Natif de Corée du Sud, Viktor Ahn a remporté quatre médailles, dont trois d’or, aux Jeux de Sotchi en 2014 pour le compte de son pays adoptif, la Russie.

Exclu des Jeux, Ahn exige des explications

La vedette russe du patinage de vitesse courte piste Viktor Ahn a appelé vendredi le Comité international olympique (CIO) à préciser le motif de son exclusion des JO de PyeongChang, estimant qu’il n’existe pas de «raison concrète» à cette décision.

«Il est scandaleux qu’il n’existe pas de raison concrète expliquant mon exclusion des Jeux olympiques», s’est indigné le sportif d’origine sud-coréenne dans une lettre ouverte publiée par l’agence de presse RIA Novosti.

«J’espère que le CIO va enfin annoncer les raisons de mon exclusion, afin que je puisse défendre mon honneur et ma dignité», a-t-il déclaré, rappelant que les JO d’hiver organisés par la Corée du Sud «devaient être un moment particulièrement important de [sa] carrière».

Dans la lettre, publiée par l’Union de patinage russe, Ahn ajoute que sa participation aux Jeux de PyeongChang «aurait représenté un volet important de ma carrière pour plusieurs raisons».

Ahn a remporté le premier de ses trois titres olympiques à titre de représentant de son pays natal.

Ahn est né en Corée du Sud, mais a reçu la nationalité russe avant les Jeux de Sotchi, en 2014. Les dirigeants russes ont indiqué que le Comité international olympique (CIO), qui doit approuver la liste des athlètes de Russie en vue des prochains Jeux, a refusé de lui envoyer une invitation.

Colère en Russie

Questionné au sujet de la lettre, le porte-parole du président Vladimir Poutine a fait savoir que la Russie allait appuyer tous les athlètes, peu importe s’ils participent aux Jeux ou en sont exclus.

«D’importants échanges sont en cours avec le Comité international olympique pour clarifier la situation, de façon à ce que les intérêts de nos athlètes pouvant participer aux Jeux soient sûrs et respectés, a commenté Dmitry Peskov.

«Il y a des athlètes qui défendent leurs droits dans un contexte juridique. Il y a des athlètes qui se tournent vers l’opinion publique. Il y a des athlètes qui en appellent aux leaders du comité olympique. C’est leur droit.»

Mercredi, Thomas Bach avait justifié le processus de sélection des sportifs russes, estimant qu’il existait de «sérieux indices» de dopage contre les Russes écartés des JO de PyeongChang, sans pour autant préciser pour quel motif tel ou tel athlète avait été puni.

La révélation des premiers noms des sportifs exclus des prochains JO, qui auront lieu du 9 au 25 février, a provoqué la colère du milieu sportif en Russie.

Conséquence du scandale de dopage dans le sport russe, le CIO a raboté la délégation russe qui participera aux JO-2018 sous l’appellation «athlètes olympiques de Russie» : elle ne comportera que 169 athlètes, contre 214 lors des Jeux de Sotchi en 2014.

«Malheureusement, des athlètes de premier plan n’ont pas été inclus», a regretté le vice-président du Comité olympique russe, Stanislav Podzniakov, lors d’une conférence de presse, jeudi.

Jeudi, la Russie avait dévoilé une équipe olympique n’incluant pas les noms d’Ahn ou d’autres aspirants russes au podium, notamment le champion fondeur Sergei Ustyugov et le biathlète Anton Shipulin.