L’Allemand Sebastian Vettel espère que sa Ferrari lui permettra de lutter avec le champion du monde en titre, le Britannique Lewis Hamilton. Vettel a inscrit cette semaine le troisième meilleur temps, près d’une seconde plus lent que son rival de chez Mercedes.

F1: Vettel espère chauffer Hamilton

MONTMELO — Le champion du monde en titre, le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes), et son dauphin, l’Allemand Sebastian Vettel (Ferrari), espèrent une lutte «encore plus serrée» pour le titre mondial en 2018, ont-il confié à l’issue de la première semaine d’essais de présaison de Formule 1, jeudi, sur le circuit de Barcelone.

Hamilton a été les plus rapides de la séance d’essais de jeudi, au cours de laquelle les écuries ont mis les bouchées doubles pour reprendre le temps perdu en raison des mauvaises conditions météorologiques des derniers jours. Le Britannique a réussi un chrono de 1:19,333, le meilleur temps de la semaine. Vettel, lui, a inscrit le troisième temps (1:20,241), près d’une seconde derrière Hamilton. Le Québécois Lance Stroll (1:21,142) a inscrit le septième temps au volant de sa Williams.

À la lumière des premières leçons — incomplètes et très partielles en raison des conditions météorologiques hivernales à Barcelone —, Hamilton et Vettel ont été invités à tracer un premier aperçu de la prochaine saison qui prendra son envol le 15 mars avec le Grand Prix d’Australie, qui se tiendra sur le circuit de l’Albert Park.  

Q Quelle est votre impression après cette première semaine d’essais?

Hamilton : «Je n’ai jamais caché que je n’aime pas les essais, mais j’avais très envie de sortir aujourd’hui, car nous n’avions pas pu rouler beaucoup jusque-là. C’est génial de prendre la mesure de cette nouvelle voiture. [...] Elle a l’air meilleure que l’an dernier, mais le revêtement du circuit a été refait depuis, donc, il est difficile de savoir exactement ce qui vient d’elle, de la piste, de l’adhérence, des pneus... On en saura plus après la deuxième semaine d’essais» [de mardi à vendredi sur le circuit de Barcelone].

Vettel : «Il a fait froid! Les températures ne nous ont pas permis de travailler correctement. Il était impossible de boucler notre programme. Nous partons donc avec beaucoup de questions sans réponse pour la seconde semaine de tests. Dans ces conditions, il est difficile de juger la valeur de la voiture. Ce que je peux dire, c’est que nous commençons à la comprendre, mais je sais aussi qu’on peut la comprendre mieux. Pour cela, il va falloir rouler plus et dans de meilleures conditions.»

Q Espérez-vous une bataille pour le titre mondial aussi disputée que l’an dernier entre vous?

R Hamilton : «Bien sûr, plus c’est serré, meilleur c’est de gagner! Tu veux toujours que tes adversaires soient à leur meilleur niveau pour pouvoir montrer la petite chose qui te différencie. Cela rend la victoire encore plus savoureuse.»

Vettel : «J’espère que nous allons nous approcher encore plus près de Mercedes que l’an dernier. Mais la saison va être longue, la plus longue de l’histoire [21 Grand Prix]. Nous sommes le 1er mars et le titre se jouera le dernier week-end de novembre. Nous avons le temps d’en rediscuter.»

Q Vous pouvez tous les deux décrocher un cinquième titre mondial en fin d’année et ainsi égaler Juan Manuel Fangio. Quel est votre état d’esprit au moment d’entamer cette campagne?

R Hamilton : «Mon état d’esprit, pour l’instant, n’est pas encore de me dire : “C’est le début de ma quête pour un cinquième titre”, même si c’est le cas. Il s’agit plutôt d’apprendre autant que possible, d’être régulier pendant ces jours d’essais. Mais bien sûr, nous posons les fondations de notre lutte pour le titre. Nous ne savons pas encore à quel niveau sont les autres. Red Bull a l’air rapide, Ferrari aussi, mais personne ne le sait vraiment pour l’instant.»

Vettel : «C’est toujours trop long quand on attend un titre plus d’un an. J’ai vieilli [depuis sa dernière couronne mondiale décrochée en 2013]. Aujourd’hui, mon objectif est de ramener un titre de plus à la maison. Et à Maranello.»

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ROULER À BAHREÏN POUR FUIR L'HIVER?

Les températures hivernales qui ont frappé Barcelone lors de la première semaine d’essais de présaison de la F1 ont incité Red Bull, McLaren ou encore Williams à remettre sur le tapis l’idée de retourner tester à Bahreïn — l’île du Golfe a accueilli ses derniers essais en 2014 —, pour s’épargner les éventuelles pertes de temps et d’argent occasionnées par les incertitudes météorologiques de l’hiver européen. Une alternative que rejettent les «Petit Poucet» du paddock, à l’instar de l’Américaine Haas. «Aller à Bahreïn coûte cher et pose des problèmes logistiques», plaide le patron Gunther Steiner, alors que les écuries reçoivent quotidiennement de nouvelles pièces pendant les essais. La promesse de soleil et de températures de saison (minimales autour de 7 °C, maximales autour de 15 °C) à Barcelone lors de la deuxième semaine d’essais, de mardi à vendredi, pourrait vite faire oublier ces dissensions. 

Cette semaine, les écuries n’ont pu mener les tests espéré, tant en termes de performance que d’endurance en raison des conditions météo. Sur un tarmac glacial et humide, les pilotes ne parviennent en effet pas à monter suffisamment leurs pneus en température pour obtenir un niveau d’adhérence satisfaisant.