Du spectaculaire en vue au 39e Québec Open de karaté [VIDÉO]

Les organisateurs du 39e championnat international de karaté Québec Open promettent des compétitions spectaculaires les 26 et 27 avril au PEPS de l’Université Laval avec plus de 1500 athlètes d’une douzaine de pays, dont des athlètes du plus haut niveau comme l’équipe américaine Team Infinity, qui en sera à sa première présence à Québec, les frères guatémaltèques Enrique et Jason LeTona, étoiles montantes des arts martiaux, sans oublier la vedette locale Élizabeth Rouillard, quadruple championne du monde junior.

«Les athlètes de Team Infinity sont très spectaculaires, ils sont champions sur le circuit de la North American Sport Karate Association [NASKA]. Quant aux frères LeTona, ils viennent d’être recrutés par l’équipe Top Ten Team USA et sont champions chez les 16-17 ans. Ils seront à surveiller. C’est intéressant également d’avoir tous ces athlètes de haut niveau sur place, car nos élèves pourront leur demander des trucs ou même s’inscrire pour un cours privé avec eux, c’est une belle occasion, car ils ne peuvent pas avoir accès à ces athlètes sur une base régulière», explique l’un des copromoteurs du Québec Open, David Bossinotte, ceinture noire cinquième dan et propriétaire des Studios Unis de Lac Saint-Charles.

Pour Élizabeth Rouillard, il s’agira d’un dernier Québec Open chez les juniors puisqu’elle aura 18 ans l’an prochain. «J’ai connu une excellente année, disons que ça termine bien ma carrière junior!» explique-t-elle à propos de sa victoire dans la catégorie 60 kilos au prestigieux Irish Open de Dublin, en Irlande, et de sa nomination au titre de meilleure jeune combattante de l’année.  

«L’année prochaine, je vais compétitionner contre les adultes. Je suis bien préparée, je me sens prête. Je vais affronter de nouvelles adversaires que je n’ai jamais affrontées, mais elles non plus, ne m’ont pas affrontée!», philosophe la jeune athlète qui s’entraîne aux Studios unis de Notre-Dame-des-Laurentides. En même temps que son sport qui l’amène à voyager aux quatre coins de l’Amérique et du monde, elle poursuit des études au Cégep St. Lawrence. «Grâce au karaté, je suis très organisée et disciplinée et ça me permet de mieux concilier le sport et les études.»

Le Québec Open est toujours un peu spécial pour la karatéka de 17 ans, qui a rarement l’occasion de se produire dans des compétitions de si haut niveau devant les siens puisqu’il n’y a aucun autre tournoi sanctionné 5A par la NASKA à l’extérieur des États-Unis. «J’ai super hâte! Ma famille et mes amis vont tous être là!» lance, les yeux brillants, celle qui avait remporté cinq médailles d’or devant ses partisans l’an passé.

Mélissa Baillargeon

En plus d’Élizabeth Rouillard, il faudra aussi garder l’œil sur Mélissa Baillargeon, une athlète de Duberger âgée de 21 ans qui vise cette année l’une des deux premières places au championnat canadien senior de la World Karate Federation pour pouvoir participer au championnat panaméricain de 2020. Première au USA Open l’an dernier, la spécialiste des katas avait surpris au Québec Open en battant l’Américaine Casey Marks-Nash, multiple gagnante de la compétition québécoise.

Pour Samuel Gagnon, ceinture noire quatrième dan et propriétaire des Studios Unis de Val-Bélair et également copromoteur du Québec Open, cette 39e compétition revêt aussi un cachet particulier. «C’est le cinquième Québec Open que nous organisons après que Maître Clermont Poulin nous ait fait l’honneur de nous le léguer», indique-t-il en terminant.

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DES KATAS, MAIS PAS DE COMBATS AUX JEUX DE TOKYO

Le karaté aura beau devenir un sport olympique lors des Jeux de Tokyo l’an prochain, ce ne sont pas tous les athlètes qui pratiquent ce sport qui peuvent aspirer à compétitionner sous les anneaux.

Si les karatékas qui se spécialisent en katas, comme Mélissa Baillargeon, peuvent viser une place dans cette catégorie, ce n’est pas aussi simple pour ceux qui sont spécialisés dans le combat, car seule la forme traditionnelle du karaté, aussi appelée «kumité», sera présentée lors des Jeux d’été de 2020.

«Le sport de combat que nous pratiquons, le kenpo karaté, est quand même différent du karaté traditionnel, les règles des combats sont différentes, les techniques et les protections utilisées sont différentes», explique Samuel Gagnon, copromoteur du Québec Open et propriétaire des Studios Unis de Val-Bélair. «Au combat de poing, notre style est plus rapide et plus explosif. C’est un style ouvert avec semi-contact léger, c’est du kickboxing qui se déroule sur un tatami», analyse-t-il.

Au Québec Open, les combattants seront d’ailleurs supervisés par la World Association for Kickboxing Organizations (WAKO), qui portait le nom de World All-Style Karate Organization à sa naissance en 1976, alors que les combattants aspirant aux olympiques suivent les règles de la World Karate Federation (WKF).

La WAKO a tout de même obtenu une reconnaissance provisoire de trois ans le 30 novembre de la part du Comité international olympique (CIO). Durant ces trois années, l’organisation pourra bénéficier de financement pour le développement du sport et se faire valoir dans le but d’éventuellement accéder aussi aux Jeux olympiques. 

Pour Élizabeth Rouillard, qui a délaissé les katas pour se concentrer sur les combats, ce serait bien sûr un rêve de pouvoir éventuellement prendre part aux JO. «On espère que ce soit accepté comme sport olympique. Cette reconnaissance provisoire nous pousse tous à nous entraîner davantage et à nous donner de nouveaux objectifs. On aimerait aussi voir nos amis, qui pratiquent le sport avec nous, pouvoir eux aussi participer aux Jeux», explique-t-elle.

C’est Jacques Delcourt, ancien président de la WKF, qui avait mené de front les premières démarches afin d’inclure le karaté dans le curriculum olympique. L’Irlandais Roy Baker, nouvellement président élu de la WAKO, poursuivra la même démarche pour les athlètes affiliés à son organisation. Au total, 37 sports, dont le polo, la course automobile, le souque à la corde, la pelote basque, le frisbee, le cheerleading, le bridge, la lutte sumo et les échecs, ont reçu la reconnaissance provisoire du CIO.