Bien conscient que plusieurs boxeurs présents lors du gala du 7 avril ont déçu la foule, le promoteur Camille Estephan (au centre de David Lemieux et Karim Achour) espère que la carte qu'il a mise sur pied pour samedi sera à la hauteur des attentes.

Estephan veut faire oublier la carte du 7 avril

La soirée de boxe de samedi en sera une de rédemption. Autant pour David Lemieux, enfin en santé, que pour son promoteur et organisateur du gala, Eye of the Tiger Management, qui veut cette fois offrir un produit à la hauteur aux gens de Québec.

Le premier essai d’Eye of the Tiger au Centre Vidéotron n’est pas passé inaperçu, début avril. L’entreprise montréalaise dirigée par Camille Estephan a été la cible de sévères critiques concernant la forme physique de certains boxeurs, surtout les trois poids lourds venus du Mexique.

«On a été déçu de l’adversaire de Simon Kean [le 7 avril], pas par son calibre de boxe, mais par son excès de poids. Il n’avait pas la forme qu’on attendait. Il faut prendre les critiques constructives et on a beaucoup à démontrer samedi soir», a reconnu Estephan, mercredi, lors de la conférence de presse tenue dans le vaste hall d’entrée de l’amphithéâtre de Limoilou.

L’homme d’affaires croit cette fois avoir mis sur pied une carte de boxe de grande qualité, du début à la fin. Son équipe s’est tournée vers cinq Argentins et seulement trois Mexicains pour affronter leurs poulains en préliminaires, en plus de deux pugilistes de l’Ouest canadien. Clayton, Jukembayev, Bazinian, Thibault et les autres assurent un programme costaud, estime le promoteur.

Quant à Lemieux, plus question de le faire boxer blessé. «Je n’embarquerais plus dans le ring avec l’épaule que j’avais contre Saunders», a lui-même reconnu Lemieux, sans vouloir jeter le blâme sur quiconque.

N’empêche que sa défaite aux points contre le Britannique Billy Joe Saunders, en combat de championnat du monde WBO, en décembre dernier, l’a fait reculer sur l’échiquier mondial des meilleurs poids moyens. Le Montréalais de 29 ans n’a pas savouré la victoire depuis un an et a du chemin à faire avant de regrimper dans le même ring que Gennady Golovkin ou d’affronter Canelo Alvarez, son principal objectif.

Viser la «brutalité absolue»

Lemieux (38-4, 33 K.-O.) doit passer par le Français Karim Achour (26-4-3, 4 K.-O.), samedi, à Québec. Une infiltration de cortisone semble avoir remis une éventuelle intervention chirurgicale à l’épaule gauche aux calendes grecques, ce qui réjouit Lemieux au maximum.

«L’opération, c’est mon plus gros cauchemar. Si je peux repousser ça jusqu’à la fin, je le ferai», indique celui qui, dans le cas contraire, serait forcé à l’inactivité pendant une année complète.

«Contrairement à mon habitude, je n’ai pas rendu visite au médecin durant mon camp d’entraînement. Ce qui est une très bonne nouvelle pour moi, mais une mauvaise nouvelle pour Karim Achour», poursuit Lemieux, disant ne «pas absolument» viser le knock-out, mais bien «la brutalité absolue».

«En théorie, David est favori, on le sait. Mais nous sommes venus montrer que la pratique est différente de la théorie. Samedi, Karim va réaliser l’un des exploits les plus retentissants dans l’histoire de la boxe», a pour sa part prédit le promoteur d’Achour, Mehdi Lafifi.

Son protégé a prédit la défaite de Lemieux au huitième round. «Je lui souhaite juste de se rendre, au huitième round!» a rétorqué le Québécois. Ils se disputeront les titres WBC international et francophone des 160 lb.

Avec la notoriété de Lemieux, Estephan souhaite attirer au-delà de 5000 spectateurs au Centre Vidéotron. Plus que les 4216 venus voir Kean, en avril. Lemieux s’est incliné contre Saunders devant 7916 amateurs, à Laval, tandis que 6000 personnes étaient allées le voir battre Cristian Rios en 2016, au Centre Bell, dans un combat sans ceinture.

La demi-finale oppose Custio Clayton (14-0, 10 K.-O.) et l’Anglais Stephen Danyo (14-0-3, 6 K.-O.), deux membres du top 10 mondial de la WBO. En tout, la soirée comptera 12 combats.

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Au moins 300 personnes de l'entourage élargi de Vincent Thibault ont déjà acheté leur billet pour le gala de samedi.

THIBAULT : «JE NE SUIS PAS SEUL SUR LE RING»

Opposé à un Argentin de 39 ans, Vincent Thibault pourrait avoir tendance à prendre son combat de samedi à la légère. Mais le poids super-moyen de 25 ans de Charlesbourg ne compte pas baisser son jeu d’un cran. Et si jamais cela arrive, ses partisans seront là pour le lui rappeler.

«Je ne suis pas seul quand je monte sur le ring», affirme Thibault. Il parle de son fan-club, sa horde de supporteurs baptisée Team Tibo. Ils occupent toute une section de l’aréna et font beaucoup de bruit. Déjà, c’est autour de 300 billets qui ont trouvé preneurs dans son entourage élargi. Le nouveau t-shirt de Team Tibo sera cette fois d’un beau mauve avec des lettres dorées.

«La meilleure place pour se battre, c’est à Québec. Mon monde est très présent. Ils sont pas mal intenses et ça reflète bien ce que je suis. Je suis intense dans tout ce que je fais, je ne fais jamais les choses à moitié. Comme eux. Alors je suis choyé de les avoir», dit celui qui habite Montréal depuis son passage dans les rangs professionnels, l’an dernier, mais qui garde toujours ses racines dans la capitale.

Thibault (4-0, 2 K.-O.) se frottera à Carlos Adan Jerez (45-21-4, 18 K.-O.), qui a croisé la route de quatre futurs ou anciens champions du monde durant sa longue carrière professionnelle amorcée en l’an 2000. Le plus connu est Saul «Canelo» Alvarez, en 2008, et aussi Vyacheslav Senchenko, en 2013.

«Bernard Hopkins a pris sa retraite à 51 ans... L’expérience permet à un gars de ne pas se faire faire mal, de survivre dans les moments difficiles et de bien voir les occasions. En plus, c’est mon premier combat de six rounds, une marche de plus dans mon avancement», résume Thibault qui, après avoir créché chez sa mère mardi soir, a retrouvé l’environnement contrôlé de l’hôtel depuis mercredi.