Christophe Sylvain a remporté le Duc de Kent, lundi.
Christophe Sylvain a remporté le Duc de Kent, lundi.

Duc de Kent: Christophe Sylvain, du Club Lorette, écrit son nom dans l’histoire

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
En temps normal, il aurait patiemment attendu au chalet du club de golf Royal Québec pour voir si un autre golfeur aurait ramené une meilleure carte que la sienne. Mais quand Christophe Sylvain, du club Lorette, a appris qu’il était le vainqueur du 86e tournoi Duc de Kent, lundi, il était sur la route en direction de la Gaspésie, où il s’en allait faire du camping avec sa blonde…

Décidément, la pandémie provoque des situations pour les moins inusitées dans le monde du sport. Pour la première fois, le prestigieux tournoi de golf amateur était présenté sur une seule ronde au lieu de deux, comme le veut la tradition. Sylvain en a profité pour jouer -3 (69) et inscrire son nom dans l’histoire.

«Je ne peux même pas dire que je rêvais de gagner le Duc de Kent. Il y a de bien meilleurs joueurs que moi qui n’ont jamais eu la chance de le faire, c’est toute une surprise de le remporter», disait-il à bord de sa voiture après avoir obtenu la confirmation de sa victoire, en tout début de soirée.

Loick Laramée est passé à quelques millimètres de provoquer l'égalité au 18e trou.

Les derniers groupes venaient de franchir le 18trou, sans parvenir à créer l’égalité. Chris Campbell (Ottawa Hunt), Alexandre Mercier (Rosemère) et Loïck Laramée (Royal Québec) ont terminé à égalité au deuxième rang avec des rondes identiques de 70 (-2), à un coup du gagnant. David Tweddel (Lac St-Joseph) a complété le top-5 du jour à 71 (-1).

«Le compétiteur que je suis aurait aimé que le tournoi soit disputé sur deux rondes. Là, c’était comme un «one shot deal». Mon plan était d’attaquer tous les drapeaux, d’être agressif à chaque trou, mais quand j’ai vu où ils étaient placés, je suis passé au plan B, qui était de ne pas me planter. Mon objectif était d’atteindre les verts, de respecter l’emplacement de la coupe, de jouer la normale au besoin et d’attaquer sur les chances de «birdies», je n’ai pas fait beaucoup d’erreurs. Les conditions ce matin [son départ était à 9h15] étaient épouvantables, je n’ai jamais vu autant de vent au Duc de Kent. Jouer 69, c’était excellent, et s’il avait fait beau, j’aurais pu rouler -5 (67) ou -6 (66)», racontait le champion du jour.

Sylvain en était à une 10e participation au Duc de Kent. Il avait terminé cinquième en 2017, obtenant alors le trophée André Gagné remis au meilleur golfeur du district de Québec. Il l’a encore mérité, lundi, en plus de la fameuse coupe nommée en l’honneur du Prince George, le quatrième fils du Roi George V d’Angleterre qui portait le titre de Duc de Kent.

Émile Ménard n'a pas pu défendre son titre remporté en 2019, ramenant une carte de +3 (75).

Sylvain devient aussi le premier joueur du Lorette à remporter ce tournoi. Et il fallait que ça tombe en plein centenaire du club qu’il représente.

«C’est vraiment quelque chose de spécial. Le Duc de Kent, c’est le tournoi le plus prestigieux du golf amateur québécois, le plus gros, celui que tout le monde veut gagner. Je trouve que je viens de réaliser un accomplissement extraordinaire. Je vais avoir mon nom sur ce trophée pour toujours, dans 20, 30 ou 40 ans, je serais encore champion du Duc… Dans un curriculum vitae de golf, ça paraît vraiment bien», disait celui qui ne joue plus qu’une fois par semaine dans sa ligue du samedi. Il a peut-être disputé une trentaine de rondes, cette saison.

Puisque le protocole ne lui permettait pas de rester au club après sa ronde, il a suivi le tournoi sur son cellulaire et quelques amis sur le terrain le tenaient au courant de ceux qui pouvaient le menacer. «Je m’attendais à ce que Loïck [Laramée] égalise ou fasse mieux», admettait celui qui trouvera bien un moyen de fêter sa victoire «en tout respect des règles», précisait celui qui a pu prendre sa photo avec les trophées et le veston vert à carreaux puisque les organisateurs immortalisaient tous ceux ramenant les meilleures cartes pour avoir celle de l’éventuel vainqueur. Il n’y a pas eu d’autres photos prises après celle de Sylvain!

Laramée a bien failli provoquer l’égalité [il y aurait eu alors des co-gagnants car aucune prolongation n’était permise) au 18e trou, mais il a raté sa tentative d’oiselet par quelques millimètres.

«Je savais que le meneur était à -3, j’avais regardé au 14 et au 16e. Au 18e, j’ai essayé le tout pour le tout, mais mon deuxième coup a été très mauvais, et sur le vert, ce fut une question de millimètres. Toute la ronde, elle n’a pas tombé. Chapeau à Christophe, jouer -3 [69] dans ces conditions, c’est du gros golf», disait le membre du Rouge et Or de l’Université Laval, qui s’entraîne au Royal Québec.


« Le Duc de Kent, c’est le tournoi le plus prestigieux du golf amateur québécois, le plus gros, celui que tout le monde veut gagner. Je trouve que je viens de réaliser un accomplissement extraordinaire. Je vais avoir mon nom sur ce trophée pour toujours, dans 20, 30 ou 40 ans, je serais encore champion du Duc… »
Christophe Sylvain

Champion en titre, Émile Ménard (Pinegrove) a terminé à égalité au 21e rang avec une ronde de +3 (75). Il tentait de remporter son troisième titre au Duc de Kent.

«J’ai commis des erreurs mentales. En étant dans le même groupe que Loïck, je voyais qu’il jouait du gros golf et que je devais le battre pour espérer l’emporter. J’ai été patient sur le premier neuf, mais je savais que la commande était lourde sur le deuxième, j’ai trop essayé… Dans un tournoi de deux rondes, j’aurais été plus prudent pour bien me placer pour la deuxième journée. Mais bon, je n’ai pas gagné, on dirait que je suis meilleur dans les années impaires», notait en riant le champion des éditions de 2017 et 2019 que l’on reverra en 2021.

Parmi le top-10, on retrouvait aussi trois autres golfeurs du club hôte, soit Étienne Lesieur et Charles-David Trépanier (à égalité en 6e place avec une normale de 72) et Dave Dumas, à égalité en 10e position à +1 (73) avec Éric Gingras (Dorchester) et Jean-Sébastien Cyr (Fort Prével), qui n’a pas eu la chance de participer au tournoi avec son père en raison du désistement de ce dernier.

Pour ce qui est du duo père/fils dont Le Soleil vous racontait l’histoire, samedi, William Forgues a joué + 6 et son père, René, +12.

«Ce fut une très belle expérience», admettait le paternel, qui est retourné faire un peu de travail après sa ronde avant de venir voir la fin de celle de fiston.