Si Paris accueille cette semaine Roger Federer, il n'en sera pas ainsi pour l’Arabie saoudite en décembre. Le Suisse a dit non pour prendre part à un match amical dans ce pays qui est dans l’eau chaude depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Federer décline une invitation de l’Arabie saoudite

PARIS — Roger Federer a refusé une invitation pour prendre part à un match amical en Arabie saoudite en décembre, alors que ses principaux rivaux Novak Djokovic et Rafael Nadal ont déjà annoncé leur présence.

L’Arabie saoudite est dans l’eau chaude depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi après qu’il se soit présenté au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. Il travaillait pour le quotidien Washington Post et était reconnu pour être particulièrement critique envers le prince saoudien.

Djokovic et Nadal ont exprimé un certain doute quant à leur présence au match amical qui doit être présenté à Jeddah le 22 décembre, mais ils ne se sont pas décommandés. Les deux joueurs ont mentionné qu’ils avaient reçu cette invitation il y a au moins un an. Interrogé à Paris mardi à savoir s’il avait lui aussi été invité, Federer a répondu : «Oui, ils m’ont aussi contacté».

Pour la première fois depuis trois ans, le Suisse aux 20 couronnes en Grand Chelem va participer au Masters 1000 de Paris. Depuis son neuvième sacre à Bâle dimanche, c’était la question qui agitait organisateurs, journalistes et spectateurs : Federer allait-il, enfin, faire le déplacement pour le tournoi parisien ou le zapper une fois de plus?

«Je sens que c’est mieux pour moi de jouer des matchs plutôt que de rester à l’entraînement, tant que je n’ai pas le sentiment de prendre des risques au niveau physique en vue de Londres», qui accueille le Masters de fin d’année (11-18 novembre), réunissant les huit meilleurs joueurs de la saison, «ou pour la suite de ma carrière», a expliqué Federer en conférence de presse.

Exempté de premier tour, il affrontera mercredi le redoutable serveur canadien Milos Raonic (21e), tombeur (6-7 (4), 7-6 (5) et 7-6 (5) du Français Jo-Wilfried Tsonga au bout d’un match de près de trois heures.

Tirage «difficile»

Âgé de 37 ans, Federer reste cependant très prudent sur ses chances de soulever dimanche un historique 100e trophée, lui qui ne s’est imposé qu’une fois dans la salle parisienne, en 2011. Lors de sa dernière apparition en date à Paris, en 2015, il s’était incliné en huitièmes de finale face à l’Américain John Isner.

«C’est très compliqué de gagner cinq matchs d’affilée, en cinq jours, dans un tournoi de ce calibre-là», d’autant plus «avec le retour de Nadal et Djokovic tellement en forme», a estimé le Suisse, en qualifiant son tirage de «difficile».

Djokovic, lui, a parfaitement lancé sa chasse au trône de Nadal. Le Serbe n’a pas laissé s’installer le suspense très longtemps pour son entrée en lice en écartant le Portugais Joao Sousa, avalé en deux sets (7-5, 6-1). L’équation est simple pour «Djoko», en pleine renaissance depuis le début de l’été et victorieux coup sur coup de Wimbledon et des Internationaux des États-Unis : il endossera de nouveau le costume de numéro un mondial lundi s’il franchit un tour de plus que Nadal. AFP et AP