Jean-Philippe Moffet, Sylvain Courcelles, Pascal Leblond et Pascal Girard ont bien profité de leur journée au Tournoi des Maîtres.

Faire le «tour du propriétaire» à Augusta

AUGUSTA, Géorgie — Il aurait fallu une catastrophe épouvantable pour effacer le sourire et l’expression de contentement sur les visages de Jean-Philippe Moffet, directeur de golf au Fairmont Manoir Richelieu, du surintendant du même club, Pascal Leblond, de Sylvain Courcelles, directeur de golf au Fairmont Montebello, et de Pascal Girard, beau-frère de Jean-Philippe. Le quatuor venait de compléter la visite du terrain Augusta National sous un soleil radieux et était fidèle au rendez-vous fixé près du tertre de départ numéro 1. Rien ne paraissait de la fatigue accumulée la veille par un long et éreintant voyage de près de 24 heures, d’une traite, à partir de Charlevoix, d’autant plus que le groupe avait dû affronter la tempête de neige dans les premières heures du périple.

«La tradition est respectée dans toute la force du mot, s’est exprimé Jean-Philippe Moffet et le personnel est tellement gentil. Je crois que tout golfeur devrait s’inscrire pour avoir une chance de passer une journée au club Augusta National.»

Hommes de golf, les quatre sont arrivés à Augusta à l’invitation de la compagnie Club Car, manufacturier de voiturettes de golf. «Nous avons pu aller dans les nouvelles installations du côté de la rue Berkmans, ajoute-t-il, et comme il était assez tôt nous avons eu l’occasion d’essayer les verts, des répliques exactes des 7e, 14e et 16e trous du vrai parcours. Il n’y avait pas beaucoup de monde et nous sommes restés une bonne vingtaine de minutes à faire des coups roulés.»

Pour Jean-Philippe Moffet, qui en est à sa 18e saison au Manoir Richelieu, les verts du Augusta National lui rappellent ceux de l’ancien parcours du Manoir, alors qu’il n’y avait que 18 trous. À cause des ondulations.»

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Les quatre étaient de passage mercredi, lors de la journée du fameux tournoi du parcours à normales 3. Une occasion rêvée pour apercevoir les vedettes, actuelles et passées, du Tournoi des Maîtres.

«Les joueurs, c’est un bonus pour nous, continue Jean-Philippe. Parce que nous travaillons dans le domaine du golf et de l’hôtellerie, nous sommes plus critiques, nous ne voyons pas les choses du même œil que monsieur et madame Tout-le-Monde. Nous voulions voir l’organisation, comment tout fonctionne.»

Pascal Leblond avait chaussé ses lunettes de surintendant pour quelque temps, ce qui ne l’a pas empêché de s’émerveiller. «C’est naturel pas à peu près, avec toute cette verdure. Tout est sur la coche ici et il n’y a pas un pouce de gazon qui n’est pas parfait. Ce n’est pas évident surtout que c’est un bent grass, un type de gazon qui n’est pas commun sur les terrains de golf dans le sud. Rien n’est laissé au hasard.»

Le champ d’exercice, le système de ventilation des sols, la machinerie, rien n’échappait à ses yeux entraînés. Nous lui avons apporté une feuille contenant les spécifications des hauteurs de coupe du gazon, tant pour les verts, les tertres de départ, les allées et l’herbe haute, que l’on appelle ici la seconde coupe.

«C’est très intéressant de connaître ce qu’ils font sur ce parcours et au Manoir, il y a certaines coupes que je fais à la même hauteur.»

Pour les quatre Québécois, cette journée restera longtemps gravée dans leur mémoire et l’attente en aura valu la peine. «Le terrain se marche très bien même si les pentes sont plus inclinées que ça ne paraît à la télévision, analyse Jean-Philippe Moffet. Et les allées sont plus larges que je l’imaginais. Il est presque impossible de perdre une balle ici à moins de l’envoyer dans l’eau. Tout est tellement impeccable.»

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LU

Le nom de Fanny Sunesson est sur la liste des cadets pour l’actuel tournoi. Cette semaine, elle travaille avec le Suédois Henrik Stenson. Un excellent choix pour ce dernier et c’est un genre de retour pour Sunesson qui était avec Stenson pendant cinq ans avant de prendre sa retraite en 2012. Les deux ont refait équipe ensemble cet hiver lors de tournois en Floride et elle a accepté de travailler avec le Suédois pour le Masters. Elle soutient que son retour est passager. Pas de doute qu’elle sera d’une aide précieuse, car elle connaît le terrain à la perfection. Elle a aussi travaillé pendant plusieurs années avec Nick Faldo avec qui elle partage deux championnats du Tournoi des Maîtres. 

VU

Une équipe de 14 personnes, dont quelques membres du Augusta National, sur le vert numéro un en fin d’après-midi. On procédait à la mise en place du drapeau en vue de la deuxième ronde. Rien n’est laissé à la légère pour assurer des repères précis aux joueurs. Chaque emplacement est mesuré au millimètre près. Pour cette deuxième ronde, l’emplacement du fanion était à 22 pas du début du vert et à 11 pas à partir du côté gauche. Pour atteindre cette perfection, il y avait deux galons à mesurer, trois niveaux et une équerre. De plus deux membres en veston vert étaient munis d’un fer droit pour bien s’assurer que les balles ne prendront pas un tracé imprévisible.

ENTENDU

Frank Valentine, notre hôte pour la semaine à sa maison, vanter le respect que montrent les amateurs et les bénévoles sur le terrain du Augusta National. Devant utiliser un quadriporteur pour se déplacer sur de longues distances, ce qu’il a expérimenté lors de la première ronde. Quand il est arrivé à l’allée du 13e trou, il y avait cinq rangées de spectateurs. «Je venais juste d’arriver, raconte-t-il, et un spectateur m’a aperçu. Il a demandé aux autres de me faire une place et c’est ainsi que je me suis retrouvé sur la première rangée avec une vue parfaite de l’action.» Plus tard, son quadriporteur est resté pris sur une souche et deux gaillards se sont approchés, ont soulevé le tout pour permettre à Frank de reprendre son déplacement.