Stephen et Denise Smith sont venus d’Orlando, en Floride, expressément pour assister au Grand Prix cycliste de Québec. Mercredi, dans le hall du Château Frontenac, le couple a rencontré quelques vedettes du World Tour, dont le favori Greg Van Avermaet.

Enfin le tour de Van Avermaet à Québec?

Trois deuxièmes places, dont ces deux dernières années, et six fois sur six dans le top 10. On peut dire que Greg Van Avermaet sait décoder le Grand Prix cycliste de Québec, mais juste en partie. Voilà que ce vendredi, le Belge espère enfin tirer le bon numéro.

Soyons franc, l’absence du double champion en titre de l’épreuve, le Slovaque Peter Sagan, ouvre grand la porte à une chaude lutte à l’arrivée sur la Grande Allée, vers 16h vendredi. Mais vous pouvez gagez un vieux deux qu’au bout de cinq heures et 201,6 km d’effort, soit 16 fois un parcours de 12,6 km à travers le Vieux-Québec et les plaines d’Abraham, le champion olympique en titre (2016) sera au front dans la dernière ligne droite.

«J’espère que ça va enfin arriver!» a confié Van Avermaet mercredi, en marge de la conférence de presse des favoris tenue au Château Frontenac.

«Je sais que je suis capable, mais ce n’est pas si facile. J’ai toujours été proche, toujours été combatif, mais je n’ai juste pas pu gagner. C’est tellement un sentiment incroyable de gagner une course de vélo! Je ferai de mon mieux et espérons une belle fin», a répondu celui qui portera le dossard numéro 1 épinglé à son maillot de la BMC, équipe américaine menée par un directeur sportif italien, Fabio Baldato.

Van Avermaet a connu une nouvelle heure de gloire en juillet en portant le maillot jaune de meneur du Tour de France durant huit jours, de la 4e à la 11e étape. Moment phare de la présente saison du cycliste de 33 ans, où il a aussi remporté le Tour du Yorkshire, en Angleterre.

«Porter le maillot jaune a été un moment unique. C’était l’un de mes objectifs de carrière et dans le monde du cyclisme, c’est gros», constate-t-il. «Mais j’ai aussi connu une bonne saison de classiques. Même si je n’ai pas obtenu de grande victoire, j’ai quand même toujours gardé contact avec la tête de course. Je suis constant, c’est ma force depuis que je suis jeune.»

Content d'être de retour

Reste à voir si sa constance permettra au vétéran de 12 saisons sur le World Tour, sa huitième sous la bannière BMC avec qui il est sous contrat jusqu’à la fin de 2020, d’enfin sortir vainqueur de ce Grand Prix de Québec, qu’il dit beaucoup apprécier. Ce sera sa septième virée dans les rues de la cité de Champlain, il a raté les deux premières éditions.

«Je suis content d’être de retour, c’est une course qui me va vraiment bien», explique celui qui a aussi triomphé au GP de Montréal en 2016. «Je reviens pour le parcours, mais aussi l’atmosphère et l’organisation. Le départ et l’arrivée sont près de l’hôtel, le site est compact, le concept est bon. Ça permet à plus de gens de venir nous voir et de s’intéresser au vélo!»

Même s’il a déjà plus de 12 000 km seulement en course cette année (!), Van Avermaet plaide pour l’ajout d’une ou deux autres classiques d’un jour de ce côté-ci de l’Atlantique, en plus des deux arrêts québécois. Question de rentabiliser les coûteux déplacements des 21 équipes, dont les 18 du World Tour.

Forte délégation belge

Parmi les 147 coureurs à prendre le départ vendredi, 16 sont Belges. Van Avermaet se voit comme l’actuel chef de file du cyclisme belge, comme l’ont été avant lui les Tom Boonen et Philippe Gilbert, suivant tous dans le sillon tracé par l’idole nationale Eddy Merckx.

«Mais dans les dernières années, la Belgique s’est peut-être trop concentrée à développer des spécialistes de courses d’un jour et on n’a pas de gros gars pour gagner les grands Tours», déplore toutefois celui qui a bâti sa réputation sur les classiques.

À Québec, les Tim Wellens — troisième l’an dernier et auteur de sept victoires cette saison, dont une étape du Giro —, Oliver Naesen, Sep Vanmarcke, Baptiste Planckaert, Jasper Stuyven et Ben Hermans seront d’autres ressortissants du Plat Pays à surveiller.

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