Christopher Bédard a relevé bien des défis afin d’accueillir des jeunes à l’École de hockey de la Capitale cet été.
Christopher Bédard a relevé bien des défis afin d’accueillir des jeunes à l’École de hockey de la Capitale cet été.

École de hockey de la Capitale: un été chamboulé

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Comme toutes les entreprises de la région de Québec, l’École de hockey de la Capitale a souffert de la pandémie de coronavirus. Parce qu’elle n’a pu accueillir de joueurs de l’extérieur du Québec, elle a enregistré une baisse d’environ 200 inscriptions, soit entre 20 et 25 % de sa clientèle cet été. Et elle a dû faire des pieds et des mains pour de ne pas en perdre davantage. Elle a aussi dû s’adapter afin de répondre aux exigences de la Santé publique. Beaucoup de défis pour le jeune entrepreneur Christopher Bédard.

«Pour nous assurer de pouvoir opérer, nous nous sommes regroupés avec trois autres écoles de hockey afin d’avoir une ligne directe avec la conseillère de la ministre avec qui nous avons été en communication constante», explique Bédard, le propriétaire de l’École de hockey de la Capitale. «Nous étions même prêts, si nous n’avions pas pu présenter du hockey à l’intérieur, à faire installer une glace synthétique à l’extérieur sous un chapiteau afin de permettre à notre clientèle de pouvoir jouer.»

Bédard a aussi travaillé avec l’Association québécoise des arénas et des installations récréatives et sportives afin de bâtir un protocole dont les recommandations ont été présentées au gouvernement. Il est allé plus loin en établissant son propre protocole pour faire en sorte que les jeunes qui fréquenteraient son école soient en sécurité et que les recommandations de l’Université Laval soient respectées. L’accès au PEPS a par exemple été interdit aux parents. 

Bédard a aussi dû procéder à certains changements dans son offre de services. Les résidences de l’UL étant fermées, il a dû loger des jeunes à l’hôtel. Et les repas chauds ont été remplacés par des repas froids. Les activités de soir ont été annulées au profit d’un resserrement de l’horaire de jour. Et afin d’attirer un maximum de jeunes à l’école, des forfaits à la carte ont été offerts.

«J’ai une bonne équipe. Tout a très bien été, autant au niveau de la gestion que de la coordination du protocole et du respect des normes que sur le plan administratif. Les coachs sur la glace, les jeunes et les parents sont très heureux.

De joueur à propriétaire

C’est à l’École de hockey de la Capitale, une entreprise fondée en 1978, que Bédard a donné ses premiers coups de patin. Ayant développé un attachement spécial pour celle-ci, il a vite senti le désir d’y travailler quand il a commencé sa carrière en coaching, un désir devenu réalité quelques années plus tard. Quand le propriétaire Michel Ouellet a décidé de vendre il y a quatre ans, Bédard, un homme d’affaires dans l’âme et alors âgé de 25 ans, n’a pas raté l’occasion de reprendre le flambeau en rachetant l’entreprise.

«On dit toujours que lorsque l’on a une recette gagnante, il faut la garder. On a donc gardé ce qui constituait le cœur de l’école, soit les installations à l’Université Laval, le format deux entraînements, un match, la possibilité pour un jeune d’être hébergé sur place, etc. Mais nous nous sommes aussi adaptés.

«On a modernisé l’école et rattrapé le retard accumulé dans certains domaines au cours des années. On a donné un coup de barre au niveau de l’informatique afin de pouvoir se servir de la technologie et de la numérisation pour les inscriptions en ligne, le système de facturation et le système de paiement afin de rendre ces opérations beaucoup plus rapides, mais aussi plus professionnelles, ce qui inspire la confiance. Et on a dynamisé le logo. 

«Une de mes grandes forces dans le coaching étant la formation, j’ai quitté la patinoire où je formais les joueurs afin de former mes membres de gestion.»

Bédard avait beaucoup de pression quand il a racheté l’École de hockey de la Capitale. Se décrivant comme étant un entrepreneur de chiffres et d’idées, il s’est entouré d’une équipe pouvant l’aider à amener son entreprise là où il le voulait. Et il peut compter aujourd’hui dans son groupe de gestion sur Martin Roy en tant que directeur général et Simon Labrecque comme directeur hockey. 

Rien que le nécessaire

Le jeune entrepreneur s’est rapidement rendu compte que si elle était bien connue des plus vieux, l’École de hockey de la Capitale ne l’était pas des parents dans la jeune trentaine. La raison était bien simple : pendant plusieurs années, l’ÉHC avait presque le monopole. Aujourd’hui, le nombre d’écoles de hockey s’est multiplié.

«Il y avait un grand travail de marketing à faire. Avant, pour faire de la publicité, on mettait des affiches dans tous les arénas. Maintenant, à cause des lois et le fait que plusieurs arénas sont privés et qu’ils ont leur propre école de hockey, on ne peut plus vraiment s’afficher. Il a fallu innover. On a pris des ententes avec des magasins de sport et nous avons eu un kiosque au Tournoi de hockey pee-wee de Québec l’année dernière. Mais la meilleure pub que nous pouvons avoir demeure la satisfaction de la clientèle et le bouche-à-oreille.

Bédard a conclu en disant que la COVID lui avait appris beaucoup de choses. Il a ainsi constaté que l’ÉHC s’éparpillait un petit trop et qu’à cause de ça, elle offrait un moins bon service. 

«Cette année, à cause de la pandémie, on s’est vraiment structuré. On a dû resserrer nos activités et nos efforts et nous nous sommes concentrés sur notre priorité, soit le service sur la glace. À partir de maintenant, ce qui ne sera pas nécessaire sera donc aboli.

«Pour moi, travailler à assurer sa longévité de l’École de hockey de la Capitale, c’est un beau défi. Ça fait 42 ans qu’elle existe. Elle sera là pendant longtemps encore.»