Le Français N'Golo Kanté connaît très bien deux de ses adversaires, lui qui est coéquipier à Chelsea, en Premier League anglaise, des Belges Eden Hazard et Thibaut Courtois.

France-Belgique : la demie des frères ennemis

SAINT-PÉTERSBOURG — Ils sont voisins, ils sont partenaires en club. Pourtant, il n’y aura plus d’amis ni de frères de vestiaire au coup d’envoi de France-Belgique, mardi (14h) à Saint-Pétersbourg. La place en finale du Mondial 2018 occultera tout.

Il y aura un côté bataille en Premier League avec cette demi-finale. Pour Olivier Giroud, «c’est un match particulier : on n’a pas envie de se faire chambrer au retour en pré-saison». Car Giroud et N’Golo Kanté évoluent à Chelsea aux côtés d’Eden Hazard et de Thibaut Courtois, deux des atouts des «Diables Rouges».

Romelu Lukaku doit penser la même chose par rapport à Paul Pogba, son partenaire à Manchester United.

Les joueurs des deux camps se connaissent donc par cœur. «Pour jouer toute l’année avec N’Golo [Kanté], c’est le meilleur joueur du monde à son poste. Quand il est au top, tu as 95 % de chances de gagner le match», a lâché Eden Hazard dans un entretien accordé à beIN Sports.

Le duel entre le numéro 10 des Diables Rouges et le milieu récupérateur des Bleus s’annonce d’ailleurs comme une des clés du match de Saint-Pétersbourg.

En France, tout le monde connaît Eden Hazard, arrivé à 14 ans au centre de formation de Lille, lancé dans le grand bain de la L1 à 16 ans, puis grand artisan du doublé Coupe de France-Championnat en 2011.

Le petit Eden y est devenu grand, avec les trophées de meilleur espoir de L1 en 2009 et en 2010, puis de meilleur joueur de L1 en 2011 et en 2012, avant de partir à Chelsea.

Eden Hazard est «presque un Français», s’est d’ailleurs amusé Giroud. Le patron de la fédération française, Noël Le Graët, a qualifié le natif de La Louvière d’«énorme joueur».

«S’il jouait [pour les Bleus], j’en dirais encore beaucoup plus de bien [sourire]. Techniquement, il est remarquable, il est beau à regarder jouer. Il est souriant, il fait jouer son équipe. Il a toutes les qualités, il marque...», a souri Le Graët.

Hazard, en retour de politesse, ne tarit pas d’éloge sur Kylian Mbappé. «Pour moi, c’est vraiment un mélange de Thierry Henry et de Ronaldo O Fenomeno», déclare le joueur de Chelsea dans l’hebdomadaire belge Sport-Foot Magazine. «Et il ne faut pas oublier, il a 19 ans le gars. En tant qu’admirateur du foot, tu ne peux qu’apprécier.»

Mbappé était absent lundi de l’entraînement collectif pendant le quart d’heure ouvert à la presse, tandis que Kanté et le latéral Benjamin Pavard sont restés à part. Mais Didier Deschamps a parlé d’aménagements «par précaution» et n’envisage «pas de forfait» pour la demi-finale contre la Belgique, mardi.

Le principal adversaire est... sur le banc

Et puis, il y a évidemment Thierry Henry. Le meilleur buteur de l’histoire des Bleus (51 buts en 123 sélections), champion du monde 1998 et d’Europe 2000 aux côtés de Didier Deschamps, est aujourd’hui un des adjoints du sélectionneur des Belges Roberto Martinez.

«À la base, il est là pour apprendre son futur boulot d’entraîneur. Mais il nous raconte aussi ses histoires [rires]. Et quand, c’est Thierry Henry qui te parle, tu écoutes. Et c’est pas mal des fois, il a de bons trucs à raconter [rires]... C’est aussi quelqu’un qui peut nous gérer aussi. Il est important pour beaucoup de monde», confie Hazard.

Jean-Marie Pfaff, ex-gardien des Diables Rouges en demie du Mondial 1986, interrogé par l’agence sportive SID, va plus loin sur le rôle d’Henry. «J’irais même jusqu’à dire que le principal adversaire de la France mardi sera assis sur le banc de touche belge. Thierry Henry joue un rôle extrêmement important auprès de Martinez, qui lui demande son avis régulièrement, il l’écoute. Je pense que certaines variantes tactiques sont à mettre au crédit de Thierry Henry.»

«Henry travaille maintenant pour la Fédération belge et va certainement tout faire pour atteindre la finale avec l’équipe. Pendant 90 minutes son cœur sera uniquement belge», insiste l’ancien portier.

«Je serais fier de pouvoir montrer à ‘‘Titi’’ [Henry] qu’il a choisi le mauvais camp», a rétorqué à distance Giroud. Ça promet.