Laurent Dubreuil affirme avoir vécu un supplice, samedi, lui qui n'avait pas son sort en ses mains.

Dubreuil pour les JO… officieusement

En ce moment, Laurent Dubreuil détient une place pour les Jeux olympiques de PyeongChang, en février. Mais les célébrations attendront (encore), car cette place demeure officieuse…

D’abord, le dénouement de la rocambolesque histoire débutée la veille. Le patineur de vitesse sur longue piste lévisien a profité de l’échec d’un de ses coéquipiers, William Dutton, qui détenait samedi matin une dernière chance de se faire valoir. Dutton l’a toutefois complètement bousillée en trébuchant dès ses premiers coups de patin, sur l’anneau de glace de Calgary. Il n’a jamais fini sa course.

Vendredi, il avait terminé au deuxième rang des sélections nationales du 500 mètres. Le Saskatchewanais n’a toutefois pas réussi à atteindre l’essentiel standard olympique (34,47 sec), ce qui laissait supposer l’obtention par Dubreuil de la dernière des trois places disponibles pour PyeongChang, malgré son quatrième rang. Mais surprise! On apprenait quelques minutes plus tard que Dutton profiterait d’une chance ultime, lors de la Coupe Canada du lendemain, pour atteindre le standard et déloger le Québécois du portrait.

Disant avoir vécu un supplice, Dubreuil a admis samedi avoir eu de la difficulté à s’endormir, vendredi soir. «Ça n’a pas été une expérience le fun d’attendre comme ça», a-t-il affirmé au Soleil. «[Samedi matin], j’étais définitivement plus nerveux qu’avant une de mes courses. De ne rien pouvoir contrôler, c’est la pire affaire pour un athlète.»

Un message à Patinage de vitesse Canada

Dubreuil était à l’anneau olympique de Calgary lorsque Dutton s’est élancé, samedi. «Je me suis tenu en retrait, je ne voulais pas le déranger. Will, c’est un ami. On était colocs quand j’ai gagné ma médaille d’or à Heerenveen plus tôt cette saison», a-t-il indiqué. Les deux hommes s’étaient parlé après la course de la veille, s’assurant l’un et l’autre du maintien de leur bonne relation malgré la délicate situation.

S’il s’est fait discret auprès de Dutton, Dubreuil a passé un message à la direction de Patinage de vitesse Canada en s’inscrivant à la course de samedi matin, même s’il n’avait pas l’intention de prendre le départ. «C’était un peu ma façon de protester contre les circonstances, d’exprimer mon mécontentement», a expliqué le Lévisien.

Telles qu’écrites, les règles donnaient le droit à Dutton de patiner samedi, reconnaît Dubreuil. Mais elles causaient aussi un vide, des circonstances auxquelles personne n’avait songé, remarque-t-il.

Et ce n’est pas tout : croyez-le ou non, Dubreuil n’est pas encore officiellement assuré de faire le voyage en Corée. Le Canada pourra envoyer 10 patineurs masculins aux JO, toutes distances confondues. Jusqu’ici, ça semble bon. Toutefois, si d’autres athlètes réussissaient les standards olympiques d’ici la fin des sélections, mardi, «c’est là qu’il va falloir trancher», souligne le responsable des communications de Patinage de vitesse Canada, Patrick Godbout. Troisième homme sur 500 mètres, Dubreuil occuperait alors une position vulnérable. La liste finale des athlètes formant l’équipe olympique canadienne sera dévoilée mercredi.

Mais soyons positifs. Il s’agirait des premiers Jeux olympiques pour l’athlète de 25 ans, qui demeure un espoir de médaille, malgré les difficultés rencontrées à se qualifier. Le Sherbrookois Alex Boisvert-Lacroix et l’Albertain Gilmore Junio sont les deux autres hommes sur la liste de sélection du 500 mètres.