Les Filons du Cégep de Thetford Mines ont une grande tradition de recrutement outre-mer.
Les Filons du Cégep de Thetford Mines ont une grande tradition de recrutement outre-mer.

Football collégial: les défis du recrutement international en temps de pandémie

Peu importe la division, le recrutement constitue toujours un défi au football collégial. Pour les Filons du Cégep de Thetford Mines, une équipe de deuxième division qui a une grande tradition de recrutement outre-mer, la tâche vient avec de nombreux défis, surtout en période de pandémie.

«Mon recrutement pour la saison 2020 est pas mal complété, mais j’avoue qu’avec la situation actuelle, ça représentait beaucoup de défis», explique l’entraîneur-chef Kevin Mackey.

La saison dernière, alors qu’ils se sont inclinés en demi-finale du Bol d’or, les Filons alignaient une vingtaine de joueurs français et Mackey en a recruté sept autres en vue de la prochaine saison.

L’Hexagone, avec près de 140 000 cas de COVID-19 et près de 27 000 morts liés à la maladie, est le neuvième plus important foyer d’éclosion au monde en plus de figurer au sixième rang pour le nombre de décès.

Le personnel football doit donc penser règles sanitaires, quarantaine et déplacements plus complexes en plus de se pencher sur les différentes qualités des futures recrues. 

Région sécuritaire

«Heureusement pour nous, à Thetford Mines nous sommes très habitués au recrutement international et pas seulement au football. Nous avons l’expertise pour mener à bien ce genre de dossiers. Ce n’est pas comme si c’était la première fois que nous recrutions à l’international.»

«Pour nos joueurs français qui rentreront chez eux cet été, ils devront obligatoirement passer 14 jours en quarantaine à leur retour. On s’assurera qu’ils reviennent plus tôt pour pouvoir s’acquitter de cette obligation», indique celui qui a déjà dirigé les Gaiters de l’Université Bishop’s.

De plus, avec seulement 27 cas et aucun décès jusqu’à maintenant dans la MRC des Appalaches, où est située Thetford Mines, l’établissement scolaire devient aussi encore plus attrayant pour les parents des futurs footballeurs.

«Non seulement il y a peu de cas ici, mais c’est une petite communauté où tout ça est très surveillé. Les parents des joueurs européens sont donc très à l’aise que leurs enfants viennent ici, davantage que sur l’île de Montréal où la pandémie est moins contrôlée par exemple», poursuit Kevin Mackey.

Incertitude

L’autre défi de l’entraîneur-chef est de réussir à motiver ses troupes alors que l’incertitude règne quant à la prochaine saison, où les Filons visent très haut avec une formation à maturité.

«C’est sûr que les joueurs nous posent des questions, mais comme sur le terrain, où on y va un jeu à la fois, il faut leur apprendre à vivre cette situation un jour à la fois. C’est la façon dont nous réagirons qui fera le succès du programme», explique-t-il.

«On ne peut pas tout contrôler et on ne peut surtout pas contredire ce que la santé publique nous impose. Alors même s’il n’y avait pas de saison 2020, il faudrait se dire qu’on aurait un an et demi pour se préparer à la saison 2021!»

Garder le cap

Car Kevin Mackey a l’intention de trouver des façons d’entraîner et de préparer ses protégés, qu’il y ait une saison ou pas. «Par les temps qui courent, on fait des réunions avec (le logiciel de vidéoconférence) Zoom, les gars font de la musculation à la maison et on leur parle tous les jours. On a cinq ou six «meetings» par semaine et les gars restent positifs.»

Il ajoute que le coronavirus ne semble pas susciter trop de craintes dans l’environnement de son équipe. «Aucun joueur ou membre de leur famille n’a été atteint à notre connaissance. Ils ont des directives à suivre en matière sanitaire et ça fait partie de leur discipline», poursuit-il.

«Nous savons qu’il y a des choses plus importantes que le football, notamment la santé, leurs études, etc. C’est pour ça que nous nous posons aussi beaucoup de questions quant à la façon de réagir si jamais il y avait un cas dans l’équipe. On n’a pas encore toutes les réponses, mais on y réfléchit beaucoup. Une chose est certaine, les décisions seraient alors prises avec en tête la santé des joueurs et de notre personnel», conclut Kevin Mackey.