Novak Djokovic

Duel Djokovic-Del Potro: le second souffle des vieux routiers

NEW YORK — Novak Djokovic, revigoré par son récent sacre à Wimbledon, et Juan Martin Del Potro, de retour en finale neuf ans après avoir soulevé le trophée, s’affrontent en finale des Internationaux des États-Unis, dimanche. De quoi consacrer le second souffle insufflé à leur carrière respective.

Le premier respire à nouveau depuis son titre du renouveau sur le gazon londonien mi-juillet, qui a refermé deux ans de vicissitudes, entre coude douloureux, opéré en début d’année, et tête en vrac, motivation et confiance envolées.

Mieux, Djokovic tourne à plein régime depuis. Victorieux à Cincinnati mi-août, il est devenu le premier joueur à détenir la collection complète des neuf trophées en Masters 1000. Lui qui, avant Wimbledon, courait après un titre depuis plus d’un an, a remporté deux des trois derniers tournois qu’il a joués.

«Gagner Wimbledon a été un énorme soulagement, plus que toute autre chose», reconnaît «Djoko».

À l’arrêt six mois en 2017, avant une opération au coude en début d’année après un Open d’Australie décevant, le Serbe de 31 ans met ce temps à profit «pour retrouver de la motivation, de l’inspiration et recharger (ses) batteries». Il en récolte aujourd’hui les fruits de manière spectaculaire.

«Retrouver de la confiance et de l’aisance sur le court demande du temps. J’ai eu besoin de trois, quatre mois pour retrouver de la régularité match après match», retrace-t-il.

Pour égaler Sampras

À Flushing Meadows, Djokovic a connu des début poussifs et souffert de la chaleur humide qui enveloppait New York pendant les trois-quarts de la quinzaine, mais il n’a plus perdu le moindre set depuis son deuxième tour.

Il va y vivre dimanche sa huitième finale - record de Lendl et Sampras égalé -, au total sa 23e en Grand Chelem. Avec, à portée de raquette, un troisième US Open (après 2011 et 2015) et une quatorzième couronne majeure - comme Sampras - plus un retour sur le podium mondial, dont il est tombé en juin 2017.

Le second revient d’encore plus loin. Il y a neuf ans, à vingt ans à peine, la tornade Del Potro, déjà installé dans le top 5, renverse Roger Federer, alors N.1 mondial et quintuple tenant du titre à New York, en cinq sets en finale (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2).

Mais les poignets du «gentil géant» (1,98 m) — selon l’expression de Djokovic — s’en mêlent. Le droit d’abord, qui lui coûte la quasi-intégralité de la saison 2010, le gauche surtout, opéré trois fois en quinze mois entre mars 2014 et juin 2015.

Opérations non concluantes, douleur persistante, dépression rampante: le grand Argentin passe au bord de dire adieu au tennis il y a trois ans.

Quand il finit par reprendre la compétition en février 2016, il est relégué au-delà de la 1000e place mondiale.

«Créer encore la surprise»


Deux saisons plus tard, Del Potro, qui s’est offert au printemps son premier trophée en Masters 1000 à Indian Wells, suivi d’une finale à Miami, s’est hissé au meilleur classement de sa carrière — no 3 mondial — et signe son retour en finale de Grand Chelem dans le théâtre de son unique sacre.

«Je n’arrive pas à croire que je vais avoir une autre chance de jouer une finale en Grand Chelem ici, dans mon tournoi préféré. C’est très spécial pour moi. J’ai dû surmonter beaucoup, beaucoup de problèmes pour en arriver là», rappelle «Delpo».

Comme en 2009, Del Potro, mené 14 à 4 dans ses face-à-face avec Djokovic, n’est pas favori. «Mais quand j’ai joué contre Roger (Federer) il y a neuf ans, c’était aussi lui le favori. Je vais tenter de créer encore la surprise», a espéré le Sud-Américain, service et coup droit canon, que ses problèmes au poignet ont conduit à étoffer sa palette en revers.

«Djoko» ne le prend pas à la légère: «il joue le tennis de sa vie», estime le Serbe, qui l’a «toujours considéré comme un joueur du niveau du top 5».

Titre ou pas, «Delpo» assure que rien ne lui fera perdre le sourire. «Je ne m’attendais pas à revivre ce genre d’émotions: atteindre des finales, remporter des titres, obtenir mon meilleur classement. Tout est presque parfait», s’est-il félicité. Tout est dans le presque.