El-Hadj N’Doye, Isaline Hountondji, Noémie Jeffrey et Jean-Simon Desgagnés entourent l’entraîneur-chef du Club d’athlétisme Rouge et Or Joël Bourgeois.

Entraîner, ça ne s’oublie pas pour Joël Bourgeois

Joël Bourgeois n’est pas un néophyte en tant qu’entraîneur d’athlétisme. De 2004 à 2010, il a joué ce rôle avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton. Un boulot que l’ex-athlète olympique a repris il y a deux mois avec le Rouge et Or de l’Université Laval avec huit fois plus d’athlètes sous sa responsabilité.

«Pendant les huit dernières années, j’étais papa au foyer!» a lancé Bourgeois, mercredi, lors du lancement de la saison du club d’athlétisme du Rouge et Or. Installé à Québec depuis 2010, où sa conjointe avait décroché un emploi, il n’avait cependant pas complètement délaissé le travail d’entraîneur.

«Il y avait un groupe d’ados que j’avais commencé à coacher qui sont maintenant adultes et pour qui je suis demeuré un mentor privé. J’ai aussi été l’entraîneur privé de plusieurs marathoniens à Québec», précise Bourgeois.

C’est un concours de circonstances qui l’a amené à la tête de l’équipe du Rouge et Or. «Quand le centre provincial d’athlétisme de haute performance s’est installé au PEPS, mon prédécesseur, Félix-Antoine Lapointe, en a pris la tête. Il restait donc une place ouverte comme entraîneur du club d’athlétisme. Personne n’avait vu ça venir.»

Bourgeois avoue que s’il n’a jamais perdu ses réflexes d’entraîneur, il devra faire un gros travail de réadaptation au niveau administratif. «Par exemple, les règles d’admissibilité, les rapports financiers, ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas touché à ça», avoue-t-il.

«Depuis mon arrivée à Québec, j’ai toujours regardé de loin ce qui se passait avec le Rouge et Or», poursuit Bourgeois, lançant quelques fleurs à l’organisation.

«En 2010, le Rouge et Or n’était pas une puissance au Québec en athlétisme. Les grandes forces étaient l’Université de Sherbrooke et McGill. Ce club qui ne performait pas est devenu un club qui domine au niveau provincial et qui figure aussi très bien sur la scène canadienne.»

Effectif important

Bourgeois aura maintenant 300 athlètes sous sa responsabilité, lui qui n’a jamais eu à travailler avec un effectif de cette ampleur. «Le travail d’entraîneur-chef, je l’avais fait à Moncton, mais maintenant, c’est dans une échelle de 1 pour 8 en terme de population étudiante et de nombre d’athlètes. C’est spécial d’apprendre à gérer une aussi grosse organisation.»

«Je suis le petit nouveau, mais aucun des autres entraîneurs n’a changé dans cette structure déjà bien établie», précise-t-il, en rappelant que Félix-Antoine Lapointe demeurera entraîneur de l’équipe de cross country en plus d’être l’entraîneur personnel d’une dizaine d’athlètes d’endurance.

Cartes maîtresses

Bourgeois hérite donc d’une équipe qui a remporté l’an dernier le championnat provincial, tant chez les hommes que chez les femmes, et qui a conservé plusieurs de ses meilleurs éléments malgré des départs importants comme Peter Malonge Nsaka ou Nicolas Morin, qui avait été élu athlète masculin de l’année en 2017.

Coach Bourgeois mentionne immédiatement Simon Beaulieu, champion canadien universitaire au lancer du poids qui en est à sa dernière année d’admissibilité, et Jean-Simon Desgagnés, recrue de l’année au Québec, parmi les principales cartes dans son jeu. Il a également déjà commencé à penser au recrutement, une part importante de son nouveau travail.

«Vous savez, dans le sport universitaire, il faut renouveler 25 % de l’effectif chaque année parce que les athlètes sont là pour trois ou quatre ans, parfois cinq ans au maximum.»

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DESGAGNÉS VISE HAUT

À sa deuxième année avec le Rouge et Or, l’athlète de fond Jean-Simon Desgagnés vise haut. Recrue de l’année en cross country au Canada et recrue de l’année au Québec en athlétisme, l’étudiant en médecine ne craint pas la proverbiale guigne de la deuxième année. «J’ai obtenu une deuxième position en cross country alors que j’avais été 16e l’an passé. Je suis très satisfait de ma progression. Je vise maintenant un championnat provincial sur 1500 m et sur 3000 m. Au niveau canadien, je voudrais avoir de meilleures performances que l’an dernier, où j’avais terminé en septième et en neuvième place.» Bon ami du demi défensif de l’équipe de football du Rouge et Or Émile Chênevert, qui étudie lui aussi la médecine, Desgagnés réussit bien à concilier sport et études. «Quand tu mets les efforts et que tu adoptes certaines routines, ça va bien, tu peux mener les deux de front», explique-t-il à propos de son régime d’entraînement de 22 à 23 heures par semaines. «C’est plaisant de se changer les idées de l’école de temps à autre, ça amène de l’équilibre dans ta vie. Je sais que je vais moins étudier pour mon examen si j’ai une compétition la même fin de semaine, mais j’arrive à bien concilier tout ça.»

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UN EX-REDMEN À LA RESCOUSSE

L’équipe d’athlétisme du Rouge et Or pourra compter cette année sur la présence de El-Hadj N’Doye, un ancien de l’équipe de football et de l’équipe d’athlétisme des Redmen de McGill. Le transfuge s’entraîne depuis janvier avec Laval, mais ne pouvait participer aux épreuves avant cette année en raison de son statut de transfuge. «J’ai joué au foot et j’ai commencé l’athlétisme pour me préparer au repêchage de la Ligue canadienne de football. En fin de compte, je préférais de beaucoup l’athlétisme et je me suis dit que ça ne donnait rien de continuer le football», explique celui qui vise un podium aux championnats canadiens sur 60 m ainsi qu’à l’épreuve du 4 X 100 m.