Ferguson Jenkins a été intronisé au Temple en 1991, à sa troisième année d’admissibilité.

Ferguson Jenkins emballé que Walker soit le deuxième Canadien au Temple de la renommée

Ferguson Jenkins ne s’attendait pas à voir son statut d’unique Canadien au Temple de la renommée du baseball s’étendre pendant près de trois décennies.

Ainsi, lorsque Larry Walker a été intronisé à la prestigieuse enceinte de Cooperstown mardi soir - à sa 10et dernière année d’admissibilité - Jenkins a été emballé de savoir que sa séquence de 29 ans venait de prendre fin.

«Je dirais que je m’attendais à ce qu’il soit élu il y a cinq ou six ans», a déclaré en rigolant l’ancien lanceur ontarien, vainqueur du trophée Cy Young avec les Cubs de Chicago, dans la Ligue nationale, en 1971.

«Mais je suis très heureux pour lui. Je sais qu’il est heureux, je sais que sa famille est fière de lui. Il a accumulé de très bonnes statistiques et il mérite amplement d’être au Temple de la renommée.»

Jenkins, trois fois membre des équipes d’étoiles, a gagné au moins 20 matchs lors d’une même campagne sept fois en 19 saisons dans les Ligues majeures. Il a été intronisé au Temple en 1991, à sa troisième année d’admissibilité.

Alors que Walker a surpassé le seuil de 75 % requis par un total de six votes, Jenkins avait reçu 334 votes alors qu’il en avait besoin de 333.

Mais à une époque bien avant l’avènement des médias sociaux et avant celle du dévoilement graduel des résultats via internet, Jenkins n’avait aucune idée à quel point il était proche d’être admis.

Du moins jusqu’à la veille, au soir, lorsque Jack Lang, le journaliste qui avait le mandat d’informer les joueurs qu’ils avaient été élus, lui a donné un coup de fil.

«Jack m’a appelé pour me dire que j’étais l’un des favoris», s’est rappelé l’ex-baseballeur de 77 ans lors d’une entrevue téléphonique depuis son domicile en Arizona.

«Il m’a dit que s’il m’appelait à 17h le lendemain, j’irais au Temple de la renommée.»

Jenkins, qui était alors propriétaire d’une exploitation bovine en Oklahoma, se souvient que la journée suivante avait été «assez ordinaire». Il a vaqué à ses tâches quotidiennes autour du ranch, préparé le dîner pour ses enfants et a attendu que 17h sonne.

Puis, il a dû attendre un peu plus longtemps.

«17h est arrivé et je me suis dit : “zut, je suis encore à court”. Mais Jack m’a appelé environ dix minutes plus tard et j’étais très heureux, a relaté Jenkins. J’étais debout près du téléphone à 17h10 et boum, ç’a sonné.»

Jenkins avait déjà remisé son gant et ses souliers à crampons quand Walker a fait ses débuts dans les Ligues majeures avec les Expos de Montréal en 1989. Il dit avoir suivi à distance les exploits de son compatriote canadien au fur et à mesure où sa carrière avançait.

Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois en 2009 quand Walker a été intronisé au Temple de la renommée du baseball canadien à St. Mary’s, en Ontario. Jenkins, un membre de ce Temple depuis 1987, a parlé avec Walker après son intronisation et ils se sont fait photographier ensemble.

Dans un message de félicitations à Walker mardi soir, Jenkins a publié la photo sur son compte Twitter.

Environ 36 ans après avoir signé son premier contrat professionnel avec les Expos alors qu’il était adolescent, Walker sera officiellement intronisé lors d’une cérémonie qui aura lieu le dimanche 26 juillet à Cooperstown.

Jenkins croit que ce sera là où Walker va saisir toute la portée de sa nomination, et le moment où sa vie va changer.

«La chose la plus importante, c’est que vous pouvez placer les initiales “HOF” à côté de votre nom, et que les gens vont honorer votre carrière parce que vous êtes l’un des meilleurs», a précisé Jenkins.

«C’est ce qu’est Larry aujourd’hui - l’un des meilleurs - et c’est agréable de recevoir une telle reconnaissance.»