Jean Anderson n’en revenait pas encore au bout du fil. «C’est gros! C’est gros! En 1982, j’avais 23 ans et je voyais les 35-40 ans comme des vieillards!

Et de 100 pour Jean Anderson!

Quand il a commencé à s’adonner au canot sur glace en 1982, le barreur Jean Anderson ne s’attendait jamais à remporter 100 victoires. C’est pourtant le cap historique qu’il a atteint samedi avec l’équipe Le Château Frontenac/Le Soleil lors de la course de L’Isle-aux-Coudres.

Anderson n’en revenait pas encore au bout du fil. «C’est gros! C’est gros! En 1982, j’avais 23 ans et je voyais les 35-40 ans comme des vieillards! Je ne voulais surtout pas qu’un vieillard soit devant moi en canot!», rigole celui qui fêtera son soixantième anniversaire dans un mois. «On dirait que les plus jeunes ne pensent plus comme ça aujourd’hui!», ajoute-t-il dans un éclat de rire.

100 en 150

Anderson a remporté cette centième victoire à sa 150e course en carrière, des sommets jamais atteints. «C’est notre quatrième victoire en cinq courses cette année et elle nous assure un douzième championnat consécutif», poursuit Anderson, dont l’équipe a tout raflé depuis la création du championnat en 2006.

Il tient à préciser que son équipe, samedi, comptait aussi deux autres «vieux», à savoir son frère Jacques, âgé de 58 ans, et Michel Lessard, qui a aussi 59 printemps. «Et en plus, nous sommes tous ingénieurs», fait remarquer Anderson. «Mais nous avons aussi avec nous deux «jeunes» qui nous donnent des «poumons», François Drolet, âgé de 46 ans et qui a remporté une médaille d’or à Nagano en patinage de vitesse sur courte piste, et Éric Desroches, un pompier de 38 ans adepte de l’entraînement en salle», précise-t-il.

Passion et perfectionnisme

«C’est ce que ça prend pour performer et atteindre un chiffre comme celui des 100 victoires: des passionnés. Hier, en qualifications, on avait pris la troisième place et on avait fait des erreurs. Nous avons tout analysé pour corriger ce qu’on pouvait corriger. Et aujourd’hui, même si on a gagné, on n’allait pas assez vite et on va aussi apporter des correctifs», poursuit Anderson, qui sera à Montréal samedi et au Grand défi des glaces le 9 mars avec son équipe pour conclure la saison. Et pas question de lever le pied même si le championnat est déjà acquis.

Il faut dire que Anderson a appris son art des frères Yves et Guy Gilbert, deux autres ingénieurs adeptes de canot sur glace qui avaient invité le «jeune» Anderson à se joindre à eux il y a plus de 35 ans. «Ils manquaient de monde dans leur équipe et moi, je faisais déjà du kayak avec Guy. C’est comme ça que j’ai joint leur équipe. Guy concevait les coques de toutes ses embarcations et m’a aussi montré comment le faire. C’est quand j’ai déménagé à Trois-Rivières pour ma maîtrise que j’ai formé ma propre équipe avec mes frères et quelques amis», poursuit-il, rappelant que le Château Frontenac est aussi associé à lui en tant que commanditaire depuis déjà 36 ans.