Édouard Julien, des Diamants de Québec, fait partie du programme national depuis déjà deux ans. Le joueur de deuxième-but âgé 18 ans s'alignera à l'automne pour les Tigers de l'Université Auburn, à moins d'une offre monétaire très convaincante du côté professionnel à la suite du repêchage du baseball majeur qui a lieu à compter de lundi.

Édouard Julien, un diamant rare

«Je me dis tout le temps : prouve-leur qu'ils ont tort. Même si je viens d'une petite ville où c'est juste de la neige, que personne ne pense qu'il y a du baseball ici et qu'Édouard Julien, c'est un nom français qui ne sonne pas vraiment bien pour le baseball, ça ne me dérange pas! Je vais travailler plus fort et démontrer que rien n'est impossible.»
À compter de lundi, et ce durant trois jours, les 30 clubs du baseball majeur procéderont à leur séance annuelle de repêchage amateur. Tout indique qu'Édouard Julien, joueur de deuxième coussin de 18 ans de Sainte-Foy, y sera réclamé au cours des 40 rondes. Les Twins du Minnesota détiennent le tout premier choix.
Son instructeur au programme sport-études durant cinq ans, Jean-Philippe Roy n'hésite pas à parler d'«un talent exceptionnel». Julien s'avère sans contredit le plus gros diamant sorti de la mine régionale depuis le lanceur Jonathan Paquet, repêché en 2009 (46e ronde) et en 2010 (22e ronde).
Et si l'on ne regarde que les joueurs de position, Julien fait figure d'exception dans la capitale depuis au moins 25 ans. Encore plus en considérant qu'à l'automne, il s'alignera pour l'un des plus prestigieux programmes de baseball collégial aux États-Unis, les Tigers de l'Université Auburn. Du jamais-vu.
Ce qui fait qu'à moins d'une offre monétaire très convaincante du côté professionnel, Julien passera son tour cette fois-ci et son véritable repêchage aura lieu en 2020. Après les trois années minimales passées dans les rangs collégiaux. Sachant cela, possible aussi qu'aucune équipe ne prenne le risque.
«C'est gros, être repêché. Mais je sais que pour atteindre mon but ultime de jouer dans les ligues majeures, je dois passer par les collèges américains. J'aurai la chance d'avoir un diplôme, de jouer contre des très bons joueurs dans la meilleure conférence et de performer tous les jours», a-t-il expliqué au Soleil la semaine, dernière quelques heures avant un match de la Ligue junior élite avec les Diamants de Québec.
«Ce sera encore plus plaisant que de jouer dans les ligues mineures, où tout le monde est plus individuel. Tandis que je vais vivre le rêve américain!» poursuit-il. Auburn se situe en Alabama, au sud-est des États-Unis, pas si loin d'Atlanta. Près de la moitié des 57 000 habitants de l'endroit sont des étudiants à l'université du même nom.
Bon cogneur et rapide
Julien a le baseball dans le sang. Son père, excellent joueur de balle-rapide aussi comme deuxième-but, lui a tout montré. Il se démarque à la fois par son solide coup de bâton et sa vitesse.
Sur le sprint de 60 verges servant de mesure commune au baseball, Julien épate avec des chronos autour de 6,5, 6,6 secondes. Un coureur de 6,8 est considéré rapide. Comme le dit Roy : «Des bons frappeurs, il y en a. Des gars qui courent vite, il y en a. Mais des bons frappeurs qui courent vite, il n'y en a pas tant que ça.»
L'athlète de 6'1'' et de 185 livres s'inspire d'arrêt-courts, position qu'il a déjà occupée, tels Jose Reyes, des Mets de New York, ou plus récemment Francisco Lindor, chez les Indians de Cleveland. «Des joueurs d'avant-champ qui font tout. Qui frappent des deux bords, qui courent vite, qui cognent des circuits, qui lancent fort, qui font tout bien! Des joueurs complets qui réalisent des jeux électrisants», s'emballe-t-il.
Entre Québec et Auburn, Julien passera par Thunder Bay, en Ontario, où se déroule début septembre le Championnat du monde des 18 ans et moins. Il fait partie du programme national depuis déjà deux ans.
Si Julien est le mieux coté, d'autres Québécois pourraient être repêchés par une organisation du baseball majeur. Le lanceur William Sierra, de Montréal, l'avant-champ Raphaël Gladu, de Trois-Rivières, et le receveur Archer Brookman, de Pointe-Claire, seront les plus attentifs. L'an dernier, Sierra est sorti en 28e ronde, mais n'a pu s'entendre avec les Mets.
De la région de Québec, deux finissants universitaires de 23 ans pourraient causer une surprise, soit l'avant-champ David Glaude (Missouri Western State), de Québec, et le premier-but Guillaume Gingras (Saint John's, NY), de Lévis.