne se doutait pas qu’elle retournerait sur un terrain de soccer après être devenue maman. Douze ans et quatre opérations plus tard, elle n’a pas seulement renoué avec la grande passion de sa jeunesse, elle a même commencé à rêver à un autre titre national.

«J’évolue avec le Phénix des Rivières O-30 (plus de 30 ans) de Québec, une formation regroupe d’anciennes joueuses du Dynamo et du Rouge et Or toutes âgées de 30 ans et plus», explique la maman de deux jeunes garçons. «Nous évoluons dans la première division de la Ligue régionale senior où nous jouons contre des «petites» filles de 20 ans. Nous sommes la seule équipe qui aligne des joueuses de plus de 30 ans.

«Même si nous sommes toutes des mères et que certaines ont plus de 40 ans, on joue encore très bien. De penser que nous pouvons rivaliser avec les plus jeunes malgré notre âge et le fait que nous avons toutes une vie familiale et professionnelle, c’est pas mal gratifiant. Moi j’en suis très fière. Je trouve que nous sommes un bel exemple pour les jeunes.» 

Francine s’est laissé tenter par l’aventure du Phénix il y a cinq ans quand elle a appris qu’à chaque automne, un championnat canadien réunissant des équipes 0-30 était organisé. La possibilité de revivre un grand rendez-vous national entourée de ses amies était très alléchante. «C’est un défi très stimulant à chaque année. Notre but, c’est de gagner le championnat un moment donné.»

Gérant bien ses problèmes de genou, elle a appris à respecter ses limites et à donner à son corps le repos dont il a besoin, l’ex-joueuse du Rouge et Or avoue qu’elle aimerait poursuivre sa carrière jusque dans la quarantaine. L’athlète âgée de 37 ans aimerait être un modèle pour ses garçons comme l’est pour elle son père toujours très actif malgré ses 79 ans.

«Ça serait une belle fierté. Mais s’il faut que je me sacrifie pour mes enfants, je vais le faire. Je vais toujours les prioriser. Une chose est sûre, je ne veux pas finir sur une blessure comme ce fut le cas lors ma «vraie» retraite. J’aimerais arrêter au bon moment et pouvoir dire : “j’ai donné. Ce n’est plus pour moi”. Je ne veux pas être celle qui pense qu’elle est toujours bonne mais qui ne l’est plus. Mais je pense que je serai capable de le faire quand le temps arrivera.»

Trop de pression

Il s’en est fallu de peu pour que la carrière de Francine se termine alors qu’elle était adolescente. Joueuse étoile du Dynamo AAA, elle était aussi membre de l’équipe du Québec et du programme de l’équipe nationale en plus de s’entraîner au Centre national à Montréal. La pression devint insoutenable pour la Québécoise qui devait composer avec les méthodes de travail et d’enseignement de quatre équipes dirigées de manière différente et où les attentes à son endroit étaient toujours de plus en plus grandes. S’ajoutait l’obligation de passer beaucoup de temps à l’extérieur de la région de Québec afin de s’entraîner ou pour prendre part à des camps.

«Comme tu ne veux pas déplaire à personne, tu fais de ton mieux et tu t’adaptes. Mais un moment donné, tu te questionnes. Je me suis demandé qu’est ce que j’aimais vraiment et si je jouais pour les bonnes raisons. Est-ce que je voulais jouer pour les autres et pour impressionner les gens ou est-ce que je voulais le faire pour avoir du fun.

«J’ai arrêté de jouer au soccer pendant un an alors que j’étais sur le bord de faire l’équipe nationale. Quand j’ai recommencé, mes objectifs personnels n’étaient plus les mêmes. Jouer sur l’équipe canadienne, ce n’était pas ce que je voulais. Ce n’était plus un objectif que je poursuivrais. Ce que je désirais c’était d’avoir du plaisir.»

Membre des Élans du cégep Garneau, Francine a ensuite poursuivi sa carrière avec le Rouge et Or. Et c’est avec la formation lavalloise qu’elle vécut les moments les plus satisfaisants de sa carrière. En plus de jouer au sein d’un groupe inspirant avec qui elle connut beaucoup de succès, elle pris part à deux reprises aux Universiades. Elle représenta le Canada en Turquie et en Thaïlande.

«Mon parcours universitaire au niveau sportif m’a apporté beaucoup. Il m’a permis d’acquérir de la maturité et de la confiance en moi. Et ce que j’ai vécu en soccer, me sert aussi aujourd’hui. J’adore travailler en équipe. J’ai aussi pu profité d’un encadrement exceptionnel au niveau de mes études. Gisèle Bourdeau, qui s’occupait du programme de physiothérapie, a été très accommodante au niveau de mes cours et de mes stages. Grâce à elle, j’ai pu jouer cinq saisons avec le Rouge et Or sans compromettre mes études.»

Sa carrière universitaire terminée et son baccalauréat en poche, Francine s’est vu offrir l’opportunité, comme Caroline Vaillancourt et Geneviève Marcotte, d’aller jouer avec la formation de Roche sur Ion, une municipalité située près de Nantes. Sa mission était d’aider le club de première Division à terminer sur une note positive une saison difficile. 

«Malheureusement, je n’ai pas senti que j’avais aidé l’équipe à ma juste valeur. Dans un monde idéal, Caro et Barb auraient été en France avec moi. Et là on aurait vraiment monté au classement. Mais je me suis retrouvée toute seule, moi qui est une fille d’équipe. Et je suis une joueuse technique. En tant que demi-centre, je n’aurais pas dû avoir à me distinguer avec ma rapidité. Sauf que dans les faits, j’étais une des filles les plus rapides de l’équipe.

«Ce fut quand même une belle expérience. J’y retournerais n’importe quand. Les filles de l’équipe étaient super gentilles. Et j’étais dans une famille d’accueil incroyable avec laquelle je suis toujours en contact.»

La Québécoise est d’avis que son passage en France a peut-être été le début de la fin de sa carrière. Victime d’une luxation de la rotule à la veille d’amorcer sa carrière universitaire, elle a par le suite dû composer avec des problèmes de genou. Et après son passage à Roche sur Ion, ses ennuis se sont aggravés. Malgré tout, elle a joué avec l’Arsenal de Québec à l’été 2008.

«C’est là que j’ai commencé à sentir qu’il fallait que je pense à arrêter. Je ne pouvais plus suivre. Des 90 minutes, c’était trop. J’écopais le lendemain des matchs. Je travaillais et j’avais des comptes à rendre. Alors après ma saison, j’ai arrêté de jouer. Ça été une décision difficile à accepter. Je la prenais parce que mon corps n’en pouvait plus. Mais mentalement, je n’étais pas prête.»

Comblée par son après-carrière, Francine travaille comme physiothérapeute à l’hôpital Saint-François-d’Assise où elle aide des patients ayant eu des chirurgies dans leur réadaptation. Son intérêt pour la physiothérapie lui a été transmit par Patrice Pépin qui lavait traité pour une blessure à la cheville alors qu’elle avait 12 ou 13 ans. 

«Il était tellement passionné. Sauf que soigner des sportifs, ça ne me tentait pas. Je sais par expérience que les athlètes n’écoutent pas toujours leurs physios. Et je ne me voyais pas me battre avec eux pour qu’ils suivent mes recommandations. Lors des mes stages, j’avais fait beaucoup de réadaptation en milieu hospitalier. J’avais beaucoup aimé le contact avec les personnes âgées. C’est pour cette raison que j’ai opté pour travailler dans un hôpital. Transformer la vie des gens et leur permettre de marcher à nouveau, c’est un travail très valorisant.» 

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QUESTIONS/RÉPONSES

Francine Brousseau en 2007 alors qu'elle prenait part aux Universiades disputés à Bangkok, en Thailande.

Q Fait marquant

Mon titre athlète par excellence du Rouge et Or (2008).

Q Performances marquantes

R J’en ai deux. Ma médaille d’or au Championnat canadien avec le Dynamo en 2007. C’était ma première médaille d’or après plusieurs années de carrière. Ce fut tout un travail d’équipe. Un moment incroyable. L’autre est arrivé avec le Rouge et Or en 2007 lors de la demi-finale provinciale contre le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Le gagnant accédait au championnat canadien, peu importe qu’il gagne ou qu’il perde en finale. Le pointage était 0 à 0. Je me rappelle. J’ai eu à faire un coup franc. J’ai pris le ballon et je l’ai déposé au sol. À ce moment-là, j’ai pensé : «c’est à moi celui-là». Et quand j’ai frappé le ballon, je me suis dit : «ça y est, je la mets dedans». Finalement, j’ai compté et ce coup nous a permis de gagner le match au pointage de 1 à 0. Comme action individuelle, ce fut assez mémorable.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

Je m’ennuie de l’ambiance, des amies, des championnats, des échanges avant et après les matchs et de tout l’esprit autour de ça. Même les moments de vestiaire sont importants. Ton équipe, ça devient ta famille.

Q Coachs marquants

R Samir Ghrib. Il était entraîneur au sport-études quand j’y suis arrivée. Il m’a prise sous son aile et il m’a énormément aidé. On se parlait beaucoup. Et il me prenait à part pour m’entraîner aux coups francs et aux corners parce qu’il misait sur la force de mon pied gauche. Et cet aspect a vraiment fait partie de moi. Bien sûr, Helder Duarte avec le Rouge et Or. Et quand je suis revenue au jeu après avoir abandonné le soccer pendant une année, Maxime Barabé. Quand j’ai décidé de recommencer à jouer, je suis allée avec les Élans du cégep Garneau qui étaient dirigés par Maxime Barabé. Je le remercie parce qu’il ne m’a jamais mis de pression. Je lui avait dit : «Je veux revenir, mais je ne veux plus sentir que je suis taggée Francine Brousseau et que Francine Brousseau, elle est assurée de jouer 90 minutes par match parce qu’elle a un nom». Je n’avais pas besoin de ça. Il a vraiment été à l’écoute et il a respecté ce que je lui avais demandé. 

Q Idoles de jeunesse

Marie-Claude Dion. J’étais au sport-études alors qu’elle évoluait avec Rouge et Or. Elle m’a pas mal inspirée.

Q Dans 10 ans

Je me vois quasiment à la même place à faire le même travail. Si je suis capable, je souhaite continuer à jouer au soccer. J’ai deux petits gars compétitifs, deux petits moteurs qui ont commencé à faire du sport. J’aimerais pouvoir leur dire «venez-vous courir avec moi?». J’aimerais tellement qu’ils deviennent des partenaires d’entraînement et que l’on puisse courir et faire du vélo ensemble. Mais est-ce qu’ils le seront? Je ne sais pas.

Q Rêve que tu aimerais réaliser prochainement

Au niveau du soccer, ça serait d’aller gagner l’or au Championnat canadien O-30.