LeBron James a admis mardi que le retard de 0-2 des Cavaliers face aux Warriors dans la série finale de la NBA l’inquiète grandement.

En arrière 0-2, les Cavaliers ressentent l'urgence

CLEVELAND — LeBron James riait lorsqu’il est arrivé dans les coulisses après être arrivé en retard pour sa conférence de presse d’après-entraînement. Alors qu’il s’avançait sur le podium, dans un aréna où il a réalisé quelques-unes de ses meilleures performances, il semblait à l’aise. Aucun stress n’était perceptible.

Quelques instants plus tard, son attitude a changé. Les rappels du sentiment d’urgence de son équipe contre les Warriors de Golden State, les questions concernant Donald Trump et l’évaluation des deux défaites des Cavaliers à Oakland ont fait basculer ses émotions.

«Je n’aime pas l’humeur dans laquelle je suis en ce moment. Quand tu accuses un retard de 0-2 dans une série, contre une équipe aussi bonne, il n’y a pas de bons sentiments. Je ne me sens pas très bien par rapport à cette situation», a mentionné James.

Les Cavaliers se retrouvent dans une situation difficile. Pour une troisième finale de suite, James et ses coéquipiers amorceront le troisième match contre les Warriors avec une nécessité de l’emporter. 

Malgré tout, l’entraîneur-chef des Cavaliers, Tyronn Lue, a l’impression que son équipe est en mesure de faire tourner le vent, mercredi (21h). «Nous avons confiance en nos capacités à réussir cet exploit. Les gars sont impliqués et concentrés. L’emporter jeudi soir, c’est un pas en avant, mais il faut aussi gagner lors de la quatrième partie. Nous y croyons.»

C’est facile de comprendre pourquoi Lue est si confiant. Après tout ce qu’ont vécu les Cavaliers cette saison, un retard de 0-2 en finale contre une équipe remplie de joueurs étoiles comme les Warriors semble facile à gérer. Les Cavaliers ont d’ailleurs surmonté un retard de 0-2 pour battre les Celtics de Boston, lors de la finale de l’Est.

«Nous avons été persistants et résilients pendant toute la saison, peu importe ce qui arrivait», a affirmé James. «Nous avons l’occasion de revenir à domicile et défendre notre terrain, comme les Warriors l’ont fait. C’est une lourde tâche et tout un défi contre une équipe de ce calibre.»

Les équipes ayant pris les devants 2-0 en finale de la NBA ont remporté les grands honneurs 29 fois en 33 tentatives, mais les Warriors savent très bien qu’ils ne doivent pas pécher par excès de confiance. Ils l’ont appris à leurs dépens.Ils menaient 3-1 en finale en 2016, mais les Cavaliers ont gagné les trois derniers matchs pour soulever le trophée Larry O’Brien.

Les Cavaliers ont gagné huit parties éliminatoires de suite au Quicken Loans Arena, qui pourrait être encore plus bruyant qu’à l’habitude alors que les partisans digèrent encore mal certaines décisions des arbitres ayant désavantagé leurs favoris à Oakland.

Rien pour acquis

«Je ne pense pas vraiment au fait que nous menons 2-0 parce que la série peut tourner rapidement», a exprimé la vedette des Warriors Kevin Durant. «C’est une bonne position, mais nous ne tenons rien pour acquis. Le travail n’est pas terminé et il ne faut pas s’asseoir sur nos lauriers. Nous savons que ce sera plus difficile à l’étranger.»

Les Warriors devraient toutefois compter sur le retour au jeu d’Andre Iguodala, qui disputerait un premier match dans cette série. Considéré comme un des meilleurs joueurs défensifs de l’équipe, il a raté six parties de suite en raison d’une blessure au genou gauche subie en finale de l’Ouest contre Houston.

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LES CHAMPIONS VONT BOUDER TRUMP

Les étoiles de Golden State et de Cleveland ont prévenu mardi que les futurs champions de la NBA, sacrés au terme de la finale qui oppose actuellement les deux équipes, ne voudront pas être reçus à la Maison-Blanche par le président Donald Trump.

«Je sais que quel que soit le vainqueur de cette finale, personne ne veut être invité, ni Cleveland ni Golden State», a déclaré LeBron James à la veille du troisième match d’une finale que Golden State mène deux victoires à zéro. Le triple champion de la NBA réagissait à la décision de Trump de retirer son invitation aux Eagles de Philadelphie, champions du Super Bowl. Cette décision est le dernier épisode du conflit entre le président républicain et des joueurs de football qui protestent, en posant un genou à terre durant l’hymne américain, contre les violences raciales aux États-Unis.

«Je ne suis pas surpris, c’est tellement lui», a commenté James. «Il y a tellement de choses auxquelles nous croyons en tant qu’Américains qu’il ne représente pas. [...] Tant qu’il sera en poste, ce genre de choses continueront à se passer. Il ne faut pas que la décision de Trump gâche ce que les Eagles ont accompli, c’est bien plus important que d’être invité à la Maison-Blanche, surtout avec lui là-bas.»

Stephen Curry, le meneur vedette de Golden State, partage la vision de James. «Je suis d’accord avec “Bron”, si on devait remporter cette année le titre, on restera dans la ligne de ce qu’on a fait l’an dernier.» Champions de la NBA en 2017, les Warriors avaient rapidement annoncé que ses joueurs et ses entraîneurs ne souhaitaient pas se rendre à la Maison-Blanche, si bien que Trump avait retiré son invitation.

Son entraîneur Steve Kerr, virulent critique de l’administration Trump, a de son côté estimé que «le président a clairement dit qu’il voulait essayer de diviser le pays pour servir ses intérêts politiques». Ce sera bien quand les choses reviendront à la normale, dans trois ans», a-t-il conclu en référence à la prochaine élection présidentielle.

Grandiloquente célébration 

Plutôt que de recevoir les Eagles mardi, Trump a décidé d’organiser une grandiloquente célébration du drapeau américain et des États-Unis. Au programme : musique militaire par l’United States Marine Band, l’unité de musique du corps des marines, et honneur au drapeau devant 1000 partisans des Eagles pour bien marteler son message.

«L’Amérique est une grande nation, une communauté, une famille, l’Amérique est notre maison et nous aimons notre maison», a-t-il insisté dans son discours.

La cérémonie a été perturbée par la présence d’un invité qui a crié : «Arrêtez de vous cacher derrière les troupes et l’hymne national». L’homme a été hué par la foule. Une autre personne s’est agenouillée pendant l’hymne, selon la vidéo d’un journaliste suédois.