En juin dernier, Duane John a été nommé responsable des sports de l’année de l’Association canadienne du sport collégial (ACSC) pour 2020. Ce titre souligne l’excellence en administration dans un milieu collégial. Il est décerné à un responsable des sports qui s’est distingué par sa contribution à son établissement au cours de la dernière année scolaire.
En juin dernier, Duane John a été nommé responsable des sports de l’année de l’Association canadienne du sport collégial (ACSC) pour 2020. Ce titre souligne l’excellence en administration dans un milieu collégial. Il est décerné à un responsable des sports qui s’est distingué par sa contribution à son établissement au cours de la dernière année scolaire.

Duane John: l’emploi de ses rêves

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Ayant ressenti un intérêt pour la gestion de ressources humaines après avoir abandonné ses études en intervention sportive à l’Université Laval, un intérêt l’ayant poussé à s’inscrire au baccalauréat en relations industrielles, Duane John profite aujourd’hui de tout le bagage qu’il a acquis dans ses études universitaires mais aussi au football. Responsable des sports au Collège Montmorency, il se retrouve professionnellement parlant là où il souhaitait être.

«Mon rêve c’était de devenir gestionnaire sportif», avoue l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «J’avais travaillé un peu en ressources humaines à la fin de mon parcours et j’avais bien aimé mon expérience. Le Collège Montmorency était à la recherche d’un responsable des sports. Et j’espérais retourner m’installer dans la région de Montréal. J’ai eu l’opportunité d’appliquer sur le poste. Je crois que mon vécu en tant qu’athlète et mon expérience dans le coaching combinés à mon diplôme en relations industrielles m’ont permis d’obtenir le poste.

«Aujourd’hui, je suis notamment gestionnaire sportif de 50 entraîneurs. Et j’ai le bonheur de me retrouver dans un environnement que j’adore, soit le milieu sportif.»

En terrain connu au sein de son établissement, John avoue qu’il l’est autant lorsqu’il se retrouve dans la grande famille du Réseau du sport-étudiant du Québec. Il y croise de nombreux visages qu’il a connus lors de ses carrières d’athlètes et d’entraîneur, notamment d’ex-footballeurs. Que ce soit Steve Alexandre (conseiller pédagogique au cégep du Vieux-Montréal), un ancien Spartiate avec qui il n’a jamais joué mais qu’il a toujours admiré, l’ex-Rouge et Or Victor Tremblay (responsable des sports au CNDF) ou Alexander Fox (entraîneur de l’équipe de football des Triades du cégep de Lanaudière), un ancien adversaire. «On dirait que les liens entre les gens qui ont un passé de football se font plus facilement. C’est toujours plaisant d’être autour d’une table avec ces gens-là.»

Que l’on ne se trompe pas. Malgré ses racines sportives, John a toujours travaillé pour l’ensemble des équipes des Nomades. Il explique qu’à son arrivée au cégep Montmorency en 2013, il a mis ses énergies à rehausser tout le programme sportif de son établissement qui compte notamment deux équipes de basketball et deux formations de soccer en première division. Il explique que son travail est de faire en sorte que toutes les équipes des Nomades puissent avoir tout ce qui leur est nécessaire, à l’intérieur des moyens dont il dispose, pour leur permettre d’atteindre leur potentiel maximum.

«Il n’y a jamais quelqu’un qui est venu me voir pour me dire : “Ah tu avantages le football!” Je dirais même que c’est plus le contraire. Il y a des gens de football qui sont venus me voir pour me dire : “comment ça se fait que l’on n’en ait pas plus?” Et j’ai souvenir d’une jeune dame de cross-country qui, lors d’un d’un gala de fin d’année aux Nomades, était venue me voir avec quelques-uns de ses coéquipiers pour me remercier parce qu’elle avait eu l’impression que lors de son passage au cégep, le cross-country avait pris plus de place. Ça pour moi c’était cool. C’était un peu mission réussie.»

De joueur à coach

Ayant amorcé sa carrière de footballeur à son entrée au cégep, John n’était pas trop intéressé à ce qui se passait à l’autre bout de l’autoroute 20 alors qu’il défendait les couleurs des Spartiates. Et il ambitionnait de suivre les traces d’ex-coéquipiers et de poursuivre une carrière universitaire aux États-Unis. Demi-défensif à l’époque, sa route croisa en 2002 celle de Marc Fortier, coordonnateur défensif du RO, coach invité des demi-défensifs au camp de printemps des Spartiates.

«Je me suis rendu compte que c’était un excellent entraîneur et que c’est pour un gars comme lui que je voulais jouer à l’université et apprendre, car je savais qu’il me permettrait de devenir un meilleur joueur. Et quand les choses n’ont pas fonctionné du côté américain, j’ai décidé de me joindre au Rouge et Or. En termes d’encadrement, d’expérience de vie, de la qualité des entraîneurs, du potentiel de l’équipe. etc., l’Université Laval surpassait certaine établissements américains. Mais si d’un côté c’était un choix facile de l’autre ça ne l’était pas parce qu’il fallait que je quitte la maison.»

Arrivé avec le Rouge et Or en 2003, John savoura les joies de la conquête de la Coupe Vanier à ses deux premières campagnes. Il en ajouta une troisième en 2006. Il mentionne que son passage à Laval l’avait fait énormément grandir. Quand il est arrivé avec le Rouge et Or, il avait perdu ses repères. Il fallait qu’il les refasse afin de rendre son nouvel environnement confortable. Il se retrouvait aussi à un niveau plus élevé où il devait composer avec de nouvelles manières d’enseigner venant d’entraîneurs ayant d’autres exigences que celles qu’il avait connues. «Mais j’étais dans une excellente organisation et j’ai pu apprendre de très bons vétérans. Ça été très formateur. Il y a plein d’apprentissages du football que j’utilise au quotidien dans ma vie aujourd’hui.

«Mon passage à l’UL m’a aussi permis d’acquérir énormément de maturité. Quand je suis arrivé à Québec. Je n’avais que le football en tête. Et comme à l’automne le foot accapare énormément de temps, l’effort dans mes études n’y était pas. Mais j’en étais le seul responsable, c’était une question de maturité. Inscrit au bac à ma première année, je me suis retrouvé l’année suivante comme étudiant libre. En 2004, j’ai eu une remise en question et je me suis demandé ce que je voulais réellement faire après ma carrière. C’est avec l’aide de Glen et en prenant des informations sur les programmes qui étaient offerts que j’ai vu que j’avais de l’intérêt pur la gestion des ressources. J’ai ensuite eu un cours avec Jean Sexton, un prof incroyable que j’ai eu la chance de côtoyer après mes études. Il m’a motivé à continuer dans la même voie. Et c’est par la suite que je me suis inscrit au bac en relations industrielles et que j’ai eu mon diplôme.»

Sa carrière de footballeur terminée en 2007, John ne resta pas loin du Rouge et Or bien longtemps. Dans l’autobus ramenant les joueurs à la maison après la défaite de l’équipe en demi-finale canadienne, Glen Constantin lui proposa un travail d’entraîneur qui lui permit de faire facilement le deuil de sa carrière de joueur. Le passage de footballeur à entraîneur représentait cependant certains défis. Comme celui de diriger des athlètes qui quelques mois à peine étaient des coéquipiers et qui étaient toujours ses amis.

«J’avais eu cette discussion-là avec Justin (Ethier), qui était coordonnateur offensif. C’était clair que je n’allais pas faire la discipline avec eux. Mais même temps, c’était de bons joueurs de football. Je savais que je n’aurais rien de nouveau à leur apprendre. Que je n’aurais que quelques correctifs à apporter à leur jeu, que ça ne serait que des rappels. Et finalement tout a bien été.»

Promu coordonnateur-offensif en 2011 à la suite du départ de Marco Iadeluca, l’ex-receveur de passes quitta l’équipe pendant la campagne 2012. La saison suivante, il alla rejoindre avec Warren Craney chez les Lions de l’Univertsité York en tant qu’adjoint au coordonnateur à l’attaque. C’est à la fin de son contrat d’un an qu’il eût l’opportunité de se joindre aux Nomades.

«Je suis très bien dans la chaise que j’occupe présentement au cégep Montmorency. Mais je suis relativement encore jeune et j’ai d’autres rêves et plein d’idées et de projets en tête. Je suis du genre à toujours tout remettre en question dans le but d’améliorer les choses. Mon souhait c’est de voir grossir encore davantage le programme du sport-étudiant au Québec et de voir ce que l’on pourrait mettre en place pour que les jeunes tripent encore plus à faire du sport et qu’ils puissent vivre l’expérience ultime. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je suis sur les conseils d’administration du RSEQ et de l’Association canadienne du sport collégial.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Au cours de sa carrière avec le Rouge et Or, Duane John a remporté trois Coupes Vanier, soit en 2003, en 2004 et en 2006.

Fait marquant

R La conquête de la Coupe Vanier en 2006. On avait perdu 2005 en Saskatchewan face aux Huskies en demi-finale et on était retourné chez eux un an plus tard pour les battre en grande finale.

Q Performance marquante

R J’ai eu une solide performance en séries contre le Vert & Or (2005) où j’ai été nommé joueur du match en offensive et sur les unités spéciales. Presqu’à chaque fois que je touchais le ballon, soit comme receveur de passes ou sur les retours de bottés, je faisais un gros jeu. C’était vraiment spécial ce qui se passait cette journée-là. J’ai fini le match avec deux ou trois touchés et plusieurs longs retours. Mais à chaque fois que je faisais un gros effort, il fallait que je prenne une pause au banc parce que je n’étais pas capable aussi de reprendre mon souffle. Le lendemain, j’étais allé faire des tests et c’est là que j’avais appris que je faisais de l’asthme.

Entraîneurs marquants

Glen Constantin et Justin Ethier. Ces deux coachs-là à l’Université Laval ont assurément eu une bonne influence sur moi.

Ce dont tu t’ennuies le plus

R La vie est simple quand on est un joueur de football. On a sa routine et ses amis. Je m’ennuie de cette routine de même que de la fraternité entre les gars et le plaisir de voir ses coéquipiers et ses amis à tous les jours.

Ce dont tu ne t’ennuies pas

R La douleur. D’avoir mal constamment au point où pour ne plus sentir la douleur tu es obligé de faire certaines choses différemment, je ne m’ennuie pas de ça. J’ai d’ailleurs encore un peu mal au corps. Quand je ne ressens aucune douleur au cours d’une journée, c’est comme une très belle journée dans ma vie.

Q Dans 10 ans

R Je me vois faire le même travail faire, mais dans une position qui me permettrait d’étendre encore l’impact du sport chez les jeunes.

Rêve

R Mon souhait est de mettre en place une école secondaire à volet sportif et artistique permettant aux élèves de vivre une expérience différente et enrichissante. Le volet communautaire demeure bien présent chez moi. J’aimerais que des jeunes provenant de milieux plus difficiles puissent étudier à cette école qui offrirait un service bonifié et un environnement stimulant où ils pourraient se réaliser à travers le sport et les arts. C’est une idée qui me travaille depuis quelque temps.