Conquête de 2018

D’une Coupe Dunsmore à l’autre

Elle est souvent présentée à l’approche ou en plein jour du Souvenir. La Coupe Dunsmore est un passage obligé vers la demi-finale canadienne de football universitaire, dernier arrêt avant la Coupe Vanier. Depuis sa première participation, en 1998, le Rouge et Or ne s’y est absenté qu’une fois et revendique 15 victoires en 20 présences. En marge de ce septième duel de suite entre le Rouge et Or et les Carabins, Le Soleil a fouillé dans ses archives pour revivre les matchs de 21 dernières années de la Coupe Dunsmore, nommée en l’honneur de Robert Lionel. Dunsmore, diplômé des universités Queen’s en 1915 et Laval en 1958. Alors, souvenons-nous!

1998 : Laval 12, Concordia 17

À sa toute première participation à la Coupe Dunsmore, le Rouge et Or alors dirigé par Jacques Chapdelaine sera impliqué dans le «Dark Bowl», puisque la noirceur avait forcé la suspension du match jusqu’au lendemain au moment où les deux équipes étaient à égalité 10-10 après deux prolongations. Les Stingers avaient marqué le touché décisif, le lendemain, à l’aide d’un ballon échappé retourné dans la zone des buts.

1999 : Ottawa 6, Laval 38

Transporté par son 13e joueur, le Rouge et Or remporte la finale de la Conférence Québec-Ontario, et ce, devant une foule record — pour l’époque — de 8126 spectateurs. Pour l’occasion, l’UL tiendra en respect le quart Phil Côté, grande vedette du moment. Après le match, l’entraîneur-chef rendra crédit à la défensive et aux unités spéciales. Daniel Fleury avait réussi un touché sur un retour de botté de 95 verges. Quelques semaines plus tard, l’UL gagnait sa première Coupe Vanier d’une série de 10.

2000 : Ottawa 26, Laval 9

Les Gee Gee’s prennent leur revanche et ramènent le trophée à Ottawa. «Ce n’est pas sur papier qu’on évalue une formation, mais à sa façon d’évoluer sur le terrain, et aujourd’hui, Ottawa méritait de l’emporter», dira Chapdelaine. Au poste de quart, François Chapdelaine sera victime de quatre interceptions.

2001 : McGill 1, Laval 0

En réalité, le Rouge et Or l’avait emporté 42-14, mais il avait été dépouillé de tous ses titres en 2001 en raison de l’utilisation d’un joueur inéligible. Une passe de touché de Mathieu Bertrand à Jean-François Turgeon en début de premier quart avait donné le ton à cette victoire n’apparaissant plus dans les livres d’histoire.

2002 : McGill 10, Concordia 6

Seule fois où le Rouge et Or a brillé par son absence à la Coupe Dunsmore depuis 21 ans. «Match défensif laborieux», dira-t-on de cette rencontre passée aux oubliettes des amateurs de Québec.

2003 : Concordia 7, Laval 59

Le froid n’avait pas ralenti les ardeurs du Rouge et Or, victorieux sous une température glaciale. Le quart-arrière Mathieu Bertrand disputait alors son dernier match en carrière à domicile. Il est depuis de retour au PEPS en qualité de coordonnateur des unités spéciales. Au total, l’attaque avait récolté 597 verges, dont 401 au sol. Dans un trop grand élan d’extase, le joueur de ligne défensive Miguel Robédé avait échappé la Coupe, qui était déjà fort amochée…

Mathieu Bertrand en 2003

2004 : Laval 30, Montréal 12

Encore la défensive, titrait Le Soleil. Le Rouge et Or l’emporte officiellement une deuxième fois de suite. Les quatre interceptions, dont une par Mathieu Proulx, avaient plus aidé à la victoire que les quatre ballons échappés dans les 17 premières minutes. «Une victoire importante pour notre programme. Pour être champion, il faut battre les bonnes équipes et les Carabins étaient classés no 1 au pays», dira Glen Constantin, entraîneur-chef depuis 2001.

2005 : Montréal 13, Laval 19

Une victoire houleuse, s’il en fut une. Personne n’a oublié cette scène d’avant-match où les Carabins, dirigés à ce moment par Jacques Dussault, avaient sauté à crampons rompus sur le logo du Rouge et Or, qui ne s’était pas fait prier pour reprendre la possession de ce qui lui appartenait. Il n’y avait pas de doute, la rivalité battait pleinement son plein. «Un œil au beurre noir du football universitaire canadien», concluait Constantin après cette rencontre émotive où les coups après les sifflets furent nombreux.

2006 : Concordia 12, Laval 28

Le même week-end où le gardien de but Patrick Roy était intronisé au Temple de la renommée du hockey, le Rouge et Or signait une quatrième victoire de suite. Les Stingers avaient effectué une mauvaise remise au botteur tôt dans le match, offrant ainsi une belle position territoriale à l’UL. «Après ça, on y est allé pour la jugulaire», illustrait alors Glen Constantin, qui avait vu le quart Benoît Groulx réussir une passe de touché de 43 verges à Nicolas Bisaillon dès la séquence suivante.

La finale de 2007

2007 : Concordia 10, Laval 35

Une victoire signée Pierre-Luc Yao. Le porteur de ballon avait réussi trois touchés et amassé des gains de 153 verges au total, dont 128 au sol. Il s’agissait de la cinquième conquête d’affilée du Rouge et Or.

L’entraîneur-chef Glen Constantin reçoit la traditionnelle douche d’eau froide, en 2008.

2008 : Concordia 17, Laval 28

Le mot était fort pour du sport étudiant, mais le Rouge et Or était passé proche de la catastrophe. Avec 73 secondes à faire au match et une avance de 20-17 pour le R et O, Alex Surpenant avait réussi une interception dans la zone des buts pour empêcher les Stingers de prendre les devants. Le demi-offensif Sébastien Lévesque, qui avait échappé un ballon menant à un touché, fut l’auteur de trois majeurs, dont l’un sur une course de 90 verges en fin de match.

2009 : Montréal 7, Laval 31

«L’appétit est encore là», admettait Glen Constantin après cette septième victoire d’affilée en Coupe Dunsmore et d’une neuvième en 15 ans. Décidément, le Rouge et Or était indélogeable, et ce, malgré une blessure à la cheville du botteur Christopher Milo en fin de première demie. «Il est le meilleur botteur au Canada, si tu perds ce gars-là, t’es le trouble», avait reconnu Constantin après ce match.

2010 : Sherbrooke 17, Laval 22

Ouf, il s’en était fallu de peu! Une interception de Maximilien Ducap-Kamara dans la zone des buts sur le tout dernier jeu du match avait permis au Rouge et Or de venir à bout du Vert & Or. Comme en 2009, Laval battra ensuite Calgary au PEPS en finale nationale.

2011 : Montréal 7, Laval 30

Sous la neige, le porteur de ballon Sébastien Lévesque avait réalisé deux coups d’éclat de 40 et 85 verges. Pas si mal comme dernier match à la maison. «Une victoire comme celle-là, ça n’a pas de prix», avouait l’acteur principal qui avait… oublié son casque sur le banc des joueurs après les festivités. Un bon samaritain avait eu la gentillesse de lui retourner.

2012 : Sherbrooke 17, Laval 40

Et de 10, la manchette était évidente. Malgré cinq joueurs tombés au combat, le Rouge et Or avait signé sa 10e conquête d’affilée. «Dix, c’est un plus beau chiffre que neuf», confirmait Glen Constantin en ajoutant une phrase qui est toujours de mise : «Les éliminatoires, c’est une guerre d’attrition; tu perds des soldats, mais notre philosophie veut que le remplaçant soit capable de jouer».

2013 : Montréal 11, Laval 14

Deux bottés de placement de Boris Bédé et quatre touchés de sûreté ont mené à tous les points du Rouge et Or, dans une Coupe Dunsmore moins éclatante que les autres, mais qui portait la séquence victorieuse de l’UL à 11.

2014 : Montréal 12, Laval 9

Toute bonne chose a une fin, dit-on. Mais la prolongation aura quand même été nécessaire aux Carabins pour mettre fin à la domination lavalloise, qui perdait alors devant ses partisans pour la première fois depuis 2004. Les Carabins allaient ensuite remporter la première Coupe Vanier de leur histoire.

2015 : Montréal 18, Laval 16

La dernière victoire des Carabins en Coupe Dunsmore remonte à ce moment quand un botté de placement bloqué sur le dernier jeu du match avait permis à la formation montréalaise de savourer un deuxième succès de suite sur le terrain adverse.

Une défaite dure à avaler pour le Rouge et Or face aux Carabins devant ses partisans en 2015

2016 : Laval 20, Montréal 17

Un match complètement fou couronné par un jeu truqué du Rouge et Or avec 30 secondes à jouer au match. En déficit 17-13, le quart-arrière Hugo Richard avait remis le ballon à Sébastien Serré, qui l’a ensuite refilé à Jonathan Breton-Robert et celui-ci allait le lancer à Richard, laissé seul dans la zone rouge. Un jeu emprunté aux Blue Bombers de Winnipeg (LCF) qui devait servir sur une transformation de deux points. «Les gars ne croyaient pas que j’allais l’appeler pour deux points, mais là, je pense qu’ils ne m’ont vraiment pas vu venir», racontait en riant le coordonnateur offensif après cette victoire dramatique.

2017 : Montréal 22, Laval 25

Le Rouge et Or a eu des sueurs froides, permettant trois bottés courts aux Carabins, mais la défensive et les unités spéciales ont tenu le coup pour conserver l’avance. «On était confiant qu’on pouvait les arrêter en fin de match. Ce n’est pas l’idéal, mais on a trouvé une façon de l’emporter», résumait sur-le-champ Glen Constantin.

2018 : Montréal 1, Laval 14

Ce n’est pas la 15e bannière du Rouge et Or qui faisait le plus jaser après la rencontre, mais bien le jeu controversé ayant mené au touchant d’Adam Auclair, qui avait retourné une interception sur 77 pour un touché. «D’habitude lorsqu’on les genoux au sol, ça veut dire qu’il faut siffler. Je ne sais pas quoi vous dire», déclarait l’entraîneur-chef des Carabins Danny Maciocia après coup. «Les coachs nous disent toujours que lorsque tu as le ballon dans les mains et que tu n’entends pas siffler, tu cours», résumait pour sa part Auclair.

2019 : Montréal à Laval

Un autre chapitre est sur le point de s’écrire. Le mandat d’en écrire le scénario revient aux joueurs des deux équipes, qui ont eu droit à une préparation digne des grands matchs de championnat pour l’occasion.

NDLR : visiteur, receveur

La dernière conquête du Rouge et Or, en 2018