Parallèlement à ses études en médecine, Elisabeth Albert a pratiqué le cyclisme et le patinage de vitesse sur courte piste. Elle a notamment pris part aux Jeux du Canada dans les deux sports et décroché un podium à chaque occasion. Elle est aussi allée deux fois aux Jeux de la Francophonie en cyclisme.
Parallèlement à ses études en médecine, Elisabeth Albert a pratiqué le cyclisme et le patinage de vitesse sur courte piste. Elle a notamment pris part aux Jeux du Canada dans les deux sports et décroché un podium à chaque occasion. Elle est aussi allée deux fois aux Jeux de la Francophonie en cyclisme.

Elisabeth Albert: une question d’équilibre

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Elisabeth Albert aurait pu choisir de faire carrière en patinage de vitesse sur courte piste ou en cyclisme sur toute. Mais comme elle aimait autant être sur un vélo que sur une patinoire, elle a décidé de mener les deux carrières de front. Tout ça parallèlement à ses études qui l’ont menée jusqu’à l’université où elle s’est inscrite en médecine. Car il faut se le dire, le premier objectif de la jeune athlète a toujours été de concilier le sport et les études.

«J’ai toujours carburé aux défis», a mentionné la native du Sagnenay. «Et avoir des défis complexes dans des sphères différentes, c’est non seulement très valorisant mais dans mon cas, c’était synonyme d’équilibre. Je n’étais pas juste concentrée sur une chose dans ma vie. Mon estime de soi, je pouvais aller la chercher en cyclisme, en patinage de vitesse ou dans mes études. Quand ça n’allait pas à mon goût dans un domaine, ça allait généralement très bien dans un autre. Alors j’avais toujours quelque chose qui me permettait de demeurer motivée. Passer de mes études au sport et du sport à mes études me permettait aussi de s’aérer l’esprit, de se changer les idées et de refaire mes énergies.

«Quand je prenais part à une compétition, je n’étais pas stressée. Je savais que le lundi, ma carrière en médecine m’attendait. Alors ça m’enlevait un poids. Ce que je ressentais, c’était du plaisir. Mais que l’on ne se trompe pas. C’est certain que lorsque j’étais sur la ligne de départ, tout ce que je voulais c’était de gagner.» 

Mais comment faisait-elle, se demanderont certains, pour composer avec un horaire aussi chargé. La Québécoise d’adoption explique que la clé de son succès était sa détermination, sa concentration mais aussi sa capacité à bien moduler ses activités au fil des saisons. Elle mettait ainsi plus d’énergie dans ses études lors des périodes d’examens ou de remises de travaux. Et à la fin du mois de juin, à l’aube des championnats canadiens, c’est sur le cyclisme et son entraînement que ses efforts étaient concentrés. «Pour moi, il y avait un moment pour tout.»

Parlant de son cheminement exceptionnel, Elisabeth mentionne qu’elle a été chanceuse d’être supportée par différents organismes comme la Fondation d’athlète d’excellence, la Fondation Nordiques, la Fondation FIDA, etc. «Elles avaient à cœur la conciliation sport-études. Ces fondations ont facilité mon parcours en me permettant de continuer mes carrières et mes études sans que je n’aie de souci financier.»

S’entraîner hiver comme été

Elisabeth avait cinq ans quand elle s’est initié au patinage de vitesse sur courte avec le club des Comètes de Chicoutimi. Et dès ses premiers coups de patin, elle eut beaucoup de plaisir et adora l’esprit d’équipe. Elle explique que même si à la base le patinage de vitesse est un sport individuel, l’esprit d’équipe joue un rôle important au niveau de l’atmosphère durant les entraînement mais aussi au niveau des performances. Quelques années plus tard afin de meubler ses étés, elle se joignit au club Acidose Lactique de Pierre Lavoie. Elle y retrouva ce qui l’avait charmée en patinage de vitesse.

«C’était parfait. Je pouvais m’entraîner hiver comme été. Et j’avais beaucoup de plaisir. Rapidement, j’ai eu de bonnes performances. J’ai gagné des médailles aux championnats canadiens et j’ai même pris part aux Jeux du Canada (été et hiver) dans mes deux sports et j’ai décroché un podium à chaque occasion. Et je suis aussi allée deux fois aux Jeux de la Francophonie en cyclisme. Ce sont de beaux accomplissements.»

Elisabeth explique qu’elle a essayé de poursuivre sa carrière le plus longtemps possible au niveau national malgré ses études en médecine. Graduellement cependant, elle a diminué la pratique de patinage de vitesse courte piste, un sport très technique qui demande beaucoup de temps pour s’entraîner, ce qu’elle avait de moins en moins. Et c’est un an après avoir commencé sa résidence, qu’elle a accroché ses patins. Parce qu’elle manquait de temps mais aussi parce que ses meilleures années sur la patinoire étaient derrière elle. «J’étais rendue là. Et je ne me retrouvais pas les mains vide, il me restait le vélo.»

C’est en 2018 que la Québécoise d’adoption a pris part à sa dernière compétition en vélo. Elle a bouclé la boucle en prenant part à un Championnat canadien disputé à Chicoutimi, là où tout avait commencé pour elle. «Un choix réaliste parce que je m’en allais vers la dernière année de ma résidence et qu’il fallait que je me concentre sur ma carrière professionnelle.

«Pendant les trois ans où je n’ai fait que du vélo, je me sus rendue compte que le patin m’apportait beaucoup. Il me donnait de la vitesse et des qualités athlétiques qui faisaient que même si je n’avais pas un gros gabarit, j’étais capable de me démarquer dans les sprints.»

Elisabeth est d’avis qu’elle eu une belle carrière sportive même si elle n’est jamais allée aux Jeux Olympiques. Elle explique que chaque athlète a un parcours bien à lui et qu’elle est très fière du sien pendant lequel elle a pu concilier deux sports de haut niveau et des études universitaires. «La pratique de mes deux sports m’a apporté beaucoup de plaisir. Grâce à eux, j’ai pu me dépasser. Et j’ai fait plein de belles rencontres qui sont devenues des amis pour la vie.»

D’ici quelques semaines, la jeune femme, qui est de retour d’un séjour d’un an à l’Université du Massachusetts où elle a fait une formation en imagerie cardio-thoracique, passera son dernier examen qui lui permettra de devenir officiellement médecin radiologiste.

«Ce qui m’a attirée en médecine, c’est le mix de la curiosité intellectuelle et de l’impact immédiat sur le patient de toute la théorie que tu as apprise. En radiologie, mon travail consistera à diagnostiquer des maladies, à suivre leur évolution et à aider au traitement du patient. Le radiologiste joue un rôle majeur parce que c’est lui qui pose en premier un diagnostic. C’est certain, c’est un travail qui peut paraître un peu plus individualiste parce que l’on est moins en contact direct avec le patient. Mais ça ne l’est pas parce que nous travaillons en concert avec toutes les autres spécialités pour le bien du patient. Je suis heureuse de mon choix. La radiologie c’est une spécialité qui me rejoint.»

Maintenant mariée à la médecine, Elisabeth ne divorcera pas du vélo pour autant. Non seulement elle a continué d’enfourcher assidûment sa bécane depuis qu’elle a quitté la compétition mais elle compte le faire tant et aussi longtemps que la santé le lui permettra. Quant à son besoin de compétition, elle en a comblé une partie en prenant part à des randonnées organisées comme la Classique des Appalaches, où le seul enjeu était le plaisir de rouler, et le Grand défi Pierre Lavoie, un évènement qui l’a marquée au niveau de l’ampleur mais aussi de l’entraide et de la solidarité entre les participants, et qui lui a fait vivre des expériences nouvelles comme rouler de nuit.

«Le vélo c’est ma passion et ça va toujours le demeurer. Mais je suis ouverte à découvrir d’autres sports. Mon chum, par exemple, fait du ski de fond. On dit que c’est un excellent complément pour l’entraînement en vélo. C’est donc un sport que je pourrais essayer de pratiquer quand j’aurai plus de temps.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Elisabeth Albert en 2011

Q Faits marquants

Mes participations aux Jeux du Canada dans deux sports, où j’ai gagné une médaille en patinage de vitesse (Halifax en 2011) et en cyclisme (Sherbrooke en 2013), et aux Jeux de la Francophonie (Nice en 2013 et Abidjan en 2015). Pour moi, ce fut les expériences les plus agréables de ma carrière. Un championnat canadien, c’est le fun. Mais tu n’y vois que les gens de ton sport. Les Jeux du Canada mais surtout les Jeux de la Francophonie, c’était pas mal plus gros. On côtoyait des athlètes de plein de sports. C’était un environnement et un esprit de groupe incroyable. Quand je regarde où mes deux passions m’ont menée, je suis très fière d’avoir persévéré dans chacune d’elle.

Q Performance manquante

Je pense c’est en 2013 quand j’ai gagné le championnat canadien chez les U-23. J’avais terminé ma session deux jours avant parce qu’en médecine, on fait une session d’été. Mais même si j’avais mis beaucoup d’énergie dans mes études, j’avais quand même remporté le titre national. C’est une des bonnes performances que j’ai réalisée et un des bons résultats que j’ai obtenus.

Q Entraîneur marquant

J’ai eu beaucoup de très bons entraîneurs. C’est sûr que quand tu commences à pratiquer un sport à un jeune âge, les coachs sont importants parce que ce sont eux qui vont faire en sorte que tu vas te passionner pour celui-ci et continuer à le pratiquer longtemps. À ce niveau, Éric Jacques a été marquant en patinage de vitesse. Il m’a montré les rudiments du sport. Et c’est certain que plus tard dans ma carrière de vélo Jean-Yves Labonté, qui a été un directeur sportif, a été une personne marquante de mon parcours. Il m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis de me dépasser davantage.

Q Personnalités marquantes

R Mes parents ont été très importants. Ils ont m’ont appuyée tout au long de ma carrière sportive. Ce sont eux m’amenaient à mes entraînements et à mes compétitions et qui me supportaient financièrement. Sans eux, je n’aurais pas pu pratiquer de front deux sports. Ma mère, par exemple, m’a suivie dans toutes mes compétitions. Et après ma carrière, ils ont continué à me supporter. Ils sont là à vie.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus de ta carrière sportive

C’est le dépassement de soi au niveau physique. Quand tu es satisfaite de ta performance parce que tu as l’impression que tu t’es dépassée. Et l’adrénaline de la compétition, c’est quelque chose que tu retrouves moins quand tu n’es plus athlète de haut niveau. S’entraîner, c’est agréable pour la santé et tout ça, mais on y retrouve un peu moins de dépassement de soi.

Q Ce dont tu ne t’ennuies pas

Aller rouler ou faire des compétitions dans des conditions météo exécrables comme le temps froid et la pluie. Ça arrivait surtout lors des premières compétitions au printemps qui étaient présentées à la mi-avril. Quatre degrés avec du soleil c’est correct. Mais s’il pleut, rapidement tu peux geler. Ça, je ne m’ennuie pas de ça.

Q Dans 10 ans

Je me vois radiologiste. Et même si on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, je me vois probablement encore à l’IUCPQ. J’aimerais ça aussi fonder une famille avec mon conjoint. Peut-être que mes enfants feront du sport un jour eux aussi. Je ne sais pas où la vie va nous mener c’est ce que je souhaite.

Q Défi

Mon prochain grand défi, ça va être mon examen du Collège royal du Canada dans deux semaines. C’est mon examen de certification pour être radiologiste. Il va me permettre d’être un médecin. À partir du moment où tu es certifiée, tu as le droit de pratiquer officiellement la médecine dans ta spécialité.

Q Rêve

R Ça serait de vivre en santé. Parce qu’avec tout ce que l’on voit, je pense que la santé c’est important pour nous permettre de se réaliser dans la vie et de vivre les rêves que l’on caresse.