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Le trio se trouve à Gjoa Haven, sur l’île du Roi Guillaume au Nunavut.
Le trio se trouve à Gjoa Haven, sur l’île du Roi Guillaume au Nunavut.

Expédition Akor: la traversée de l’archipel arctique en skis complétée

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
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Nicolas Roulx et Guillaume Moreau, ces deux aventuriers de Québec qui tentent de traverser le Canada selon son axe nord-sud ont maintenant complété la première partie de leur périple. Depuis dimanche, ils sont à Gjoa Haven, sur l’île du Roi Guillaume au Nunavut, après avoir parcouru 1400 km en à ski en 64 jours dans le Grand Nord canadien avec leur partenaire Jacob Racine.

«La première section a été très difficile alors que la deuxième a été plus facile», commentait Roulx mardi en entrevue téléphonique avec Le Soleil. Le trio a dû affronter des températures hostiles aussi basses que -50 °C avec le facteur éolien. «C’est de très loin la plus dure expérience de nos vies, et ce même si nous avons déjà fait des excursions de 65 jours en territoire polaire. Il y avait beaucoup de zones où la glace était très morcelée et où il y avait des accumulations de neige. Il fallait trouver des moyens de circuler dans ce véritable labyrinthe de glace qui durait 100 km alors qu’on n’avait pas une très bonne visibilité», explique-t-il.

Ils ont eu besoin des 40 jours qu’ils avaient prévus pour se rendre à Resolute Bay. «Nous n’avions pas de marge de manoeuvre, nous arrivions au bout de nos réserves de nourriture et de combustible pour le réchaud. C’était la vraie affaire, la vraie aventure d’exploration arctique», indique Nicolas Roulx, soulignant que lui et ses comparses ont tout de même toujours gardé le moral à travers les caribous, les boeufs musqués, les phoques et les ours polaires.

Plus facile

La seconde partie du trajet s’est beaucoup mieux déroulée, le trio l’ayant même complétée en 24 jours plutôt que les 40 prévus. «Il faut dire qu’il y a un détroit normalement couvert de glace qui a débâclé très rapidement et il a fallu faire 140 km en avion pour être transportés de l’autre côté, une distance que nous aurions franchie en skis si ça avait été possible», souligne-t-il.

Ainsi, ils ont pu passer deux semaines plutôt qu’une seule à Resolute Bay afin de soigner leurs blessures, des plaies causées essentiellement par le froid et l’humidité. Pour le reste du trajet, ils ont réussi à parcourir en moyenne 25 km par jour plutôt que 20, ce qui les a menés plus vite à Gjoa Haven. «Nous avons eu l’impression de vivre deux expéditions différentes, et même d’être dans deux pays différents, tellement la seconde partie a été plus facile.»

En fait, parfois les trois aventuriers skiaient en t-shirt et même torse nu durant la dernière section du trajet avec des températures qui atteignaient parfois 10 °C pendant la journée. «On a même attrapé des coups de soleil! Croyez-moi, c’est plus facile de skier à -10 °C qu’à 10 °C!»

En canot

Si l’aventure de Jacob Racine s’arrête là, Nicolas et Guillaume repartiront dimanche pour 2000 km en canot avec deux autres partenaires, Philippe Voghel-Robert et Étienne Desbois.

«Ce qui est particulier, c’est que nous serons probablement plusieurs semaines avant de mettre les pagaies dans l’eau. On va d’abord tirer les canots sur la glace et faire des portages, car il faudra faire 100 km sur la banquise avant de rejoindre le continent», explique Nicolas Roulx. Le quatuor empruntera ensuite une route d’eau qui le mènera jusqu’à la communauté autochtone chipewyan de Black Lake, en Saskatchewan, en passant par Baker Lake, le centre géographique du Canada.

«La partie du trajet qui était la plus dure physiquement et mentalement est derrière nous, mais la prochaine partie sera la plus complexe puisqu’on n’a aucune idée de quoi auront l’air les rivières que l’on va remonter», indique Nicolas Roulx. Une fois à Black Lake, Nicolas et Guillaume enfourcheront leurs vélos pour pédaler 4000 km jusqu’au parc national de la Pointe-Pelée, en Ontario, point le plus septentrional du Canada.

En plus de constituer la première traversée du Canada selon cet axe peu emprunté, l’expédition Akor sert aussi à mener un projet de recherche en écologie forestière avec un accent particulier sur l’effet des changements climatiques sur les écosystèmes nordiques de même qu’un projet de recherche en physiologie humaine en partenariat avec l’Université Laval et l’Université du Québec à Rimouski.

Les personnes intéressées à suivre la progression de l’expédition peuvent visiter le site expeditionakor.com et ont aussi la possibilité de s’inscrire à l’infolettre que publient chaque semaine les aventuriers.