Nathanael Durkan des Dinos de Calgary n’avait pas connu la victoire lors de ses deux saisons en deuxième division de la NCAA, avec le Clan de l’Université Simon Fraser.

Durkan en avait marre de perdre

Transfuge du Clan de l’Université Simon Fraser, qui évolue en deuxième division de la NCAA aux États-Unis, le receveur de passes Nathanael Durkan est dans un tout autre état d’esprit depuis qu’il a changé d’école pour s’aligner avec les Dinos de Calgary du réseau U Sports en 2018.

Il faut dire que les deux saisons qu’il a passées avec le Clan dans la conférence Great Northwest sont probablement les pires du programme de football de l’université sise à Burnaby, en Colombie-Britannique.

«En deux saisons, nous avions perdu toutes nos parties. Toutes. Pour te dire, on avait trois équipes du top 25 des États-Unis dans notre conférence», racontait Durkan vendredi à propos des deux saisons de dix défaites du Clan en 2016 et 2017. «Bien honnêtement, après ces deux saisons, je n’étais plus sûr de vouloir encore jouer au football.»

Changer d’air

Il a donc décidé de changer radicalement d’air. «J’en avais assez et je voulais gagner. Quand les Dinos m’ont recruté, la décision n’a pas été difficile à prendre : je m’en allais à Calgary!», enchaîne-t-il en rappelant l’historique de succès des Dinos.

Durkan a été servi : après deux années sans victoire, il a connu une année sans défaite avec les Dinos l’an dernier avant de perdre en finale de l’ouest face aux Huskies de la Saskatchewan.

«Oh, cette défaite a fait mal. Sur le coup, là non plus, je n’étais plus sûr de vouloir continuer. C’est pour ça que cette première finale de la Coupe Vanier représente tout pour moi: j’en rêvais depuis que j’étais tout petit.»

Le natif de Nanaimo avait en effet grandi en rêvant de porter l’uniforme des Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique, qui venaient d’ailleurs tout juste de gagner la Coupe Vanier quand il a terminé son secondaire. 

«Mais que veux-tu! Les Thunderbirds ne m’ont même pas approché! C’est pour ça que j’ai abouti à Simon-Fraser», poursuit-il.

Même s’il a changé de province, Durkan n’est pas trop dépaysé puisqu’il a retrouvé avec les Dinos quelques joueurs avec qui il avait évolué au secondaire. Quant à la transition entre les règles du football américain et du football canadien, elle s’est déroulée assez rondement.

«Au secondaire, on jouait déjà avec les règles américaines, alors ça s’était bien passé quand je suis arrivé à Simon-Fraser. Ici, ça m’a pris le camp d’entraînement l’an passé pour bien m’acclimater, mais, en fin de compte, ce sont les mêmes tracés, c’est le même sport», termine-t-il.

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NIKO DIFONTE, L'HOMME DES GRANDES OCCASIONS

Le botteur des Dinos de Calgary Niko DiFonte est l’homme des grandes, et des longues, occasions. Le long placement qui a permis aux siens de remporter le championnat de l’ouest en 2017 figure d’ailleurs encore dans le livre des records du football universitaire canadien.

Le match tirait à sa fin et les Dinos tiraient de l’arrière 43 à 41 face aux Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique. C’est alors que l’entraîneur Wayne Harris Jr. a fait appel à DiFonte pour tenter un placement de... 59 verges. Vous avez bien lu: plus près de son propre poteau des buts que de celui qu’il visait.

«Coach Harris n’hésite pas à me donner des occasions de faire de longs bottés. Cette fois-là, je sentais qu’il croyait vraiment en moi et j’avais eu une semaine d’entraînement exceptionnelle. J’avais réussi de longs placements comme ça à l’entraînement», expliquait-il après l’entraînement des siens vendredi. 

Il faut dire que l’entraîneur des Dinos avait de bonnes raisons de faire confiance au botteur originaire de Winnipeg qui, déjà à l’école secondaire, faisait écarquiller les yeux avec des placements de 48 verges.

Le reste appartient à l’histoire : le ballon a franchi la distance et est passé entre les poteaux, les Dinos ont battu les Thunderbirds 44 à 43 et le placement de 59 verges est toujours le plus long jamais réussi par un footballeur universitaire canadien. 

À titre comparatif, le record de la Ligue canadienne de football est de 62 verges, celui de la NFL, de 64 verges, et celui de la NCAA, de 65 verges.

«J’ai déjà réussi des placements 62 verges à l’entraînement», ajoute DiFonte, qui aimerait bien que ses talents soient mis à contribution en finale de la Coupe Vanier. «Si on me demande de faire un long placement, je serai prêt à le faire.»

Par ailleurs, disputer cette finale au domicile du Rouge et Or n’a pas manqué de rappeler des souvenirs à DiFonte. Il faisait en effet partie des éditions 2016 et 2017 des Dinos, qui avaient respectivement perdu contre l’Université Laval en finale et en demi-finale nationale.

Avec les années, ses sentiments envers l’équipe de Glen Constantin semblent toutefois s’être améliorés. «L’organisation du Rouge et Or a été très gentille avec nous depuis que nous sommes arrivés ici», a-t-il simplement déclaré à propos de l’accueil reçu depuis l’arrivée des siens à Québec. Ian Bussières