Pour limiter les risques de contagions en voyageant d’une région à l’autre, il est fort probable que les équipes collégiales se limitent à des affrontements régionaux pour la totalité de la saison.
Pour limiter les risques de contagions en voyageant d’une région à l’autre, il est fort probable que les équipes collégiales se limitent à des affrontements régionaux pour la totalité de la saison.

Feu vert pour une saison de sport collégial

Thomas Thivierge
Thomas Thivierge
Le Soleil
Si l’incertitude planait autour du sport universitaire, au niveau collégial les différents intervenants du milieu n’attendaient qu’un dernier feu vert du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) pour mettre en branle leur prochaine saison.

Avec l’annonce de lundi, une nouvelle étape peut être franchie.

Normalement, la saison de football devrait reprendre officiellement vers le 25 septembre, mais d’ici là il reste encore beaucoup de détails à régler, selon le président-directeur général du RSEQ, Gustave Roel, qui a confirmé au Soleil que le principal enjeu à régler sera la refonte des divisions et du calendrier.

«Ça sera aux établissements collégiaux de déterminer cette semaine le genre de calendrier qu’ils souhaitent avoir et la manière d’organiser les divisions», a-t-il déclaré.

Pour limiter les risques de contagions en voyageant d’une région à l’autre, il est fort probable que les équipes se limitent à des affrontements régionaux pour la totalité de la saison.

Comme les équipes sportives collégiales ont pu recommencer leurs activités au mois d’août, les discussions entourant la prochaine campagne sont déjà avancées. 

Le Soleil a discuté avec les intervenants (voir fin du texte) des différents cégeps de la région, et selon leurs dires l’option d’une division régionale a de forte chance de faire consensus à Québec et Lévis.

Toutefois, en dehors de la logistique du calendrier, M. Roel se préoccupe aussi des détails concernant les mesures sanitaires pour les vestiaires, ainsi que le nombre de spectateurs admis au match.

«Quand on dit 250 personnes, ça ne veut pas dire 250 spectateurs. Si on prend l’exemple d’un match de football, il est question de seulement 90 personnes qui peuvent assister au match», résume-t-il. «Qui peut venir au match? Comment ça va se passer pour les amateurs de l’équipe adverse?»

Quand la COVID se mêle à la partie

Même si les gens du milieu sportifs sont sûrs d’avoir mis en place une structure sécuritaire pour les joueurs, le risque qu’une équipe soit aux prises avec des cas de COVID est bien réel.

Déjà lundi avant l’annonce du RSEQ,  le blogue Le bulletin sportif rapportait que deux joueurs des Spartiates du cégep du Vieux-Montréal avaient contracté le virus. L’établissement d’enseignement a confirmé l'information à La Presse.

Si une équipe devait voir son calendrier raccourci en raison d’une éclosion de COVID, que se passerait-il pour le reste de la division? M. Roel a avancé une idée proposée par le sport scolaire.

«Ils ont pris la décision de faire un classement selon le pourcentage de victoire par rapport au nombre de matchs joués. Cette formule est applicable si l’équipe a joué 50 % de son calendrier. Ça donne la chance aux jeunes de jouer plus longtemps», explique-t-il.

Le RSEQ entend présenter cette option aux établissements collégiaux. 

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CE QU’ILS ONT DIT

Claude Jr. Juneau, entraîneur des Élans du cégep Garneau

«Dans la normalité d’aujourd’hui, la meilleure chose à faire c’est d’y aller un jour à la fois. De profiter de chaque jour pour savourer les plaisirs du sport. On sait qu’on part, maintenant il reste à savoir comment ça se fera et pour combien de temps ça reste à déterminer. On va contrôler ce qu’on peut contrôler».

Claude Jr. Juneau, entraîneur des Élans du cégep Garneau

Éric Lavigne, directeur sportif du cégep Garneau

«Toutes les mesures ont été mises en place assurer la sécurité de nos athlètes et de faire en sorte que ça soit fonctionnel. L’objectif présentement c’est deux choses : offrir la chance à nos étudiants-athlètes d’avoir du sport, et de le faire dans un contexte sécuritaire. La décision d’aujourd’hui est une bonne nouvelle dans la mesure où les conditions sécuritaires sont en place».

Dave Parent, entraîneur des Titans du cégep Limoilou

«On est chanceux au collégial, depuis le début août on peut pratiquer. Mais de savoir officiellement qu’on aura une saison, pour les gars c’est très motivant. On est soudé dans cette aventure et on va de l’avant maintenant. Avec le football on aide les gars à avoir leur diplôme, mais cette année on fait beaucoup de sensibilisation sur ce qui se passe dans la société. Et les joueurs prennent conscience de la gravité de la situation». 

Dave Parent, entraîneur des Titans du cégep Limoilou

Pierre-Alain Bouffard, entraîneur des Faucons du cégep Lévis-Lauzon

«Tout ce qu’on veut c’est que les gars jouent des matchs, peu importe la structure du calendrier. Si jamais la saison du RSEQ se termine abruptement, et si le gouvernement nous donne le droit de le faire, je me suis déjà entendu avec les autres entraîneurs des cégeps de la région pour qu’on puisse s’affronter cette année. La nouvelle d’aujourd’hui est rassurante, parce que sans le football y a des jeunes qui ne seraient pas au cégep en ce moment. Avec le contexte actuel, les jeunes prennent conscience de la chance qu’ils ont de pratiquer leur sport».

Pierre-Alain Bouffard, entraîneur des Faucons du cégep Lévis-Lauzon