Alex Beaulieu-Marchand souhaite évidemment défendre sa médaille de bronze acquise en slopestyle aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018.

En attendant les JO de 2022, Alex Beaulieu-Marchand se concentre sur les X Games

MONTRÉAL — Même s’il reste encore un peu plus de deux ans avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, le skieur acrobatique Alex Beaulieu-Marchand est déjà contraint d’y songer.

Beaulieu-Marchand souhaite évidemment défendre sa médaille de bronze acquise en slopestyle aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, mais pour y parvenir il devra d’abord se soumettre au processus de qualification pour les JO de Pékin. Un passage obligé qui ne semble pas lui plaire particulièrement, à l’instar de la majorité des athlètes qui pratiquent ces sports émergents.

«Je vais me concentrer sur les épreuves de la Coupe du monde en début de saison, car je dois malheureusement amasser des points dans les compétitions de la Fédération internationale de ski (FIS) afin d’assurer ma place pour les qualifications olympiques de l’an prochain», a-t-il d’abord évoqué en entretien téléphonique jeudi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Beaulieu-Marchand a le vent dans les voiles dernièrement. D’ailleurs, si les derniers mois offrent une quelconque indication de ce qui l’attend cet hiver, alors il a de quoi être optimiste. Le Québécois a notamment remporté la médaille de bronze en Big Air aux X Games d’Oslo en août dernier, et il revient tout juste d’un bon camp d’entraînement avec l’équipe canadienne en Nouvelle-Zélande.

«Je repars en compétition le 29 octobre pour participer à l’épreuve de Big Air à la Coupe du monde de Modène, en Italie, et ensuite j’ai quatre autres escales - trois en Big Air, une en slopestyle - en Coupe du monde avant Noël, a énuméré le skieur de Québec. Je vais même participer à l’épreuve-test des Jeux olympiques, en Chine, donc ça va être assez chargé.»

Par la suite, ‘ABM’ s’accordera quelques jours de congé pour fêter Noël en famille, avant de participer aux X Games d’Aspen - l’épreuve phare de sa saison. Il tentera alors d’y défendre ses deux médailles d’argent acquises en Big Air et en slopestyle, ainsi que celle de bronze en Real Ski.

«Mon objectif cette saison, c’est de me rendre aux X Games en pleine forme. C’est la raison pour laquelle je ne veux pas faire de compétition au début du mois de janvier. Mes attentes sont vraiment élevées pour cette compétition-là (les X Games). Si la santé va bien et que je suis en bonne forme, alors tout devrait bien aller», a-t-il confié.

Afin de défendre ses podiums avec succès au Colorado, le médaillé de bronze en Big Air aux Championnats du monde de Deer Valley, en Utah, l’hiver dernier a indiqué qu’il travaillait déjà sur certains aspects de ses routines.

«Les manoeuvres aériennes, ça n’arrête jamais. C’est un éternel combat. Tout le monde essaie de progresser. Personnellement, je vais adopter une approche un petit peu différente cette saison, notamment au niveau de mes combinaisons de ‘grab’ - la prise de ses skis, a-t-il expliqué. L’objectif est d’être le plus original possible, pour amasser le plus de points possible. Ç’avait bien marché l’an dernier.»

Beaulieu-Marchand espère ensuite participer à compter de février aux épreuves du Dew Tour, et il pourrait aussi avoir dans sa ligne de mire une «possible» escale des X Games en Chine.

Un film qui fait réfléchir

Beaulieu-Marchand a discuté avec La Presse canadienne afin de faire la promotion de son film ‘Avenue’, qui sera diffusé dans le cadre du festival iF3 de films de ski et de planche à neige, de jeudi à samedi, à Montréal. L’objectif de la démarche artistique, dit-il, consiste à montrer aux spectateurs l’envers du décor, la réalité du ski acrobatique - avec son lot d’efforts et de réussites, mais aussi d’échecs et de blessures.

Il n’est d’ailleurs pas sorti indemne du tournage d’’Avenue’. En ce sens, il a souligné qu’il souhaitait que les cinéphiles le voient subir une série de tests après un choc à la tête - «ce n’était pas si grave que ça finalement», a-t-il tenu à préciser -, des images difficiles qu’il a tenu à inclure au montage final pour montrer qu’il est important, en cas de commotion cérébrale, d’arrêter son sport et de prendre toutes les mesures nécessaires.

Ainsi, à sa connaissance, Beaulieu-Marchand n’a subi qu’une seule commotion cérébrale diagnostiquée en carrière.

«J’ai subi une commotion cérébrale au Dew Tour en 2018, avant les Jeux olympiques (de Pyeongchang). Une fois qu’ils (les médecins de l’événement) m’ont suggéré de ne pas y participer - ils m’auraient certainement empêché d’y participer, si j’avais fait le choix d’y être -, ils te laissent aller. C’est à toi de prendre la décision, si tu continues ou si tu prends du recul pour te reposer. Leur responsabilité s’arrête à la fin de l’événement.»

Son film, dit-il, est donc la bonne plate-forme pour discuter de cet enjeu de société.

«C’est sûr que j’essaie de passer un petit message (dans l’Avenue), a-t-il évoqué. Je ne voulais pas que ce soit un documentaire qui s’étende sur les commotions cérébrales, mais c’est certain qu’éventuellement j’aimerais développer un projet dans lequel on s’attarde davantage à la santé des athlètes.»