Après avoir vaincu Ana Ivanovic en quarts de finale, Eugenie Bouchard a remercié la «Genie Army» qui lance des animaux en peluche sur le terrain après chacune de ses victoires aux Internationaux d'Australie.

Eugenie Bouchard épate Jacques Hérisset

Les yeux rivés sur son écran comme plusieurs, Jacques Hérisset n'a rien raté de la victoire d'Eugenie Bouchard contre Ana Ivanovic en quarts de finale des Internationaux de tennis d'Australie, lundi soir. Le directeur du Challenge Bell s'en doutait depuis quelques années - et il en a maintenant la confirmation -, la jeune raquette québécoise n'a peur de rien!
«C'est qui ça?» blaguait l'homme de tennis lorsqu'on lui a demandé de nous parler de la vedette de l'heure, autant ici qu'ailleurs.
«Quand tu regardes sa progression au classement de la WTA, il n'y a personne qui aurait pu prédire que ça aurait été aussi rapide. L'an dernier, elle est passée de la 142e place à la 32e, ce qui lui a valu le titre de la joueuse ayant le plus progressé du circuit. Et là, à son premier tournoi du grand chelem de la saison, la voilà en demi-finale, c'est du jamais-vu», a indiqué celui qui estime que le top 20 est à portée de main selon ses calculs.
Ce qui l'épate dans le jeu de celle qui a participé au tournoi de Québec au cours des deux dernières années, c'est son attitude sans peur sur le court. À ce niveau, la force psychologique est aussi importante que le jeu technique pour atteindre le sommet, et surtout, s'y maintenir.
«Force mentale de fer»
«Les gens vont le découvrir, Eugenie n'a peur de rien. Dans sa tête, elle veut être la numéro un. Pour n'importe quel jeune, c'est difficile de se développer. À part Serena [Williams], les filles qui ont été numéro un au monde ont eu de la misère à tenir le coup. Eugenie possède une force mentale de fer», soulignait celui qui connaît bien le milieu du tennis féminin.
Après la victoire de Bouchard au tournoi de Wimbledon Junior, Hérisset a senti qu'une vague venait de naître au large. Elle frappe maintenant la rive avec force.
«Tout le monde parle d'Eugenie, au Québec, au Canada, partout dans le monde. Pour le tennis canadien, c'est énorme, ce qu'elle fait. Déjà, après sa victoire à Wimbledon, elle attirait l'attention et captait l'imaginaire. Lorsqu'on demande aux jeunes filles qui est leur joueuse préférée, elles répondent Eugenie Bouchard sans hésitation», a expliqué celui qui dirige l'École Hérisset-Bordeleau en compagnie de son collègue de toujours.
Le spécialiste ne voit pas beaucoup de défauts dans le jeu de Bouchard. Il la trouve «très bonne techniquement, intelligente tactiquement, articulée dans ses propos, belle à regarder», énumérait-il.
Les visiteurs au Challenge Bell ont noté, l'automne dernier, qu'elle pouvait aussi se choquer à l'occasion. «Son coach nous disait qu'elle travaillait là-dessus, ça ne dure pas longtemps», a rappelé Hérisset, qui apprécie l'approche de Nick Savario, qui dit à sa protégée de «profiter du moment, de s'amuser, que c'est mérité».
Le directeur du Challenge Bell tentera encore de l'inviter au PEPS, en 2014. Sa présence irait de soi, selon lui. «Je rêve toujours de voir une Québécoise remporter le tournoi, on attend après ça», a ajouté celui qui souligne la participation de Bouchard et d'Aleksandra Wozniak dans le carré d'as, ces dernières années.
Bref, Hérisset invite les gens à se réjouir du succès de la jeune femme de 19 ans. «On a le droit d'être fier. Nous sommes portés à aduler les joueuses dont les noms de famille se terminent en "ic" ou en "ov". Là, c'est Bouchard, une fille de chez nous. Moi, j'y crois, elle peut aller jusqu'au bout!»