En compagnie de François Dumontier, grand patron du Grand Prix du Canada, lors de ma première sortie depuis que je suis en congé forcé.

Je vais mieux!

CHRONIQUE / Et puis, comment allez-vous aujourd’hui ? Moi, je vous dirais que ça va… mieux !

Vous le savez, j’ai raté la course de Saint-Eustache, le week-end dernier, en raison d’une myocardite ou, si vous préférez, une inflammation du muscle cardiaque. J’ai été placé au repos forcé par mes médecins et je le suis encore jusqu’à nouvel ordre.

Tout a commencé il y a une dizaine de jours lorsque, de retour à la maison après avoir été chercher ma fille à l’école, je me suis senti mal avec cette douleur assez intense à la poitrine. Ma femme Bronte était là et elle ne m’a pas donné le choix : « Mon homme, on s’en va à l’hôpital tout de suite ! »

J’ai passé trois jours à l’hôpital. Après avoir répondu à plein de questions au sujet de mes activités des dernières semaines, j’ai passé mille et un tests. Et finalement, on a constaté que j’avais une cicatrice sur le cœur. C’était bien une myocardite, résultat d’un virus que j’avais contracté.

Il semble que j’ai contracté le virus après que ma femme puis ma fille aient eu la grippe. Parce que mon petit cœur, on me l’a confirmé, est en pleine forme. Un cœur d’un jeune de 20 ans, m’a dit mon médecin ! C’est rassurant…

Mais j’ai eu peur. Très peur à part ça. Peur lorsque j’avais mal et que j’avais une forte fièvre et peur après, quand on ne savait pas ce qui s’était passé. Au départ, on s’est demandé si j’avais fait un infarctus, un AVC ou une embolie… L’incertitude, y’a rien de pire.

Mon médecin me disait que ça aurait pu être pire, justement. Ma femme a vraiment eu le bon réflexe en m’obligeant à me rendre à l’hôpital. Ignorer la douleur et continuer comme si de rien n’était, comme le font trop d’hommes et de femmes, auraient pu entraîner des conséquences graves. J’aurais pu, m’a-t-on dit, faire une véritable crise cardiaque au volant de ma voiture de course quelques jours plus tard. Alors je vous le dis, n’hésitez pas à aller à l’hôpital lorsque vous avez de la douleur dans la région du cœur ! Le cœur, c’est sérieux, on ne rit pas avec ça.

Je suis donc au repos. Je ne peux pas faire grand-chose, même si je me permets de faire de petits trucs dans la maison. Je vais demeurer au repos tant que la cicatrice sur le cœur ne sera pas disparue ou, du moins si je comprends bien, jusqu’à ce qu’elle soit en voie de disparaître.

Jeudi, je me suis permis une première sortie, soit assister à un tournoi de golf au profit de La Source bleue, une maison de soins palliatifs située à Boucherville. J’y suis allé à la demande de François Dumontier, grand patron du Grand Prix du Canada.

Est-ce que je serai à la course de Loudon, au New Hampshire, dans une semaine ? Je ne sais pas. Je revois mes médecins en début de semaine et ce sont eux qui vont décider. J’ai très hâte de retourner à bord de ma voiture, mais ce n’est pas moi qui vais décider…

Croyez-moi, j’ai espéré jusqu’à la dernière seconde faire l’épreuve de Saint-Eustache. Et c’est pour ça, d’ailleurs, que je ne vous ai pas parlé de mon état de santé lors de ma dernière chronique…

Bon, je vais retourner m’asseoir tranquille. C’est difficile, mais ça l’air que je n’ai pas le choix…

Propos recueillis par Michel Tassé