Milos Raonic a crié sa joie après être venu à bout de Roger Federer en cinq sets.

Enfin un Canadien en finale!

Milos Raonic est devenu le premier Canadien à atteindre une finale d'un tournoi du grand chelem en éliminant Roger Federer 6-3, 6-7 (3), 4-6, 7-5 et  6-3 à la suite d'un marathon de 3 heures et 24 minute, vendredi à Wimbledon.
Avant cette défaite, Federer (no 3 au monde) n'avait jamais perdu en 10 demi-finales à Wimbledon. Il avait notamment battu Raonic (no 7) en 2014. Il détenait aussi l'avantage 9-2 dans les affrontements contre l'Ontarien.
«C'est une merveilleuse sensation à plusieurs niveaux. Ce qui s'est produit ici il y a deux ans fut très décevant. Mais j'ai persévéré, j'ai continué de foncer. J'ai connu des ennuis pendant plusieurs points dans ce match... J'ai gardé mon sang-froid, et je crois que c'est ce qui a fait la différence.»
Raonic a donc franchi un palier à 25 ans en faisant flancher le septuple champion de Wimbledon. «Ça aura un bien plus grand impact si je peux gagner la finale», a déclaré l'Ontarien à la BBC. «C'est là-dessus que je dois porter mon attention en premier. Je dois y mettre toute mon énergie.»
La commande est de taille, puisqu'il a rendez-vous avec le Britannique Andy Murray, le chouchou du public de Wimbledon. Vainqueur en trois manches de 6-3 du Tchèque Tomas Berdych, le numéro deux mondial en sera à sa troisième finale à Londres - sa 11e en grand chelem. Il aura l'occasion de soulever le trophée une deuxième fois, trois ans après son unique sacre.
Le dernier duel Murray--Raonic, lors de la finale du Queen's huit jours avant le début de Wimbledon, n'avait pas déçu. Il avait tourné à l'avantage de l'Écossais - 6-7 (5), 6-4, 6-3 -, mais le Canadien avait mené 3 jeux à 0 dans la deuxième manche après avoir remporté la première avec panache.
Rivalité renouvelée
Un autre duel se jouera à distance en tribunes entre deux grands noms du tennis, rivaux dans les années 70 et 80 : Ivan Lendl et John McEnroe, qui conseillent respectivement Murray et Raonic. McEnroe a remporté à trois reprises Wimbledon (1981, 1983, 1984), mais Lendl, qui y a perdu deux finales (1986 et 1987), jamais. C'est le seul trophée majeur qui manque à son palmarès en tant que joueur.
Raonic attribue d'ailleurs une partie de ses succès à McEnroe. «Il m'a dit : ''Laisse tout sur le court.'' J'ai démontré beaucoup d'émotions, toujours positives, et je pense que ça m'a aidé mentalement. J'ai joué l'un de mes meilleurs matchs en carrière et je pense que ça a fait une grosse différence.»
Raonic a fait preuve d'une remarquable force mentale pour renverser la situation contre Federer. Il a fait pleuvoir les as (23 contre 16) et les coups gagnants (75 contre 49), même s'il a commis près de trois fois plus de fautes directes (40 contre 14). Le Canadien a aussi effacé huit des neuf balles de bris que le numéro 3 mondial s'est procurées.
Eugenie Bouchard était devenue la première Canadienne à participer à la finale d'un grand chelem quand elle s'était inclinée en deux sets devant la Tchèque Petra Kvitova sur la pelouse du All England Club en 2014.  Avec AFP
Une défaite qui fait doublement mal
La défaite de Roger Federer contre Milos Raonic a fait mal, au propre comme au figuré. Le Suisse de 34 ans a glissé en fin de match et est mal retombé sur le genou gauche, qui avait fait l'objet d'une arthroscopie en février. «J'espère seulement ne pas m'être blessé. Est-ce quelque chose qui va durer 24 heures, trois jours ou plus? Je ne sais pas pour l'instant. J'espère que ce n'est pas trop grave. J'espère que les choses iront bien. Je pense que ça va, mais j'en saurai plus au réveil.»
Il refusait de tenir cette glissade responsable de sa défaite contre Raonic. «Je ne me sentais pas pareil après la chute. Néanmoins, il a super bien joué pour obtenir le bris [après la glissade]. Et que je sois frais et dispo ou blessé, cela n'aurait sans doute pas changé grand-chose parce qu'il servait à 230 km/h de toute façon», a souligné Federer, qui s'est aussi fait soigner une cuisse en cours de match. On ne reverra peut-être pas avant les Jeux de Rio , à moins qu'il ne s'aligne au Masters 1000 de Toronto (25-31 juillet).  AFP