En 2017 et 2018, le Suisse Roger Federer avait délibérément sauté la saison sur ocre pour se ménager en vue de Wimbledon.

Federer de retour sur terre battue

MADRID — La longue parenthèse est sur le point de se refermer : après trois ans sans la fouler, Roger Federer renoue avec la terre battue au Masters 1000 de Madrid mardi, à trois semaines de Roland-Garros (26 mai au 9 juin).

Pour sa seule escale annoncée avant la levée parisienne du grand chelem, son premier adversaire sera Richard Gasquet (39e), qui a signé un retour gagnant après six mois hors circuit et une opération d’une hernie inguinale en janvier, aux dépens du jeune Espagnol Alejandro Davidovich Fokina (7-5, 7-6 (7/5)) au premier tour.

Le dernier match en date sur terre battue de Federer remonte au 12 mai 2016. Le Suisse aux 20 couronnes record en grand chelem, alors amoindri par un dos douloureux qui allait le priver de Roland-Garros, s’était incliné à Rome, en huitièmes de finale, face à l’Autrichien Dominic Thiem (7-6 (7/2), 6-4). Les deux saisons suivantes, il avait délibérément zappé la saison sur ocre pour se ménager en vue de Wimbledon.

C’est fin 2018 — à 37 ans passés — qu’a pris corps dans son esprit l’idée de revenir se frotter à la terre battue.

Par «envie» et «plaisir»; parce qu’il ne ressent pas le besoin d’un «gros break», à l’inverse des deux années précédentes; et parce qu’il sent son corps «prêt» et «suffisamment fort de nouveau pour encaisser les changements de surface», énumère-t-il.

«Heureux de jouer sur cette surface»

«C’était la bonne décision, a-t-il estimé dimanche. Depuis, je n’ai pas pensé que je n’aurais peut-être pas dû [prendre cette décision]. Je suis heureux d’être là, heureux de jouer sur cette surface.»

Son retour sur terre, Federer l’a préparé en Suisse, entre les montagnes des Grisons et Zurich. Sans rencontrer trop de difficultés.

«Ça prend un peu de temps de se réhabituer à construire les points un petit peu plus, parce qu’il y a plus de jeu de fond de court, qu’on peut jouer avec plus d’angles, varier les hauteurs... Mais, honnêtement, ça n’a pas été si difficile», résume-t-il.

À Madrid, où il a atterri vendredi, chacun de ses entraînements sur les courts de la Caja Magica déclenche une cohue monumentale.

Premiers pas mardi

L’attente touche à sa fin : exempté de premier tour, Federer fera ses premiers pas sur le court central en début de soirée (20h) mardi. «Je n’ai pas d’attentes élevées, mais je sais aussi que des choses sont possibles», pondère-t-il.

L’Autrichien Dominic Thiem, finaliste de Roland-Garros il y a un an et récent vainqueur à Barcelone, ne s’en fait pas pour l’actuel no 3 mondial.

«Roger est un des meilleurs joueurs de l’histoire sur cette surface. La seule chose qui l’a stoppé tellement de fois, c’est Rafa [Nadal]. Probablement que si Rafa n’avait pas été là, il aurait gagné cinq ou six fois Roland-Garros», imagine-t-il.

«Il est à l’aise sur cette surface. En Suisse, il a grandi dessus. Il sait comment bouger. Donc quel que soit le tournoi, il fait toujours partie des favoris», poursuit-il.

Comme Federer, le no 1 mondial Novak Djokovic entre en lice mardi. Le Serbe connaît lui son premier adversaire : il s’agira de l’Américain Taylor Fritz (57e), tombeur en deux jeux décisifs du Bulgare Grigor Dimitrov.

Rafael Nadal patientera lui jusqu’à mercredi avant d’affronter le jeune Québécois Félix Auger-Aliassime (30e) : tant mieux pour l’Espagnol, son estomac lui jouant des tours ces derniers jours.