Beaucoup moins nerveux qu'à sa première participation au Duc de Kent l'an dernier, Charles-David Trépanier a ramené une carte de 70, lundi, ce qui lui permet de partager la tête avec Mathieu Bélanger.

Égalité en tête au Duc de Kent

Inactif dans les tournois amateurs depuis la naissance de ses enfants, Mathieu Bélanger recommence à peine à jouer au golf. Chose certaine, il n’a pas perdu la touche, puisqu’il a ramené une carte de 70, lundi au club Royal Québec, pour s’installer à égalité en tête au terme de la ronde initiale du Duc de Kent.

Bélanger (La Tempête) a donc joué deux coups sous la normale de 72, tout comme Charles-David Trépanier (Lorette), dans cette première ronde disputée en début de semaine dans l’histoire du prestigieux tournoi de Boischatel.

«Ça fait un bout que je ne fais plus de tournoi, c’est comme un retour. On aimerait toujours enlever des coups à gauche et à droite, mais je suis satisfait. Ça doit faire au moins cinq ans que je n’ai pas participé au Duc, je ne me souviens même pas de mon meilleur résultat, mais ça ne m’est jamais arrivé de mener le Duc de Kent», disait le golfeur de Québec au terme de sa journée, sans savoir si sa carte de - 2 allait tenir le coup.

Père de jeunes enfants de cinq et deux ans, Bélanger s’était éloigné des allées ces dernières années. Il avait même perdu un peu le goût de jouer au golf, mais il retrouve graduellement l’appétit.

«Je jouais peut-être une fois par semaine, mais cette année, je le fais deux ou trois fois par semaine. Je ne suis pas surpris parce que je joue bien cet été, et ici, c’est un endroit où j’ai déjà bien joué», admettait-il.

On le croit sur parole, car il détient les records du plus bas pointage sur les deux parcours du Royal Québec, soit 63. Il n’était pas stressé à l’idée de faire partie du trio de tête, mardi, pour la dernière ronde.

«Je dors toujours mal la veille d’un tournoi. Si je joue bien, tant mieux, sinon tant pis. Je n’ai pas l’espoir de gagner ma vie avec le golf, je ne me mets pas de pression. Ça va être le fun», prévoyait-il à propos de la ronde finale.

Moins nerveux

Tout comme Bélanger, Charles-David Trépanier a joué 70 à sa deuxième participation au Duc de Kent. «Il avait de bons bâtons», rigolait son cadet en passant devant la voiturette des médias à la sortie du 18e trou…

«Je suis bien parti et je me suis bien remis d’un boguey au sixième trou. Et sur le retour, j’ai ouvert la machine. J’étais à - 3, mais j’ai commis un boguey au 18e trou en ratant un petit coup roulé de six pieds. Le scénario idéal et réaliste pour moi était de jouer 69. C’était mon objectif, et même si je pouvais faire mieux, je suis très content de mon 70», soulignait le joueur du quartier Lebourgneuf.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour lui. À son premier coup de départ au Duc de Kent, en 2017, la nervosité le tenaillait. «J’en shakais tellement j’étais nerveux. Là, ce fut comme une balade dans le parc», illustrait-il.

Après sa 19e position au tournoi Alexandre de Tunis et sa 11e au Championnat U25, Trépanier pensait plus au trophée remis au meilleur joueur de la région de Québec après sa première ronde. Il ignorait, à ce moment, qu’il serait en tête à la fin de la journée.

«Je suis en bonne position pour gagner le trophée André-Gagné. Plusieurs gars m’ont dit que c’était pas pire de le tenir dans nos mains», a raconté celui qui a réussi cinq oiselets et trois bogueys.

De nombreux anciens vainqueurs du Duc de Kent pourraient témoigner qu’enfiler le veston du champion possède aussi un cachet unique.

Pour l’heure, Bélanger et Trépanier sont en tête, mais leurs poursuivants ne sont pas loin derrière. Il y a quatre golfeurs à un coup derrière (71), dont Guillaume Bélanger, de Québec, et quatre autres à deux (72), incluant Michel Gagnon (Royal Québec). Pas moins de 21 joueurs se retrouvent à quatre coups d’écart, ce qui promet pour mardi.

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SUR LES VERTS...

- Champion en 2017, Émile Ménard a joué 85 (+ 13) et n’a pas fait la coupure basée à + 7 et mieux. «J’ai commencé à travailler dans l’entreprise familiale en agroalimentaire et il s’agit de mon seul tournoi de l’année. Je voulais venir défendre mon titre par respect. J’avais joué avec ma mère, la semaine dernière, et j’avais roulé 74, mais ce n’est pas la même chose de jouer avec sa mère et en tournoi», a-t-il raconté, de fort bonne humeur.

- Michel Gagnon, du Royal Québec, fait partie du top 10 avec sa normale de 72. «Quand tu joues avec des flos qui frappent toujours 35 à 40 verges plus loin, ce n’est pas facile. Chaque année, je me demande si ce sera mon dernier, mais comme dit ma blonde, en tournoi, t’es capable. Il y a cinq ans, j’étais co-meneur, mais il serait surprenant qu’un gars de 63 ans l’emporte», a dit celui qui a bouclé trois oiselets aux 14e, 16e et 17e trous.

- Julien Sale, un Français originaire de La Réunion, île située dans l’océan Indien, n’est pas loin à un coup derrière les co-meneurs. Il a remporté le Tunis, la semaine dernière. «Je sais qu’avec un bon score, mardi, j’aurai une chance de gagner», notait celui qui participe au Duc pour la première fois. L’an passé, il n’avait pas eu de transport pour s’amener de Gatineau à Québec.

- Baptiste Mory, l’un des favoris, a joué 74 (+2). «J’ai eu une baisse de régime du 10e au 15e, je faisais un peu n’importe quoi», a-t-il expliqué.