Même si le match de mardi a été terne, la conclusion devrait demeurer longtemps dans la mémoire des 25 816 spectateurs présents, alors que Vladimir Guerrero Jr a joué les héros en produisant le seul point de la soirée grâce à un circuit en fin de neuvième manche.

Finale de rêve signée Guerrero Jr

Quel scénario rêvé pour evenko et ces matchs préparatoires à Montréal.

Après deux retraits en neuvième dans un match terne de 0-0, Vladimir Guerrero Jr a soulevé les 25 816 spectateurs en donnant la victoire aux Blue Jays de Toronto à l’aide d’un retentissant circuit en solo sur le premier lancer de Jack Flaherty, des Cardinals de St. Louis.

«C’est ce dont je vais me rappeler de ces deux jours», a raconté le receveur québécois Russell Martin. «J’étais avec les gars sur le banc et je regardais ça. On aurait dit que le scénario était écrit. J’en ai eu la chair de poule. J’espère que ça nous procurera l’énergie dont on a besoin pour amorcer la saison en force.»

La foule lui a réservé une chaleureuse ovation, forçant Guerrero à revenir pour la première fois sur un terrain des majeures afin de savourer les hourras de la foule. «J’ai cherché son lancer et j’ai fait un bon contact; la balle est partie loin!» a-t-il dit par le truchement de l’interprète des Jays, Josué Peley.

Guerrero est devenu le premier athlète natif du Québec — il a vu le jour à Montréal — à frapper un coup sûr décisif au Stade olympique! «Mon père l’a sûrement déjà vu, car il devait regarder le match. Dès que je suis sorti du vestiaire lundi, je lui ai téléphoné. Je devrais faire la même chose. Nous avons ce lien entre nous. Même si nous sommes loin l’un de l’autre, nous sommes très proches.»

Mission accomplie

Il s’agit d’une fin digne de Hollywood pour evenko, qui peut dire mission accomplie pour une cinquième saison d’affilée avec sa série de deux matchs préparatoires des Jays au Stade olympique. Après avoir joué devant 25 335 spectateurs lundi, les deux clubs ont donc attiré un total de 51 151 spectateurs, des chiffres qui ont fait dire à une porte-parole d’evenko qu’il s’agissait d’un succès inespéré.

Mardi, les spectateurs en ont toutefois eu moins à se mettre sous la dent mardi. Le match a été terne et les présentations d’avant-match visant à honorer l’équipe de 1981, éliminée à une victoire de la Série mondiale par le tristement célèbre circuit de Rick Monday face à Steve Rogers, sont tombées à plat.

Deux des quatres joueurs honorés, Chris Speier et Larry Parrish, pourtant à Montréal la veille, ne se sont adressés à la foule que par une vidéo retransmise à l’écran géant. Rogers et Tim Raines ont été chaudement applaudis à leur arrivée sur le terrain. On a ensuite présenté un montage des meilleurs moments de la seule saison où les Expos ont pris part aux séries.

Commencer à neuf dans un nouveau stade

Avant le match, Stephen Bronfman a confié qu’il voudrait éviter le Stade olympique dans l’éventualité où son groupe obtiendrait une franchise du baseball majeur. «C’est le fun de toujours venir au Stade. La MLB nous a déjà dit que le Stade olympique ça ne fonctionnera pas. J’aimerais vraiment mieux commencer à neuf dans un nouveau stade.»

Il s’agit d’une déclaration surprenante, étant donné que tout le monde s’imaginait que l’équipe commencerait à jouer au Stade olympique pendant la construction de son nouveau domicile. Mais Bronfman ajoute que l’idée ne vient pas que de lui. «C’est pas mal le message que nous a passé le baseball majeur.»

Bronfman tient toutefois à rassurer la population : pas question de faire comme à Québec et de bâtir avant d’avoir un club. «On ne fera pas un Kevin Costner : “If you build it, he will come” [“Si tu le bâtis, il viendra”], en référence au film Le champ de rêves]. On ne fera pas ça, nous n’avons pas l’argent pour faire ça. J’ai souvent dit que si le baseball 2.0 revient à Montréal, ce sera bien dirigé, ce sera pour longtemps.»

Il a aussi rappelé qu’il n’avait pas l’intention de demander de l’argent des contribuables montréalais, mais qu’il avait besoin «d’aide» de la part de la mairesse, Valérie Plante, qu’il rencontrera dans «quelques semaines».