Roger Federer n’a pas cédé le moindre set jusqu'à présent à Wimbledon.

Federer: chambre avec vue sur la finale

WIMBLEDON — Débarrassé de plusieurs embûches, Roger Federer s’avance sur un chemin moins abrupt que prévu vers la finale de Wimbledon à l’heure d’aborder les huitièmes lors du «Manic Monday».

Qui peut empêcher l’homme aux 20 titres majeurs de jouer une 12e finale dans son jardin anglais? Des concurrents ont les moyens de le gêner, mais de là à créer l’exploit...

Le maestro suisse n’a pas eu besoin de forcer pendant ses trois premiers matchs. Rassuré sur son niveau de jeu après un peu de fatigue lors de la préparation sur gazon, il n’a pas cédé le moindre set. La dernière fois à Londres, c’était en 2016, en demi-finales, lors de sa défaite en cinq manches devant Milos Raonic.

Le Canadien, placé de nouveau sur sa trajectoire à ce niveau de la compétition, est probablement le plus coriace, même si Federer a repris l’ascendant sur lui. L’an passé, il l’avait dominé en trois sets sur le court central (quart de finale). Le mois dernier, il l’a battu en deux manches en finale à Stuttgart.

Depuis que les Croates Borna Coric et Marin Cilic, ont quitté le tournoi prématurément — d’entrée de jeu pour le premier, dès le deuxième tour pour le second — l’horizon s’est éclairci pour «RF». Coric, qu’il aurait pu affronter en huitièmes de finale, est le seul à l’avoir battu cette année sur gazon (finale à Halle). Cilic pouvait se dresser devant lui en demi-finales.

Surclassé en finale par le «Maître l’an passé, le cinquième mondial s’était montré plus coriace lors de l’épilogue à Melbourne (victoire de Federer en cinq sets) et son titre au Queen’s l’avait rasséréné. À la place de Coric, Federer croisera un Français, Adrian Mannarino, qui ne lui a pris qu’un set en cinq duels, chez lui à Bâle en octobre. Le 26e mondial est à l’aise sur gazon et il goûte à la deuxième semaine pour la troisième fois.

«Je pense qu’il va beaucoup mieux retourner que ce qu’ont fait les autres», estime Federer, qui n’a pas eu une balle de break à défendre en trois matchs. «Pour moi, passer neuf sets comme ça, c’est formidable... L’expérience à Stuttgart et Halle paie maintenant. Je suis content d’avoir joué ces neuf matchs là-bas. Si j’arrive à jouer aussi bien, c’est grâce à ça», souligne le numéro deux mondial qui, en cas de victoire, affronterait un autre Français Gaël Monfils ou le Sud-Africain Kevin Anderson pour la première fois sur herbe.

Nadal face à un serveur

Le numéro un mondial Rafael Nadal, que Federer ne retrouverait qu’en finale — 10 ans après celle mythique remportée par l’Espagnol —, espère franchir le cap des huitièmes pour la première fois depuis 2011.

Après une quasi-promenade de santé, le champion de Roland-Garros croise un puncheur au service, Jiri Vesely, pas le genre de joueur qu’il affectionne sur gazon. S’il franchit l’écueil tchèque, son parcours se compliquerait avec Juan Martin Del Potro potentiellement en quarts de finale et Novak Djokovic en demi-finales.

Arriver jusque-là serait une première pour le Serbe depuis le dernier de ses trois titres en 2015. Il lui faudra déjà écarter le jeune frappeur russe Karen Khachanov, comparé à Marat Safin pour sa puissance.