Christophe Normand était aux premières loges pour constater les efforts déployés par les entraîneurs ainsi que la résilience démontrée par les jeunes.
Christophe Normand était aux premières loges pour constater les efforts déployés par les entraîneurs ainsi que la résilience démontrée par les jeunes.

Football scolaire: Christophe Normand salue la résilience des jeunes

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Pris au milieu des mesures sanitaires imposées par le gouvernement, les gens de football scolaire ont fait tout ce qu’ils pouvaient au cours des dernières semaines afin d’offrir un semblant de saison aux jeunes. Aux premières loges pour constater les efforts déployés par les entraîneurs ainsi que la résilience démontrée par les jeunes, il y a Christophe Normand.

La pandémie, on le sait, a coûté à Normand sa saison avec les Alouettes. Mais le numéro 38 des Oiseaux, question de nourrir sa passion pour le football, s’est joint au personnel d’entraîneurs des Griffons cadets de P.-G.-Ostiguy et aux Castors juvéniles de Mgr-Euclide-Théberge, dont le programme de football est jumelé.

«J’ai eu beaucoup de plaisir, j’ai adoré, explique Normand. J’ai trippé au contact des jeunes et j’étais content de redonner à ceux qui m’ont aidé à atteindre le football professionnel.»

Il faut savoir que ceux qui dirigent les Griffons (Mario Blais) et les Castors (Jean Lacaille) sont les mêmes qui ont coaché Normand à l’époque.

«Ce sont des gens dévoués, de bonnes personnes, qui feraient n’importe quoi pour leurs jeunes. J’ai été content de leur donner un coup de main.»

Si Normand parle au passé, c’est que la saison des deux équipes est sur le point de prendre fin puisque Saint-Césaire et Marieville, comme le reste de la Montérégie, s’apprêtent à passer en zone rouge. Jeudi soir, les Griffons avaient rendez-vous à Saint-Hyacinthe afin d’y affronter le Drakkar de l’école Hyacinthe-Delorme alors que, samedi après-midi, les Castors se rendront au même endroit afin de croiser le fer avec la formation juvénile de la même école.

«On a joué beaucoup avec les jeunes au cours des dernières semaines. On a commencé l’entraînement, on a arrêté, on a commencé la saison, on a annulé un match, on a annulé un autre match, on a changé d’horaire, on a changé d’adversaires, etc. Malgré tout, les jeunes étaient là à chaque entraînement, beau temps mauvais temps, avec le sourire. Je lève mon chapeau à leur résilience car ça en a pris beaucoup cet automne.»

Normand soulignera que chez les Griffons comme chez les Castors, aucun joueur n’a abandonné en cours de route.

«D’une semaine à l’autre, les jeunes ne savaient jamais ce qui les attendaient. Mais ils étaient là quand même.» 

Il dira enfin que les joueurs étaient respectueux des consignes sanitaires.

«On n’a eu aucun problème de ce côté. Ils prenaient les choses véritablement au sérieux.»

Jouer lui manque

Mais Christophe Normand demeure un joueur de football professionnel. Et jouer lui manque.

«Ça me manque beaucoup, oui, avoue-t-il. Je suis dans de bonnes années et perdre une saison, c’est pas l’fun. Mais je continue à m’entraîner et je conserve même une certaine routine : le jeudi et le vendredi, je m’habille proprement et je me rase comme si je me préparais à prendre le train ou l’avion pour aller jouer à l’extérieur. Ça peut paraître drôle, mais ça me permet de garder le feeling de la game.»

Comme plusieurs coéquipiers avec les Alouettes, Normand ne sait trop ce que la suite lui réserve. Cette année, il aurait disputé la dernière saison prévue à son contrat de deux ans.

«Personne ne sait encore si nos contrats seront automatiquement reconduits ou si, comme certains l’avancent, nous deviendrons tous joueurs autonomes. Il y a encore plein de questions auxquelles nous n’avons pas de réponses. Bien sûr, on s’attend à ce que les équipes demandent aux joueurs de mettre la main dans leurs poches, on s’attend à ce que des diminutions salariales soient exigées. On verra.»

Et même si le mois de juin est encore loin, personne ne sait encore non plus à quoi ressemblera la prochaine saison de la Ligue canadienne.

«Chose certaine, moi, je veux rester à Montréal, tranche Normand. L’équipe a un bel avenir et je suis bien chez nous, au Québec.»

Pour le reste, Normand enseigne toujours l’univers social à l’école Mgr-Euclide-Théberge, contrat qu’il a obtenu juste à temps pour le début de la nouvelle année scolaire.

«Je m’en tire plutôt bien. Dans les circonstances, honnêtement, je n’ai pas à me plaindre.»