Avec son charisme et son talent, Eugenie Bouchard inspire les jeunes joueuses de tennis du Canada, selon Sylvain Bruneau, capitaine de l'équipe canadienne.

Eugenie ou l'impossible rendu possible

«Marie-Ève Pelletier, Aleksandra Wozniak et Stéphanie Dubois ont contribué. Mais là, avec Eugenie, c'est un autre truc. Parce que ça rend l'impossible possible.»
Le tennis a beaucoup évolué au Canada dans les 25 dernières années. Sylvain Bruneau en est un témoin privilégié. De pays organisateur de tournois à pays producteur de talents. Mais avec l'avènement d'Eugenie Bouchard, on atteint un niveau supérieur.
«On l'a vu dans d'autres pays. Tu as une personne qui joue très bien, qui est à la télévision, qui est charismatique et ça incite les gens, les jeunes à prendre la raquette et à essayer le tennis. Eugenie a vraiment ce potentiel-là», observe l'entraîneur-chef du volet féminin à Tennis Canada, faisant aussi référence à Milos Raonic chez les hommes, mais dans une moindre mesure.
«Je sens déjà qu'Eugenie inspire. Difficile de prédire à quelqu'un de 15 ou 16 ans qu'il fera des finales de grand chelem un jour, mais on a des bonnes joueuses qui s'en viennent. Et quand tu vois qu'une fille de chez vous qui a passé par les mêmes étapes est capable d'y arriver, ça démystifie un peu le truc», souligne-t-il
Il mentionne Charlotte Robillard-Millette, de Blainville, quart-de-finaliste aux Internationaux juniors d'Australie, ainsi que l'Ontarienne Katherine Sebov. En l'absence de Bouchard, Robillard-Millette a justement été appelée en renfort à Québec comme quatrième as.
La création de centres nationaux d'entraînement à Montréal, à Toronto et à Vancouver permet d'encadrer les meilleurs espoirs. Bouchard et Raonic y sont passés. Plus récemment Vasek Pospisil, Filip Peliwo et Françoise Abanda.
«Je ne dis pas que s'ils n'étaient pas venus au centre, ils n'auraient pas été au même niveau. Mais je pense que ç'a été quelque chose de positif. À une époque, j'étais seul entraîneur avec les meilleurs juniors au Canada. Je m'occupais des gars et des filles. Maintenant, il y a vraiment toute une équipe de gens compétents en place et ça fait une grosse différence.»
Sumyk, son nouvel entraîneur
Comme nouvel entraîneur d'Eugenie Bouchard, le Français Sam Sumyk semble faire l'unanimité au sein de Tennis Canada.
«C'est une belle nouvelle!» s'exclame Eugène Lapierre, vice-président à Tennis Canada et directeur du tournoi de Montréal. «Il a travaillé longtemps avec Victoria Azarenka [cinq ans], alors il sait ce que c'est d'atteindre le sommet. Et Azarenka est une joueuse que j'aime beaucoup, mais elle a tout un caractère. Alors si ç'a fonctionné, c'est qu'il est capable de s'adapter», selon Lapierre.
Entraîneur-chef du volet féminin au Canada, Sylvain Bruneau parle d'un «très, très bon entraîneur. Très sympathique». Comme Lapierre, Bruneau estime que Bouchard appréciera plus d'encadrement d'un coach qui la suit dans tous les tournois. Ce qui n'était pas le cas de l'Américain Nick Saviano, qui passait beaucoup de temps à son académie, en Floride.
«Eugenie a besoin d'une présence», croit Bruneau, qui ne peut pas compter sur sa vedette à Québec pour la Coupe Fed. Bouchard partait aujourd'hui pour la Belgique, où elle est première favorite du tournoi d'Anvers.