À sa première saison dans la NCAA, Élizabeth Giguère (7) s'est classée au quatrième rang des marqueuses, avec 69 points, dont 26 buts.

Élizabeth Giguère en feu au Frozen Four

En point d’exclamation d’une saison recrue du tonnerre, Élizabeth Giguère s’attaque au Frozen Four. Et les grandes finales du hockey universitaire féminin aux États-Unis ne sont pas le genre de défi à refroidir l’ailière de Québec.

«En venant à l’Université Clarkson, je n’avais pas d’attente, aucun objectif individuel. Je voulais juste profiter de ma première année ici et c’est tombé que ç’a vraiment bien été. Mon adaptation s’est très bien passée et ça s’est bien déroulé pour l’équipe au complet. Mon seul but était de se rendre où on s’en va en fin de semaine», explique Giguère.

Le Soleil lui a parlé à la veille de son départ pour Minneapolis, au Minnesota. Le carré d’as se donne rendez-vous au Ridder Arena, à compter de vendredi.

Les demi-finales opposent les Golden Knights de Clarkson (Potsdam, NY) aux Buckeyes d’Ohio State (Columbus, OH) et les Badgers du Wisconsin (Madison, WI) aux Raiders de Colgate (Hamilton, NY). Giguère y sera la seule Québécoise.

Championnes en titre et fortes de 34 victoires en 39 matchs de saison, Giguère et les Knights partent favorites à leur troisième participation de suite. Mais l’histoire aurait pu être toute autre pour les protégées de l’entraîneur ontarien Matt Desrosiers, qui ont bien failli devenir la première équipe favorite éliminée dès les quarts de finale.

Samedi dernier, Clarkson a arraché la victoire in extremis à Mercyhurst en prolongation, 2-1, sur un filet de... Giguère, un revers. «J’avais tellement manqué de chances pendant la partie!» soupire l’auteure de sept tirs sur la cage adverse dans la rencontre.

«Quand j’ai vu que la rondelle était entrée, mettons que ç’a fait du bien. On était juste toutes fatiguées et trop contentes», s’exclame-t-elle, surtout que son équipe tirait de l’arrière 1-0 après 40 minutes.

Le coup de foudre

La recrue québécoise de 5’10” est venue sauver la mise. Suite logique de ses débuts fracassants dans la NCAA. Avec 26 buts et 69 points, Giguère s’est classée deuxième passeuse et quatrième pointeuse sur l’ensemble des 40 programmes de première division. Elle a été blanchie de la feuille de pointage à juste trois reprises en 39 matchs.

Seule coéquipière à lui faire un peu d’ombre à Clarkson, l’attaquante de troisième année Loren Gabel, une Ontarienne, fait partie des trois finalistes au prix Patty Kazmaier remis chaque année à la meilleure hockeyeuse universitaire aux États-Unis. La gardienne de La Malbaie Ann-Renée Desbiens (Wisconsin) l’a gagné, l’an dernier.

«Tombée en amour avec Clarkson» dès sa première visite sur le petit campus «comme dans les films américains», la numéro 7 des Golden Knights admet néanmoins avoir trouvé ses premiers mois à Potsdam moins évidents.

«Avec l’anglais et l’école, c’était plus difficile. Mais le hockey, c’est du hockey, en anglais ou en français. Ça se passe sur la glace, dans le jeu. Mes coachs m’ont beaucoup aidée et pour les cours, on a droit à des tuteurs. Ç’a pris un mois ou deux pour être à l’aise, mais je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer. Je me suis vraiment juste amusée depuis que je suis ici», affirme l’étudiante en administration des affaires.

La grande différence entre le hockey collégial québécois et universitaire américain? La vitesse, insiste l’ancienne des Titans du Cégep Limoilou.

«Le jeu, les passes, tout est plus rapide! Il y a des filles vraiment talentueuses au cégep, mais ici, tout va plus vite et surtout, toutes les équipes sont bonnes. Tu ne peux pas dire “ce soir, ça ne me tente pas” et gagner pareil», résume celle qui a affronté en saison son ex-coéquipière des Titans Sarah-Ève Coutu-Godbout, membres des Bobcats de Quinnipiac.

***

VAGUE LIMOULOISE À CLARKSON

Élizabeth Giguère est la seule joueuse québécoise dans l’équipe de hockey féminin de l’Université Clarkson. Mais pas pour longtemps. «L’expérience Giguère» a tellement été concluante que pas moins de cinq joueuses actuelles et même une future des Titans du Cégep Limoilou, l’alma mater de Giguère, ont été recrutées par l’entraîneur Matt Desrosiers et se sont promises aux Golden Knights. La vague limouloise se poursuivra l’automne prochain avec la gardienne Marie-Pier Coulombe, puis Gabrielle David et Alice Fillion en 2019, Florence Lessard en 2020 et même Audrey-Anne Veillette en 2021, elle qui est toujours en cinquième secondaire! Après le Collège Stanstead, Veillette viendra disputer trois saisons avec Limoilou, avant d’aller à son tour s’installer à Potsdam, dans l’État de New York.

L’entraîneur-chef des Titans, Pascal Dufresne, confirme que Desrosiers se montre très présent. Surtout d’août à octobre, peu importe où les Titans jouent. Les Stingers de Concordia sont aussi agressives dans le recrutement. Mais dans les dernières années, selon Dufresne, la tendance s’est retournée en faveur des universités américaines avec environ une finissante collégiale du Québec sur deux qui tente sa chance aux États-Unis.

Dans l’uniforme des Titans, Giguère a dominé le circuit des cégeps québécois avec 66 buts et 123 points dans ses 45 matchs de saisons régulières au cours de ses deux dernières campagnes. À la lumière de ses succès au sud de la frontière, la joueuse collégiale par excellence au Québec en 2016-2017 ne semble pas avoir trop perdu son temps quand elle était ici.

Les Titans disputent samedi soir le deuxième match de leur quart de finale, contre André-Laurendeau. Les filles de Limoilou sont championnes en titre des séries et championnes de la récente saison.