Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada et Jacques Hérisset, directeur de la Coupe Banque Nationale, refusent de jeter l’éponge sur le cas d’Eugenie Bouchard, qui a préféré l’Asie au Québec. Malgré ses difficultés, Eugenie aide aux guichets et au prestige du tournoi.

Eugenie Bouchard a «le syndrome Daniel Brière»

Même classée 111e au monde, Eugenie Bouchard a encore préféré l’Asie à Québec. Mais les organisateurs de la Coupe Banque Nationale ne jettent pas l’éponge pour l’an prochain.

«Eugenie, c’est un peu le syndrome Daniel Brière. C’est difficile de jouer à la maison», a constaté le vice-président de Tennis Canada, Eugène Lapierre, à l’heure de tracer son bilan du tournoi dont l’organisme est propriétaire depuis trois ans.

Lapierre fait référence au petit joueur de centre québécois, qui avait connu l’une de ses pires saisons en carrière lors de sa seule campagne avec le Canadien de Montréal.

«Mais on ne jette pas la serviette pour l’an prochain. Quoiqu’avec ce qui s’est passé à Hiroshima, c’était mieux de se passer là-bas qu’ici», poursuit Lapierre.

Au lieu de Québec, Bouchard participait au tournoi d’Hiroshima, compétition à 250 000 $US en bourses comme celle de Québec. Elle y a été éliminée dès la première ronde par la 138e mondiale, 6-4 et 6-4. Elle s’est ensuite qualifiée pour le tableau principal de Tokyo (800 000 $US), qui commence lundi. La possibilité d’enchaîner plusieurs tournois en Asie joue aussi pour beaucoup.

Bouchard a disputé quatre fois le tournoi de Québec, atteignant la demi-finale en 2013. Mais les trois autres fois jamais plus que le deuxième tour, comme sa dernière visite conclue en queue de poisson, en 2016. Même chose à Montréal, tournoi dont Lapierre est directeur. À part sa troisième ronde en 2016, Bouchard n’a pas gagné d’autre match à la Coupe Rogers quand elle est à Montréal depuis 2012. Et elle y joue chaque année.

Même sans Bouchard, les Canadiennes ont profité de leur présence à Québec cette semaine pour améliorer leur classement. Trois sur quatre ont joué en deuxième ronde et la revenante Rebecca Marino a atteint les quarts, et ce, même si aucune n’était au tableau principal grâce à son classement.

La mission première de Tennis Canada avec ce tournoi demeure donc de «continuer à développer nos joueuses. La saveur locale est très importante», souligne Lapierre.

Elle aide aussi aux guichets. Surtout une vedette comme Bouchard. Ou d’autres visages connus d’anciennes top 10 mondiales. Impossible cette année ni dans un cas ni dans l’autre.

Foules décevantes

Ce qui donne des foules décevantes toute la semaine dans l’amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval. Lapierre admet qu’après 2019, toutes les options restent ouvertes pour la poursuite ou pas du tournoi à Québec.

Il ajoute que l’idéal, «pour être heureux», serait de hausser les revenus de billetterie des 15 % actuels à 25 % dans le futur. «Mais on est à l’intérieur, la plus belle semaine de l’été. On se bat contre ça», dit l’homme de tennis, qui rêve d’une place en février au calendrier de la WTA.

La sortie rapide dès le premier tour de la première favorite et 20e mondiale Aryna Sabalenka n’aura pas aidé, tandis qu’une autre jeune joueuse, Sofia Kenin (67e), cinquième favorite et demi-finaliste, a raté une belle occasion de faire sa marque. Elles ont 20 et 19 ans.

Ce qui prouve, selon le directeur de tournoi Jacques Hérisset, toute la profondeur du tableau encore cette année. «Ceux qui sont venus [voir les matchs] vont revenir», assure Hérisset.