Lance Stroll
Lance Stroll

F1: Stroll et Latifi espèrent toujours participer au Grand Prix du Canada

LONGUEUIL — On ignore toujours si le Grand Prix de Formule 1 du Canada aura lieu en 2020, mais les pilotes canadiens Lance Stroll et Nicholas Latifi aimeraient de toute évidence y participer.

C’est du moins ce qu’ils ont révélé lors de vidéoconférences jeudi, à la veille des essais libres du Grand Prix d’Autriche, le premier de la saison.

«C’est ma course préférée de la saison, car l’équipe est canadienne et que je peux piloter devant mes partisans, a dit Stroll. Alors c’est sûr qu’on veut retourner à Montréal. (...) Mais je ne connais pas les détails de ce dossier. Ceci étant dit, j’espère qu’on aura l’opportunité de se rendre au Canada et de passer un peu de temps à la maison.»

«Quand nous avons appris que la course était reportée, nous ne savions même pas s’il allait y avoir une saison, a contextualisé Latifi, le seul pilote recrue en F1 cette saison. Il se peut qu’on s’y rende en octobre, et même si je sais que la température ne sera pas aussi agréable (qu’en juin) - j’espère qu’il n’y aura pas de neige -, c’est très important pour moi de piloter au Canada.

«Et s’il y a une course, j’aimerais qu’elle soit présentée devant des spectateurs, car j’ai l’impression que la sensation de courir au Canada ne serait pas la même devant des gradins vides. C’est spécial à cause des spectateurs», a ajouté le pilote Williams.

Stroll a également rappelé qu’il connaît bien Latifi, même si les deux hommes n’entretiennent pas de véritable relation d’amitié.

«Je l’ai connu en karting au Canada, quand nous étions jeunes. Nous courrions ensemble. C’est un petit monde, le sport automobile. C’est bien de voir un autre Canadien en Formule 1. Je lui souhaite la meilleure des chances cette saison», a mentionné Stroll.

«Je crois que Lance et moi n’avons disputé que deux courses ensemble, en raison de notre différence d’âge, a précisé le pilote qui a fêté son 25e anniversaire lundi. Il en a remporté une, et j’ai gagné l’autre, mais je me souviens que c’étaient des courses très relevées. C’est bien qu’on soit deux Canadiens en F1.»

Le Torontois vivra enfin son baptême ce week-end en F1, après avoir été contraint de rentrer chez lui d’urgence à la veille des essais libres du Grand Prix d’Australie en mars, en raison de la pandémie de coronavirus.

Latifi, qui est originaire de Montréal mais qui a grandi à Toronto, a déclaré qu’il s’attendait à être à la remorque de son coéquipier chez Williams, George Russell, pendant les premières courses du calendrier remodelé.

Le mois dernier, la F1 a dévoilé un calendrier condensé de huit courses pour 2020, qui doit se mettre en branle à compter de ce week-end au Red Bull Ring, un circuit que Stroll affectionne particulièrement.

«C’est une piste où j’ai connu beaucoup de succès au fil de ma carrière junior - dont la Formule 3. J’ai toujours aimé le rythme sur cette piste, ça coule bien, et c’est toujours très serré entre les équipes ici parce que les tours sont très courts. On parle d’une minute et trois ou quatre secondes du tour, alors c’est important de mettre toutes les pièces du casse-tête ensemble et de compter sur les bons réglages. Je suis donc très excité pour le week-end.

«Mais je n’ai pas d’attentes pour le moment, a-t-il poursuivi. Nous n’avons pas encore disputé une course jusqu’ici. Nous allons disputer une course et voir où nous nous situons par rapport au plateau.»

Les huit premières courses se dérouleront à huis clos. Cette directive pourrait cependant être assouplie plus tard pendant la saison, si la situation sanitaire s’améliore.

Une décision concernant la tenue du Grand Prix du Canada à l’automne devrait être prise «vers le début du mois de juillet», selon une source qui a récemment discuté avec La Presse canadienne.

Si le calendrier de la F1 demeure flou, c’est également le cas pour la suite de sa carrière, au-delà de 2020. Stroll, qui est âgé de 21 ans, est demeuré vague à ce sujet, même si des rumeurs ont avancé le mois dernier que Sebastian Vettel, qui a annoncé qu’il quittera Ferrari après la campagne, pourrait se joindre à Racing Point.

Plus d’excuses

Entre-temps, si Stroll veut faire pencher la balance en sa faveur, il devra se concentrer sur ce qui l’attendra en piste ce week-end.

Certains observateurs estiment que les pilotes seront plus combatifs qu’à l’habitude afin d’amasser le plus de points possible en début de calendrier, puisqu’on ignore toujours le nombre de courses que comptera la saison 2020 - même si la FIA a répété qu’elle aimerait en présenter environ une quinzaine. Une perspective qui ne semble pas effrayer Stroll outre mesure.

«Je ne sais pas ce que les autres pilotes pensent. Personnellement, quand je me retrouve dans la voiture, je prends des risques, calculés, pour extraire le maximum de chaque fin de semaine - qu’il y ait huit courses, ou 21. On va voir», a évoqué Stroll.

Une chose est certaine, toutefois, le pilote de Mont-Tremblant est conscient qu’il disposera vraisemblablement de sa meilleure voiture en quatre saisons en carrière en F1. Ce sera maintenant à lui de montrer de quel bois il se chauffe avec la RP20, après que ses détracteurs lui eurent reproché, non sans fondement, certaines lacunes en pilotage au cours des dernières campagnes - notamment en qualifications.

«Oui, c’est vrai que je dois travailler là-dessus. Cependant, il faut savoir que nous ne disposions pas de la voiture la plus compétitive l’an dernier en termes de vitesse. Mais oui, je veux m’améliorer en qualifications et à d’autres endroits, comme en course. Je vais essayer de maximiser chacune des opportunités qui se présenteront à moi.»