Les coéquipiers de Nathan Gaucher célèbrent avec lui son but en troisième période.

Et de 400 victoires pour Patrick Roy! [VIDÉO]

La victoire de 5 à 2 des Remparts de Québec sur le Drakkar de Baie-Comeau avait un cachet spécial dimanche puisque c’était la 400e de l’entraîneur-chef Patrick Roy en huit saisons à la barre des Diables rouges.

Parmi les 10 entraîneurs qui comptent 400 victoires dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Roy est celui ayant eu besoin du moins grand nombre de matchs pour atteindre ce plateau, avec 673. «Ça signifie avant tout que je suis un gars chanceux qui a eu un patron extraordinaire en Jacques Tanguay, qui m’a fait confiance et m’a permis de travailler à ma guise. J’ai aussi eu des joueurs extraordinaires. D’ailleurs, je donne tout le crédit aux joueurs parce que je n’en avais même pas parlé avant le match. Je n’ai jamais été confortable à mettre mes choses en avant», a commenté Roy après la partie.

Il a ajouté qu’il trouverait assurément une place pour la rondelle de cette 400e victoire à travers tous les trophées et honneurs qu’il a remportés durant sa carrière de gardien de but et d’entraîneur. «Il y a toujours de la place pour ça chez moi. Pour le reste, je ne me fixe pas d’objectif quant au nombre de victoires en carrière. Je souhaite seulement continuer à avoir du plaisir quand je vais à l’aréna. Quand je n’aurai plus de plaisir, je vais arrêter.»

On croit Roy sur parole quand il affirme ne pas avoir abordé la question de sa 400e victoire avec ses protégés. Troisième étoile du match, le gardien de but Tristan Côté-Cazenave, n’était même pas au courant que son entraîneur s’approchait de cette marque.

«Je ne le savais pas... C’est sûr qu’on est content, mais personnellement, je n’étais pas au courant que c’était sa 400victoire», a avoué bien honnêtement le cerbère qui a bloqué 18 rondelles.


« Je donne tout le crédit aux joueurs parce que je n’en avais même pas parlé avant le match »
Patrick Roy

Son coéquipier Pierrick Dubé, qui a réussi son second tour du chapeau de la saison, avait cependant été mis au parfum. «J’ai vu ça passer quelque part qu’il approchait de sa 400victoire et on en a parlé une couple de gars ensemble. C’est toujours agréable de gagner pour ton coach», a commenté l’attaquant qui venait de taquiner Côté-Cazenave pour son ignorance sur la question.

On sentait également la reconnaissance de Dubé envers son entraîneur pour les bons moments qu’il vit présentement sur la patinoire. «J’ai eu une phase où ça allait moins bien sur la glace et hors glace et j’avais eu une grosse discussion avec Patrick. C’est l’fun de vivre de beaux moments maintenant», a-t-il indiqué.

Roy avait également de bons mots pour Dubé après la partie. «Je suis content de voir Pierrick jouer comme il joue présentement. Il n’est pas toujours parfait, mais il travaille avec intensité. J’ai aussi aimé notre kid line avec [Nathan] Gaucher, [James] Malatesta et [Cole] Cormier qui ont connu un gros match, de même que nos jeunes défenseurs.»

Passage à vide

Gaucher et Dylan Schives ont marqué les autres buts des Remparts alors que Valentin Demchenko du Drakkar avait inscrit le premier but du match en déjouant Côté-Cazenave à 2:38 de la première période. Les Remparts ont connu un sérieux passage à vide en deuxième période et Nathan Légaré a profité d’une bourde de Darien Kielb pour égaler la marque 2 à 2 en avantage numérique.

Pour l’entraîneur du Drakkar, Jon Goyens, la performance des siens n’était pas à la hauteur. «On ne peut pas se permettre de jouer des périodes comme ça», a-t-il déclaré en faisant référence au premier engagement lors duquel les siens n’ont obtenu que trois lancers au filet.

«On n’a pas été assez forts en échec avant. On «pêchait pour la rondelle» , on a juste eu trois mises en échec... Depuis un bout, c’est vrai, on commence soft...», a commenté celui qui a cependant avoué avoir traversé des séquences semblables l’an dernier, alors qu’il dirigeait les Lions du Lac-Saint-Louis dans la Ligue de hockey midget AAA du Québec.

«L’important, si on ne gagne pas, c’est d’apprendre. Il ne faut pas qu’on sorte du match avec un langage corporel de perdants, sans ça on est des perdants. J’en ai vécu, des séquences comme ça, au niveau midget AAA. On s’est fait geler par Magog et Lévis l’an dernier, mais le timing était parfait et on a appris de cela», a-t-il déclaré.

«Maintenant, on va jouer six matchs en dix jours et cinq matchs en huit jours. Ce ne sera pas facile, mais ce n’est pas supposé l’être», a conclu Goyens.

NOTES: Ils étaient 13 036 spectateurs à assister à la 400e victoire de Roy comme entraîneur des Remparts. Il s’agissait de la meilleure foule de la saison au Centre Vidéotron grâce à un bon coup de main de la promotion du «Match Maxi» où des billets gratuits sont offerts à l’achat de «produits vedettes» en épicerie... Avant la partie, les Remparts de Québec ont honoré leur gérant de l’équipement Stéphane Savard pour ses 800 matchs avec la formation. L’organisation lui a remis une plaque et un chandail de l’équipe portant le numéro 800... Côté-Cazenave a reçu le titre de joueur étudiant du mois de février chez les Remparts. Inscrit en sciences humaines au cégep à distance, le gardien de but de 20 ans a maintenu jusqu’à maintenant une moyenne de 89 % dans ses cours de la session d’hiver...

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LE RETOUR RÉUSSI DE CHARLES-ANTOINE GIGUÈRE

Quand Charles-Antoine Giguère a commencé la saison avec les Wolverines de Whitecourt, dans la Ligue junior de l’Alberta, il avait toujours derrière la tête de revenir terminer sa dernière saison dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

«L’an passé, il y avait un surplus de joueurs de 19 ans dans la Ligue. On raconte qu’il y en avait une centaine, alors ça faisait plusieurs gars qui bataillaient pour les 54 places de joueurs de 20 ans disponibles dans la Ligue», expliquait dimanche le natif de Saint-Georges-de-Beauce avant le match du Drakkar de Baie-Comeau contre les Remparts.

Il n’est même pas retourné au camp d’entraînement de son équipe de l’an dernier, les Wildcats de Moncton, qui avaient déjà Jeremy McKenna, Mika Cyr et l’ex-Remparts Christian Huntley comme joueurs de 20 ans.

«J’ai joué six matchs à Whitecourt, une ville à près de 200 km au nord-ouest d’Edmonton, et j’ai reçu un appel du Drakkar quand Keenan MacIsaac s’est blessé. On m’a dit que je jouerais au moins jusqu’aux Fêtes et peut-être plus selon ma performance», raconte-t-il.

18 buts et 15 aides plus tard

Dix-huit buts et 15 aides plus tard, Giguère est toujours un Drakkar. «Ils ont décidé d’échanger Thomas Éthier aux Tigres de Victoriaville, donc il y avait encore de la place pour moi après les Fêtes. Ça se passe plutôt bien pour moi», poursuit celui qui est le fils de l’ancien directeur général de l’équipe de Saint-Georges dans la Ligue nord-américaine de hockey, Martin Giguère.

Après avoir raté trois semaines de jeu en raison d’une commotion cérébrale, Charles-Antoine Giguère est heureux de retrouver la glace et d’aider son équipe qui se dirige vers les séries de fin de saison.

«Une surprise»

«On sait qu’on va faire les séries, alors on se prépare dans le but de causer une surprise. C’est ce qu’on avait fait à Moncton l’an passé en sortant le Drakkar en sept matchs en première ronde. Mon équipe sera encore considérée comme négligée, mais la différence, c’est que maintenant, je fais partie du Drakkar», explique-t-il.

Comme le match de dimanche est le dernier du calendrier régulier entre le Drakkar et les Remparts au Centre Vidéotron, plusieurs membres de la famille et amis de Charles-Antoine se sont déplacés de la région de Québec et de la Beauce pour venir saluer ce qui sera probablement son dernier match à Québec.

«Ce sera un peu spécial comme sensation, il devrait y avoir une cinquantaine de mes proches dans les gradins», termine-t-il.

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FRATTAROLI DE RETOUR

Ayant passé la dernière saison avec les Remparts, l’ailier du Drakkar de Baie-Comeau Brandon Frattaroli était de retour dimanche pour une dernière fois cette année dans son ancien domicile. «C’est toujours agréable de jouer contre son ancienne équipe. Même s’il y a eu beaucoup de transactions du côté des Remparts, il y a quand même [Dylan] Schives, [Nicolas] Savoie et [Pierrick] Dubé avec qui j’ai joué l’an passé», affirmait le natif de Pierrefonds avant la partie. «Autant nous que les Remparts sommes des équipes en reconstruction. L’an dernier, c’était un peu le cas aussi même si on avait des gars comme [Philipp] Kurashev et [Andrew Coxhead] alors je sais ce que c’est. Il y avait beaucoup de jeunes à Québec», poursuit-il. La «période de reconstruction» du Drakkar s’est confirmée quand le Drakkar a choisi d’échanger Gabriel Fortier et Xavier Bouchard respectivement aux Wildcats de Moncton et aux Eagles du Cap-Breton en retour d’espoirs et de choix au repêchage. «Dans une équipe en reconstruction, le rôle d’un joueur de 19 ans comme moi est important. Même si je n’ai pas de lettre sur mon chandail, je veux être un leader dans l’équipe autant sur la glace qu’à l’extérieur de la patinoire», termine Frattaroli.