Fernando Tatis Jr, 19 ans, un des plus beaux espoirs du baseball majeur, a frappé un retentissant circuit au champ opposé à sa deuxième présence dans la Ligue des cactus.

Fernando Tatis Jr a le baseball dans le sang

PEORIA, Arizona — Si on se fie uniquement à la génétique, il ne fait aucun doute que Fernando Tatis Jr est destiné à jouer dans les ligues majeures.

Tatis, qui a célébré son 19e anniversaire le 2 janvier, participe actuellement à son premier camp des grandes ligues, avec les Padres de San Diego. Celui dont le père a joué 11 saisons dans les majeures — il a porté l’uniforme des Expos de 2001 à 2003 — est considéré comme l’un des plus grands espoirs et sa présence au camp des Padres suscite l’excitation des fans d’une équipe qui a connu bien peu de succès ces dernières années. 

Si le jeune joueur d’arrêt-court poursuit sa progression comme prévu, il n’est pas impossible qu’il termine la prochaine saison en Californie. Déjà, l’an dernier, il a impressionné tout le monde, bouclant la campagne au niveau AA. 

Comment expliquer qu’un jeune de 19 ans puisse déjà jouer dans les majeures? «Le jeune est tout simplement né pour jouer dans le baseball majeur», note simplement son père, rejoint à San Pedro de Macoris, en République dominicaine, ville surnommée «le Berceau des arrêts-courts».

«La première chose qu’il a vue après sa naissance, c’est du baseball. À ce moment, je jouais avec les Cardinals», ajoute celui qui a frappé 113 longues balles au cours de sa carrière, dont 34 en 1999, l’année où son fils est né.

Les Padres, qui reconstruisent autour de jeunes joueurs, ont obtenu Tatis Jr le 4 juin 2016 dans une transaction qui a envoyé le vétéran lanceur James Shields aux White Sox de Chicago. Et jusqu’à maintenant, tout indique qu’ils pourraient avoir fait une très bonne affaire. À sa seconde présence au bâton en Ligue des cactus, ce printemps, le jeune athlète de 6’3’’ et de 185 livres a frappé un circuit au champ opposé, en plus de s’illustrer en défense ce jour-là.

Interrogé au sujet de l’influence que peut avoir eue son père sur lui, le jeune Tatis ne cache pas qu’elle est de première importance. «Il m’a initié au baseball quand j’étais très jeune, il m’amenait au stade avec lui quand il jouait. C’était plaisant et je suis rapidement tombé en amour avec ce sport. Puis, voilà que je me retrouve ici à jouer du bon baseball», explique celui qui est actuellement le plus jeune joueur à participer à un camp des majeures. 

La pomme tombe près de l’arbre

Le directeur général des Padres, A.J. Preller, travaillait dans l’organisation des Rangers du Texas quand il a vu jouer le jeune Tatis pour la première fois, alors que celui-ci n’avait que 14 ou 15 ans. Même s’il a signé son premier contrat avec les White Sox, Preller et son équipe de recrutement ont toujours continué d’observer le développement du jeune homme, le plaçant même au sommet de la liste des espoirs à acquérir en retour d'un vétéran si l’occasion se présentait.

Preller n’a donc pas hésité à conclure le marché en juin 2016. «Quand on repère un jeune talentueux comme lui, un fils d’ancien joueur des majeures en plus, on garde l’œil dessus», mentionne-t-il, en soulignant l’importance que la famille d’un joueur peut avoir. 

«En général, ces enfants de joueurs sont familiers avec ce qui se passe dans le vestiaire et sur le terrain, ils comprennent comment on doit se préparer pendant l’entre-saison et ils savent quelle éthique de travail ils doivent développer pour graduer. Ce sont des atouts très importants.

«Bien sûr, ce n’est pas automatique, mais il y a toujours de bonnes chances qu’un fils d’ancien joueur, s’il s’y met à un jeune âge, puisse devenir un très bon joueur de baseball. Comme on dit, la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre.»

Encore du travail à faire

Fernando Tatis Jr a bien progressé 2017, débutant la saison dans le A faible, avant d’être promu au niveau AA en août. Si ses chances de se tailler immédiatement une place dans l’alignement des Padres sont faibles, l’équipe souhaite qu’il gradue rapidement, ce qui mettrait fin à une valse à l’arrêt-court, position cruciale au milieu de l’avant-champ. 

D’ailleurs, les Padres ont amorcé les quatre dernières saisons avec un arrêt-court différent dans l’alignement partant lors du premier match, séquence qui se prolongera à cinq le 29 mars prochain alors que Freddy Galvis devrait être l’arrêt-court partant lors du match d’ouverture à domicile de l’équipe, contre les Brewers de Milwaukee. Acquis des Phillies pendant la saison morte, il n’a qu’une année restante à son contrat et est considéré comme celui qui devrait «réchauffer le fauteuil» pour le jeune surdoué.

«Je crois que je suis déjà prêt», dit Tatis avec confiance. «Oui, je sais que je dois encore m’améliorer, mais j’ai travaillé fort et je vais continuer de travailler fort pour prendre la place le plus rapidement possible.»

Preller, lui, préfère tempérer un peu les attentes, expliquant que Tatis devrait débuter l’année au niveau AA. Le reste dépendra de bien des facteurs, le plus important étant bien sûr le rendement du jeune joueur dans la Ligue du Texas. «Les bons joueurs, on ne peut pas les freiner, ils arrivent en haut assez vite. On va lui donner du défi, tout en mettant les chances de son côté.»

Mais il reste encore à Fernando Tatis Jr un petit bout de chemin à parcourir. S’il a fait écarquiller bien des yeux avec son circuit au début du camp, il a été retiré au bâton le jour suivant avant d’être 0 en 3 lors des deux matchs subséquents. Il s’est finalement ressaisi, mercredi, avec deux coups sûrs. Une irrégularité qui démontre que rien n’est encore gagné.

«Ces jeunes joueurs vont tout donner pour arriver haut aussitôt que possible», dit le gérant des Padres, Andy Green. «C’est ce qu’on veut. Mais c’est aussi notre boulot de ne pas les envoyer trop vite dans la mêlée et de leur donner le temps de parfaire leurs habiletés.»

Si Tatis Jr suscite bien des attentes, son plus grand fan demeure son père. «Je vous le dis, ils ont trouvé leur arrêt-court pour très très longtemps, car il n’a que 19 ans! Il pourrait bien occuper ce poste pendant 20 ans! Qui sait?» conclut Fernando Tatis Sr en riant.