Roger Federer a perdu d’entrée de jeu à Miami contre l’Australien Thanasi Kokkinakis, 175e joueur mondial, qui l’a vaincu 3-6, 6-3, 7-6 (4).

Federer et les vacances du pouvoir

MIAMI — Après son élimination surprise à Miami samedi, Roger Federer va perdre sa couronne de numéro 1 mondial. Mais le Suisse qui va, comme l’an dernier, faire l’impasse sur toute la saison sur terre battue, ne s’en formalise pas, d’autant qu’il pourrait rapidement, sans jouer, repasser en tête du classement de l’ATP.

Arrivé invaincu début mars à Indian Wells avec deux titres en poche — à l’Omnium d’Australie et à Rotterdam — et un statut de no 1 mondial récupéré après six années d’attente, Federer a quitté Miami avec un bilan ramené à 17 victoires pour deux défaites et une confiance égratignée.

Fait inhabituel, Federer a plié deux fois en l’espace d’une semaine : d’abord en finale à Indian Wells contre l’Argentin Juan Martin del Potro, puis d’entrée de jeu à Miami contre l’Australien Thanasi Kokkinakis, 175e joueur mondial, qui l’a vaincu 3-6, 6-3, 7-6 (4).

Le point commun entre ces deux défaites? «Elles ont été décidées dans un tie-break au troisième set, sinon pas grand-chose d’autre», a asséné Federer. Depuis son retour au premier plan en 2017, il n’a perdu que sept matchs.

Le Suisse a aussi reconnu que, comme contre Del Potro, il n’a pas su saisir ses chances contre Kokkinakis alors que le jeune Australien de 21 ans, sans complexe, a réussi un match parfait.

«Chaque fois que j’ai eu l’occasion de prendre l’avantage, il y a eu quelque chose : soit un mauvais choix de ma part, soit un bon choix de sa part», a-t-il noté, laissant entendre qu’il lui avait manqué de la fraîcheur mentale, plus que physique.

«Pendant tout le match, j’étais en mode ‘‘recherche’’, je ne me sentais pas bien dans le troisième set [...] La semaine dernière déjà, je n’ai pas bien joué, je ne suis pas parvenu à trouver de solution. Je vais maintenant avoir du temps pour comprendre ce qui s’est passé», a ajouté le vétéran de 36 ans.

Comme en 2017, le roi du tennis masculin va faire l’impasse sur la terre battue et Roland-Garros, le tournoi du Grand Chelem qui lui a posé le plus de problèmes dans sa carrière.

L’objectif est triple : couper pour passer du temps en famille, ménager ses genoux et son dos que la terre battue martyrise, préparer au mieux la saison sur herbe et son tournoi-fétiche de Wimbledon.

Cette stratégie lui avait souri l’an dernier, puisqu’il s’était imposé dans deux de ses jardins préférés, Halle et Wimbledon, soulevant les trophées de ces tournois pour la neuvième et huitième fois, tout ça sans perdre un set!

Le plus longtemps possible

Durant ses vacances très actives, Federer va perdre — à l’issue de l’Omnium de Miami, le 2 avril — sa place de premier joueur mondial récupérée le mois dernier grâce à son sacre à Rotterdam. Elle va revenir à son grand rival, Rafael Nadal. Blessé à une jambe, l’Espagnol a fait l’impasse sur la tournée américaine de mars.

Mais durant ces mêmes vacances, Federer pourrait très bien reprendre place au sommet de la hiérarchie mondiale : il n’aura que 100 points de retard sur Nadal et aucun point à défendre, alors que le Majorquin avait accumulé 4680 points durant cette période en 2017 grâce à ses titres à Monte-Carlo, Barcelone, Madrid et Roland-Garros.

À l’entendre, cette place de numéro 1 mondial n’est pas une priorité : «L’important était de le redevenir à Rotterdam. J’ai toujours dit que ce n’était pas un objectif de terminer l’année numéro 1».

À 36 ans, le maestro suisse continue de se projeter sur le long terme et veut agrandir sa collection de vingt titres du Grand Chelem : «J’aimerais encore jouer le plus longtemps possible», lance-t-il, comme pour répondre à ceux qui, inévitablement, vont présenter ce mois de mars 2018 comme le début de la fin.