Le dernier combat d’Eleider Alvarez (à droite) remonte au 3 juin 2017, alors qu’il a vaincu Jean Pascal par décision majoritaire.

Eleider Alvarez affrontera Sergey Kovalev

Eleider Alvarez obtiendra finalement son combat de championnat du monde, mais ce ne sera pas contre Adonis Stevenson.

Yvon Michel, président de GYM, a confirmé mercredi qu’Alvarez (23-0, 11 K.-O.) se frottera plutôt au Russe Sergey Kovalev (32-2-1, 28 K.-O.) pour son titre des mi-lourds de la WBO. Le combat aura lieu à la fin juillet ou début août, au Madison Square Garden de New York ou encore à la Place Bell de Laval.

Michel a d’ailleurs réservé l’amphithéâtre lavallois pour le 28 juillet, «la seule date qui corresponde avec les disponibilités d’HBO» pour l’instant. Le casino Foxwoods, à Mashantucket, dans le Connecticut, est aussi considéré.

«Dans l’entente, le Québec va être considéré, mais ça va être une question d’argent. On va calculer combien on est capable de faire ici», a expliqué Michel.

Alvarez attend un combat de championnat du monde depuis novembre 2015, alors qu’il est devenu l’aspirant au titre du WBC détenu par Stevenson. Depuis, le Montréalais d’origine colombienne a accepté deux fois de laisser le champ libre à Stevenson afin qu’il effectue des défenses optionnelles de son titre. 

Le clan Alvarez a toutefois refusé de se tasser une troisième fois pour laisser Stevenson affronter Badou Jack le 19 mai. L’intransigeance de son gérant Stéphane Lépine aura finalement été payante. Il a toutefois dû sacrifier un peu de ses acquis afin d’offrir ce combat à son protégé.

Alors que «l’entente» avec le WBC et Stevenson faisait état de 1 million $US pour deux combats, dont un de championnat face au vainqueur de Stevenson-Jack, Alvarez a maintenant une somme un peu moins imposante garantie, mais deux dates sur HBO.

Attente et négos

Quant au combat entre Stevenson et Jack, il n’a pas encore officiellement été mis au programme, bien qu’on soit à un mois de ce duel. Mercredi, Michel n’était pas en mesure de confirmer sa tenue.

«Au bout du compte, on porte le fardeau de nos décisions», a fait valoir Lépine. «Stevenson ne s’entend avec aucun bon boxeur, il ne s’entend qu’avec des proies faciles pour lui.

«Une chose qui est très claire, c’est que Stevenson ne veut pas boxer contre un Québécois au Québec. Il ne s’est pas entendu avec Jean Pascal. Il nous a fait la même affaire. Nous avons négocié, négocié et négocié. Nous avons attendu et quand nous nous sommes entendus, il n’a jamais signé. Alors qu’est-ce que je fais?

«J’étais dans une position où j’avais une offre pour me battre en championnat du monde contre un nom qui, aux États-Unis, est encore plus connu que Stevenson et aura plus d’impact sur la carrière d’Eleider. J’ai la chance de rentrer sur HBO. L’autre option était de poursuivre par orgueil, de demander au WBC de forcer Stevenson à se battre contre nous.

«Ils seraient alors arrivés avec des dates de télé et un paquet de conditions et nous auraient repoussés jusqu’à Noël encore? J’ai tout fait pour m’entendre avec Stevenson, mais il ne veut pas. On a d’autres champions qui sont prêts à se battre contre nous. Ce sont les vrais champions qui acceptent de se battre contre d’autres champions. Stevenson aura été un champion qui ne se sera battu contre personne. Il va devoir vivre avec ça.»

Duva dénoue l’impasse

«Ce qui nous a permis de dénouer ça, c’est le coup de fil de Kathy Duva la semaine dernière. Contrairement à la perception qui a été donnée, à part la chicane dans le dossier Stevenson-Kovalev et la poursuite, nous avons toujours eu de bonnes relations», a expliqué un Michel radieux que l’impasse ait pu finalement être dénouée. 

«Quand elle est venue à Montréal pour la conférence Lemieux-Stevens, elle a passé près de 90 minutes à nos bureaux par la suite, juste pour faire une visite de courtoisie. Elle n’était pas obligée. Ce qu’elle disait, c’est qu’elle a beaucoup de mi-lourds, nous avons beaucoup de mi-lourds, alors nous devrions faire des affaires ensemble. Je suis d’accord avec elle.»

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DOPAGE: CANELO ALVAREZ SUSPENDU SIX MOIS

Canelo Alvarez

LAS VEGAS — Le poids moyen mexicain Canelo Alvarez a été suspendu six mois mercredi par la commission sportive de l’État du Nevada après un contrôle antidopage positif qui avait déjà conduit à l’annulation de son match revanche contre le Kazakh Gennady Golovkin, titres WBA, WBC et IBF en jeu.

Lors d’une audition à Las Vegas, où ce combat devait avoir lieu le 5 mai, la commission a approuvé à l’unanimité un accord à l’amiable selon lequel Alvarez, le prétendant aux titres, est suspendu six mois à partir de la date de son premier contrôle positif, le 17 février. Le boxeur de 27 ans, qui n’a pas assisté en personne à cette audition, pourra remonter sur le ring à partir du mois d’août, ce qui pourrait ouvrir la porte à une revanche contre Golovkin en septembre.

Alvarez risquait un an de suspension mais n’a été puni que pour six mois en raison de sa coopération avec les autorités du Nevada. Il avait insisté début avril sur le fait qu’il était «un boxeur propre» et qu’il n’avait jamais cherché à se doper.

Alvarez a fait l’objet de deux contrôles antidopage positifs au clenbutérol, les 17 et 20 février durant son stage de préparation au Mexique. Son promoteur l’avait défendu en expliquant que la présence de clenbutérol dans les échantillons s’expliquait par la consommation de viande de boeuf contaminée, «cas qui a touché des dizaines des sportifs au Mexique ces dernières années».

Golovkin avait déclaré qu’il ne croyait pas une seconde à cette histoire de viande contaminée. «Oubliez la viande mexicaine, il triche. Ils utilisent ces médicaments et tout le monde essaie de prétendre que ça n’est pas arrivé», avait-il dit le mois dernier à son camp d’entraînement, près de Los Angeles.

Golovkin, toujours invaincu à 35 ans, a annoncé mercredi qu’à la place d’Alvarez il allait affronter le 5 mai l’Américain d’origine arménienne Vanes Martyrosian, pour un combat en plein air à Los Angeles.  AFP