Le Tournoi de hockey pee-wee de Québec doit refuser au moins 200 équipes chaque année, rappelle son directeur général, Patrick Dom. «On a encore des équipes de villes de la LHJMQ, mais il faut qu’elles aient une fiche gagnante et qu’elles aient la classe AAA. Il n’y a plus de garantie, plus de droit acquis.»

Fini les places garanties au Tournoi pee-wee

Pour la première fois en plus de 15 ans, les équipes de la LHJMQ n’auront plus nécessairement leur équivalent au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.

Ainsi, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi, Drummondville, Gatineau et Victoriaville n’auront pas d’équipe au prochain tournoi, du 13 au 24 février 2019. La fin de l’entente qui garantissait une présence au Tournoi pour les 18 villes de la LHJMQ déplaît à certaines associations de hockey mineur régionales, mais le directeur général du Tournoi, Patrick Dom, indique qu’il n’avait plus vraiment le choix.

«Il n’y a plus d’entente avec la LHJMQ, car ça créait un problème. Il y a des équipes qui avaient une fiche d’une victoire et huit défaites qu’on était obligés de prendre en vertu de cette entente alors que, d’un autre côté, on disait non à des équipes qui avaient sept victoires et trois défaites. Ça devenait de plus en plus lourd», a-t-il expliqué au Soleil.

200 refus chaque année

Il rappelle que par le passé, il a souvent refusé des équipes qui montraient une belle fiche, mais qui provenaient de régions qui n’ont pas d’équipe de la LHJMQ, notamment Laval, Montréal, Longueuil ou Lac-Saint-Louis, en raison des places qui étaient garanties aux villes du circuit Courteau.

Dom rappelle que le tournoi, qui ne peut accueillir plus de 120 équipes, doit refuser au moins 200 équipes chaque année. «On a encore des équipes de villes de la LHJMQ, mais il faut qu’elles aient une fiche gagnante et qu’elles aient la classe AAA. Il n’y a plus de garantie, plus de droit acquis. Ce n’est pas une affaire de régions, on ne les prend juste pas, car cette année, ils ne sont juste pas assez bons! S’ils sont meilleurs l’an prochain, on les prendra. C’est plate, mais c’est plate pour 200 équipes.

Il dit toutefois comprendre la colère de certaines associations, qui se sont fait servir une fin de non-recevoir cette année. «On les comprend d’être déçus, même un peu fâchés. C’est poche, mais c’est de même. Jamais on ne sera capable de faire plaisir à tout le monde.»

Le dg indique qu’un désir d’augmenter le calibre de la compétition est l’une des raisons à la base de cette décision. Il ne nie toutefois pas que l’essor du hockey scolaire y est aussi pour quelque chose. Ce printemps, la nouvelle division scolaire du Tournoi pee-wee avait accueilli huit équipes, un chiffre qui augmentera à 12 en 2019, en incluant une équipe américaine et une équipe ontarienne.

«Est-ce que je coupe des équipes, car je prends du hockey scolaire? La réponse est oui, mais ces jeunes ont le droit de jouer au hockey eux aussi. On a quand même rejeté 27 applications sur 39 dans cette division aussi.»

«Très décevant»

La décision a cependant déplu aux associations de hockey mineur. «Nous, on attend des réponses de Hockey Québec à ce sujet. Il y a 14 structures de hockey mineur au Québec et, si elles ne sont pas toutes là, on aimerait bien savoir pourquoi», a déclaré Guylain Raymond, ancien entraîneur de l’Océanic de Rimouski et président de Hockey Bas-Saint-Laurent.

«C’est très, très, très décevant pour les jeunes. Pour plusieurs, c’était un rêve d’aller au Tournoi pee-wee de Québec», a commenté Alexandre Chénier, directeur organisationnel de la structure intégrée de développement de Hockey Abitibi-­Témiscamingue. «Le Tournoi nous avait avertis qu’on n’aurait pas une place garantie à 100 %, mais avec l’historique des dernières années, on avait certaines attentes», avoue-t-il.

Il a appris le 23 octobre que son association n’aurait pas de représentant à Québec. «Ce sera la première fois depuis 1996.»

«Quand on a reçu la lettre, ça a été la stupéfaction», indique pour sa part Jean Leclerc, directeur général des Espoirs pour Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Les parents s’attendaient à y aller et les jeunes aussi. Nous avons été trois fois en finale au cours des trois dernières années et on a gagné l’an dernier. Nous ne pourrons pas défendre notre titre!»

Il déplore avoir été informé tardivement de la décision. «Nous essayons encore de les convaincre de changer leur décision, mais plus le temps passe, plus les espoirs diminuent. Les enfants sont vraiment déçus et comment leur expliquer ça? Vous n’êtes pas là parce que vous avez perdu au début de l’année?»

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COURTEAU NE S'EN MÊLERA PAS

Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau n’a pas l’intention de prendre position dans le dossier de la fin de l’entente qui garantissait une représentation aux villes de son circuit au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec. «Patrick Dom m’a appelé pour me faire part de la situation. L’entente existait depuis plusieurs années et c’était simplement une opportunité qui nous avait été offerte par M. Dom. Les choses ont évolué depuis cette époque et le Tournoi a fait certains constats. Je comprends les associations locales d’être déçues dans certaines régions, mais il n’est pas question pour nous de nous ingérer dans la décision du Tournoi.»

Il reconnaît que l’entente avait permis à son circuit de disposer d’une belle vitrine. «D’avoir les 18 équipes représentées à Québec nous donnait une belle représentativité et ça donnait aussi une belle visibilité aux jeunes joueurs qui portaient les uniformes de la LHJMQ. Mais le Tournoi pee-wee est un tournoi en pleine évolution. De plus, on sait que plusieurs de nos équipes seront tout de même encore représentées là-bas.»