Venus Williams a laissé exploser sa joie après sa victoire contre Coco Vandeweghe, qui lui a ouvert la porte à une finale contre sa soeur Serena aux Internationaux d'Australie.

Finale familiale à Melbourne

Pour la première fois depuis 2009, les soeurs Williams s'affronteront dans une finale du grand chelem.
Venus et Serena ont rendez-vous dans la nuit de vendredi à samedi (heure du Québec) aux Internationaux d'Australie. Âgée de 36 ans, la première a vaincu sa compatriote américaine Coco Vandeweghe en trois sets de 6-7 (3/7), 6-2 et 6-3. Puis Serena, 35 ans, a mis fin à la belle aventure de la Croate Mirjana Lucic-Baroni 6-2, 6-1 en 50 minutes.
Ce sera la neuvième finale entre les soeurs Williams en grand chelem. La dernière, à Wimbledon, avait été gagnée par Serena, qui mène 6 à 2 dans ces duels au sommet. «Que nous nous retrouvions en finale est un grand rêve qui se concrétise. Peu importe l'issue, une Williams va l'emporter», a dit Serena, qui n'a laissé aucune chance à Lucic-Baroni, marquant presque deux fois plus de points qu'elle (56 à 33).
La cadette des Williams est en quête de son 23e titre du grand chelem, ce qui la laisserait seule détentrice du record de l'ère professionnelle devant Steffi Graf (22) et la rapprocherait du record absolu de l'Australienne Margaret Court (24).
Si elle l'emporte pour la septième fois en Australie, Serena récupèrera la première place mondiale aux dépens de l'Allemande Angelique Kerber, tenante du titre à Melbourne, battue en huitième de finale par Vandeweghe.
Une deuxième jeunesse
Si la domination de Serena sur le tennis mondial s'est poursuivie depuis la dernière finale familiale de 2009, Venus, elle, ne s'est plus approchée si près du titre depuis cette date. Ce sera sa 15e finale majeure et sa deuxième en Australie après celle de 2003, perdue aussi contre Serena.
Sept fois titrée en grand chelem (cinq à Wimbledon, deux aux Internationaux des États-Unis), elle a connu une éclipse entre 2010 et 2014, en partie à cause de problèmes de santé liés au syndrome de Sjögren, une maladie auto-immune diagnostiquée en 2011. Pendant trois ans et demi, elle n'a plus participé à la deuxième semaine d'un tournoi majeur.
La grande Américaine (6'1") s'est toutefois accrochée. Et depuis l'an passé, elle connaît comme une deuxième jeunesse. Elle était en demi-finale de Wimbledon en juillet et 17e mondiale au début des Internationaux d'Australie.
Jeudi, elle a eu peine à contenir ses émotions après avoir converti sa quatrième balle de match. Elle a porté ses mains à son visage, ouvert toute grande la bouche et a croisé ses bras au-dessus de son coeur. Elle a enchaîné avec une gracieuse pirouette et des salutations à l'endroit d'un public qui s'était levé pour l'acclamer.
La célébration de Serena a été plus sobre. Elle s'est contentée de lever un bras en l'air après avoir donné une chaleureuse étreinte à Lucic-Baroni. «C'est certain que j'étais très fière de Venus. Essentiellement, elle est mon univers et ma vie. J'étais tellement contente pour elle.»
Venus a bénéficié d'un tableau très favorable. Son adversaire la mieux classée était la Russe Anastasia Pavlyuchenkova, 27e mondiale. C'est la 28e fois de l'histoire que Venus et Serena s'affronteront. La cadette compte 16 victoires à son palmarès.
Lucic-Baroni a inspiré Serena
Battue par Serena Williams jeudi, Mirjana Lucic-Baroni a vécu une quinzaine extraordinaire à Melbourne. Ex-grand espoir du circuit dans les années 90, la Croate de 34 ans disputait sa deuxième demi-finale de grand chelem, 18 ans après la première à Wimbledon. Ses deux seuls matchs (perdus) contre Serena dataient de 1998. Entre-temps, elle a connu une longue éclipse entre 2003 et 2009 à cause d'une vie privée dramatique : père violent, exil aux États-Unis, problèmes financiers. «Je voudrais la féliciter, car elle m'a inspirée», a dit Serena.
Venus Williams. L'Américaine de 36 ans est la finaliste la plus âgée à un tournoi féminin du grand chelem depuis Martina Navratilova, qui avait 38 ans lors de la finale de Wimbledon, en 1994.