En conférence de presse mercredi, au troisième jour du Masters de Paris : dans la mine de Rafael Nadal se lit toute sa déception.

Forfait de Nadal, Djokovic au sommet

PARIS — Le mano a mano annoncé n’aura pas lieu. Rafael Nadal, blessé aux abdominaux et forfait de dernière minute au Masters 1000 de Paris, a abandonné sans combattre sa place de numéro un mondial à Novak Djokovic, qui voit sa fantastique deuxième partie de saison récompensée.

«J’ai senti quelque chose aux abdominaux depuis quelques jours, surtout au service. Les médecins m’ont recommandé de ne pas jouer», a asséné le Majorquin lors d’une conférence de presse improvisée à quelques minutes de son entrée en lice contre son compatriote Fernando Verdasco. Nadal était condamné à aller au moins aussi loin que son rival serbe dans la salle parisienne pour ne pas lâcher sa place au sommet.

«Cela a été une année difficile pour moi en termes de blessures, donc je préfère éviter de faire des choses drastiques», a-t-il expliqué devant des organisateurs déjà désabusés par l’annonce de trois forfaits dans la même journée, dont celui du Canadien Milos Raonic, qui devait affronter dans la soirée Roger Federer, de retour à Paris pour la première fois depuis trois ans.

Djokovic de retour au sommet, cela ne surprend personne quand on connaît le talent de l’homme de 31 ans aux 14 titres en Grand Chelem. Mais ce qui époustoufle, c’est la rapidité avec laquelle le Serbe a retrouvé son trône, deux ans tout juste après l’avoir quitté.

Un rêve éveillé

En juin dernier, le constat était terrible pour le «Joker». Celui-ci restait sur une fin d’année 2017 passée à soigner une blessure au coude droit, une tentative de retour début 2018 avortée puis une opération en février, à l’issue de laquelle son niveau de jeu en a inquiété plus d’un.

«Je me suis rendu compte que j’étais loin d’être à mon meilleur tennis et que cela allait prendre du temps», s’est-il souvenu.

Au revoir André Agassi, avec qui la collaboration a échoué, et bonjour Marian Vajda, l’entraîneur de toujours. Pour préparer l’été, «Nole» repart de zéro... ou plutôt de la 22e place mondiale après Roland-Garros.

La suite est un rêve éveillé : finale au Queens, victoire à Wimbledon, victoire à Cincinnati, victoire aux Internationaux des États-Unis. Deux défaites, 32 succès, dont ses 19 derniers matchs. Et l’apothéose attendue avec une 224e semaine au rang de numéro un mondial à partir de lundi.

Djokovic, qui devient le premier joueur à grimper d’une position hors du top 20 à la place de no 1 mondial au cours d’une même saison depuis le Russe Marat Safin en 2000, a désormais l’occasion de terminer la saison en haut du classement pour la cinquième fois de sa carrière. Une performance fantastique que seuls Jimmy Connors et Roger Federer ont réalisée et que seul Pete Sampras a réussie plus souvent avec six années terminées sur le trône mondial à une époque où l’opposition était moindre.

S’il gagne Bercy pour la cinquième fois, plus qu’une hypothèse vu sa forme, il aura déjà près de 1000 points d’avance sur Nadal avant le Masters de Londres réunissant les huit meilleurs joueurs de la saison, où tout restera possible pour l’Espagnol.

Mais la dynamique est du côté du Serbe, et celui-ci le sait bien. «Je pense qu’effectivement, je joue à l’heure actuelle mon meilleur tennis», assure-t-il. Celui d’un no 1 mondial? Sans aucun doute.