Les touristes qui débarquent à PyeongChang ne lésinent pas sur les vêtements, car il y fait froid. Après les deux derniers Jeux d’hiver, dont les températures chaudes n’ont pas permis d’avoir des conditions optimales, le problème ne devrait pas se présenter en Corée du Sud.

Enfin du froid pour les JO!

PYEONGCHANG — Le froid est de retour aux Jeux olympiques d’hiver. Après deux éditions disputées par temps plutôt doux, certains se demandaient même si c’était l’hiver, les athlètes et les spectateurs auront littéralement des frissons pendant les JO de PyeongChang, du 9 au 25 février 2018.

À quel point fait-il froid à PyeongChang? Au point où les larmes vous montent aux yeux. Si froid que l’encre des stylos s’épaissit et que prendre des notes devient impossible. Si froid que les Sud-Coréens se rappellent de leurs séjours obligatoires au front pendant leur service militaire. Si froid que six personnes ont été traitées pour hypothermie le mois dernier lors d’un concert tenu au Stade olympique.

«Nous souhaitons tous que ce soit mieux en février, mais si la température est la même que présentement, c’est trop froid pour les étrangers», affirme Jong-Sik Choi, un sourire narquois au visage et vêtu simplement d’un t-shirt, tandis qu’un reporter étranger enlève couche après couche de vêtements avant de mener une entrevue dans son restaurant de PyeongChang.

Le climat de Vancouver (2010) et de Sotchi (2014), où les sauteurs à ski atterrissaient dans des flaques d’eau, était trop chaud pour certains, comme pourrait l’être celui de Pékin, en 2022. Mais la météo à PyeongChang surprendra probablement les spectateurs, en plus de déconcerter organisateurs et athlètes tant le froid sera saisissant.

Pyeongchang se trouve près d’un kilomètre au-dessus du niveau de la mer, dans le nord-est de la Corée du Sud, pas très loin de la frontière avec la Corée du Nord. C’est l’un des endroits les plus froids du pays et la région est réputée pour son puissant vent mordant, qui prend vie en Sibérie et dans les plaines de la Mandchourie, avant de franchir les pics de granite de la Corée du Nord.

«Peu d’étrangers comprennent à quel point il peut faire froid ici», raconte Sun-Woo Nam, un poissonnier de Pyeongchang. «C’est un genre de froid totalement différent.»

Nuisance potentielle

La météo sera en vedette et peut-être même une importante nuisance dans le Stade olympique de Hoenggye. L’enceinte éphémère de 35 000 places à aire ouverte a été très critiquée. Construite aux coûts de 107 millions $US, elle ne sera utilisée que quatre fois — lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques —avant d’être démolie.

Le vent est brutal et il n’y a pas moyen de s’en protéger. Quand il s’engouffre dans le Stade olympique de Hoenggye, le son qu’il produit ressemble à celui d’un bombardier plongeant du ciel dans les vieux films de guerre. Quand l’Associated Press a visité les lieux plus tôt ce mois-ci, il faisait - 18 °C au milieu de la matinée.

Il fait un peu plus chaud à Gangneung, le long de la côté, où certaines épreuves seront présentées. Mais c’est tout de même froid.

Pas un problème pour les locaux

Les Sud-Coréens trouvent bien amusant de voir les touristes tout emmitouflés, serrés comme des pingouins. Choi, après une entrevue, sort du restaurant griller une cigarette en manches courtes pendant que le reporter frissonne à ses côté malgré ses plusieurs couches de vêtements. «Parfois, je sors comme ça et les gens me regardent comme si j’étais fou», souligne-t-il.

Un détour dans les montagnes tortueuses et à travers d’anciennes mines démontre un paysage complètement gelé, ponctué par des rivières figées et d’imposants sommets de granite. La lumière qui plombe dedans semble glisser dans les vallées. Le soleil fait reluire les étendues gelées, comme des milliers de phares pendant l’heure de pointe sur l’autoroute.

«C’est froid et ça sera encore plus froid plus tard. Que peut-on faire?» se demande Young Ju Ahn, un restaurateur de Nammyeon, dans le comté de Jeongseon, où seront disputées les épreuves de descente. «Nous sommes nés ici, alors nous n’y pensons pas trop.» 

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LES SPECTATEURS, GRANDS OUBLIÉS

Malgré le froid qui sévira dans le Stade olympique de Hoenggye de PyeongChang lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques, les organisateurs ont fait bien peu pour protéger les spectateurs. Les visiteurs seront exposés aux éléments pendant près de cinq heures. Il n’y a pas d’unité de chauffage pour les sièges ou les coursives, et il est trop tard pour ajouter un toit et trop onéreux pour un système de chauffage central.

On prévoit donner à chaque spectateur un imperméable, une petite couverture, un coussin chauffant, ainsi que des timbres chauffants pour les mains et les pieds. Des murs de polycarbonate seront aussi érigés au-dessus des plus hautes sections afin de bloquer les plus forts vents.

Environ 40 chaufferettes portatives au gaz seront aussi placées dans les allées, entre les sièges de plastique. Boissons et nourritures chaudes seront également en vedette aux concessions alimentaires. Malgré tout, comme la cérémonie d’ouverture devrait être lancée vers 20h, la température ressentie en tenant compte du facteur de refroidissement éolien devrait être d’environ
- 14  °C, bien plus froid que les 5 et 4 degrés enregistrés à Vancouver et Sotchi.